La Catalogne sous pression à la veille de son référendum d'indépendance

La Catalogne sous pression à la veille de son référendum d'indépendance

La Catalogne organise un référendum d’autodétermination dimanche 1er octobre dans un climat tendu. Il est en effet considéré comme illégal par la Cour constitutionnelle espagnole et le gouvernement de Mariano Rajoy veut empêcher sa tenue.

La présence policière est pesante dans la capitale catalane. Quelque 5 000 policiers de la garde civile ont été envoyés en Catalogne pour empêcher les Catalans de voter.

Après la saisie par la police de bulletins de vote dans des imprimeries, le gouvernement catalan qui a convoqué les électeurs pour ce référendum les a encouragés à imprimer eux-mêmes leur bulletin et les indépendantistes disent qu’ils sont prêts à voter dans des boîtes en carton si on leur enlève leurs urnes.

Mais la question de la crédibilité de ce scrutin se pose, en Catalogne, en Espagne et aussi vis-à-vis de l’Union européenne, car les indépendantistes veulent quitter l’Espagne tout en restant dans l'UE.

"Ce qu'on voulait faire en Catalogne, c'est juste laisser voter les gens. Ça c'est tout à fait dans le cadre des valeurs fondamentales de l'Union européenne : la démocratie, le pluralisme, la liberté", affirme l’eurodéputé catalan et indépendantiste Jordi Solé.

"C'est pour ça qu'on espère qu'il y aura une solidarité démocratique, ajoute-t-il. Après, on va voir le résultat et on verra la réaction des Etats membres de la communauté internationale, mais il faut respecter le droit à voter du peuple catalan."

Blocage constitutionnel

La Constitution espagnole ne permet pas l’organisation d’un référendum d’autodétermination et le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a l’intention de faire appliquer la loi. La maire de Barcelone a lancé un appel à l’Union européenne pour qu’elle intervienne afin de trouver une solution politique en relançant le dialogue entre les autorités catalanes et espagnoles.

Le Parti socialiste plaide pour un changement de la Constitution espagnole. "La seule solution : changer la Constitution de 1978 pour une Constitution plus avancée du point de vue de l'Etat fédéral, et un engagement de la Catalogne dans cet Etat, avec des compétences et un financement plus équitable", défend Rafael Bruguera, député socialiste au Parlement catalan.

Autre grande inconnue : la participation qui donnera ou non une crédibilité au scrutin. "Dans la loi du référendum, on n'a pas fixé de minimum de participation, parce qu'on ne veut pas encourager le boycott, explique Jordi Solé. Mais bien sûr, la participation sera une des clés de ce référendum. Et on espère avoir une participation au-delà de 50%."

RFI

Plus d'articles de : International

Commentaires (0) | Réagir ?