Les mémoires (courtes) de Belaïd Abdesselam

Malgré le grand âge, Belaïd Abdesselam poursuit ses fourberies
Malgré le grand âge, Belaïd Abdesselam poursuit ses fourberies

Ainsi donc, en même temps que le climat pourri qu'il fait sur Alger, l'élimination de l'équipe nationale du prochain mondial, le retard dans la livraison de la Grande mosquée, la dévaluation du dinar qui fait de nous Algériens des singes heureux, en plus du retour d'Ouyahia aux affaires intérieures et de de Messahel aux affaires étrangères, en plus du chagrin causé à Maduro et aux Vénézuéliens, il nous faudra subir dans les tous prochains jours, les mémoires de Belaïd Abdesselam.

Pour ceux qui ne connaissent pas Belaïd Abdesselam, résumons : il s'agit d'un Monsieur qui a géré l'industrie et le pétrole algérien sous Boumediène avec les résultats qu'on connaît et qui ont suffi aux dirigeants du pays de le nommer Premier ministre en 1992, pour de longues années avec les résultats qu'il vaut mieux ne pas connaître, mais comme tous les apparatchiks du parti unique qui ont servi sous le totalitarisme et le monopole sous Boumediène, ce Monsieur a une haute opinion de lui-même, tout comme notre cher président, au point qu'il compte faire partager sa médiocre carrière avec les Algériens.

Ceux qui auront la malheureuse idée d'acheter son livre liront certainement des louanges pour Bouteflika avec le verbe nostalgique et la larme à l'œil. C'est qu'en plus d'être un personnage sans consistance, notre Belaïd Abdesselam est un fieffé opportuniste doublé d'un lâche, comme il en existe majoritairement dans notre classe politique.

Il faut savoir que ce grand homme a déjà publié ses mémoires de grand serviteur de l'Etat, en 1985 (Belaïd Abdesselam, Le hasard et l’histoire, entretiens avec Ali El Kenz et Mahfoud Benoune, ENAG, 1985.)Il est particulièrement féroce envers Bouteflika. Voici quelques exemples de pure férocité :

1. SADATISATION. "Au cours d’une explication avec lui, je lui avais exposé toutes les raisons pour lesquelles je ne le considérais pas comme l’homme qualifié pour succéder à Boumediène. A cette époque, pour moi comme pour beaucoup d’autres militants, l’homme à travers lequel se profilait cette “sadatisation” de l’Algérie, c’était Abdelaziz Bouteflika. Il polarisait sur lui l’opposition de beaucoup de ceux qui se préoccupaient de la continuité de la ligne politique pratiquée par ce dernier. D’abord, en raison des opinions qu’on lui connaissait tant sur le plan diplomatique que dans le domaine de notre déve- loppement interne. Ensuite, parce que durant les derniers mois qui avaient précédé la mort de Boumediène, il s’était beaucoup agité pour gagner certaines sympathies extérieures comme si quelque chose lui avait laissé présager l’ouverture proche de la succession du chef de l’Etat. En particulier, il fit beaucoup pour gagner les grâces de l’Elysée." (1)

2. LE MINISTRE DE GISCARD. "L’actualité de l’été 1978, chez nous, était marquée par le renversement du régime d’Ould Dada en Mauritanie et la nouvelle donne que cet événement introduisait dans l’évolution du pro-blème du Sahara occidental. Des consultations s’étaient engagées à ce sujet entre Alger et Paris. Bouteflika en profita pour rendre visite, deux fois de suite en l’espace d’un mois, à Giscard d’Estaing à l’Elysée. Le recevant pour un compte rendu à Brioni où, à l’invitation du maréchal Tito, il prenait quelques jours de repos après le sommet de l’OUA à Khartoum, Boumediène l’interpella en ces termes : "Enfin, es-tu le ministre des Affaires étrangères de Giscard ou le mien ? Tu lui as déjà rendu une visite pour une première consultation ; pour la seconde consultation, c’était à lui à m’envoyer son ministre des Affaires étrangères et non à toi de te précipiter une seconde fois dans son bureau !" Mais Bouteflika n’en avait cure ! Lors du retour de Boumediène de Moscou, quelques jours avant d’entrer dans le coma qui devait se terminer par sa mort, Bouteflika s’arrangea pour faire survoler le territoire français par l’avion qui le ramenait d’URSS en Algérie."

3. NATIONALISATION. Aussi, quand Boumediène jugea le moment venu de nationaliser, Bouteflika en était-il encore à plaider pour une voie proche de la position française : la majorité pour l’Algérie dans la production pétrolière, mais pas dans la propriété. Belaïd Abdesselam rapporte la réplique cinglante du colonel : "Boumediène – et cela il faut le lui reconnaître – lui a dit : “Moi, je ne demande pas 60 % du pétrole, ce n’est pas cela qui m’intéresse. Ce qui m’intéresse, c’est d’être le maître chez moi. C’est pourquoi je demande 51 % dans les sociétés pétrolières. Je ne veux plus avoir de sociétés étrangères qui travaillent chez nous et qui soient les maîtresses des opérations. Dorénavant, c’est notre supériorité qui doit prévaloir…" ! Cela, Bouteflika ne l’a pas compris."

4. L'ANTI-BOUMEDIENE. "Dès la mort de Boumediène, beaucoup de ceux qui s’inquiétaient des menaces qui pesaient sur la continuité de la politique menée sous l’égide de Boumediène, et dont j’étais du nombre, s’étaient mobilisés pour barrer la route de la succession à Bouteflika, en qui ils voyaient véritablement l’incarnation de l’anti-Boumediène. Pour tenter quelque peu de se laver de cette réputation, Bouteflika força la main à ses collègues du Conseil de la Révolution pour lire l’oraison funèbre du président disparu, mais il ne réussit à convaincre personne de sa brusque conversion à une ligne politique qu’il pourfendait encore, très peu de temps auparavant."

Mais voilà... Bouteflika est désigné président en 1999 !

Cynique, Bouteflika rendra publique la lettre de félicitations adressée par un de ses plus grands pourfendeurs : Belaïd Abdesselam ! Comme si l’humiliation ne suffisait pas, il fera d’Abdesselam son émissaire occasionnel pour l’Afrique, se gargarisant de voir le puissant ministre de Boumediène se satisfaire d’une si basse mission. Il l’achèvera lors d’un meeting à Jijel, tenu en sa présence et où, le désignant, Bouteflika dira de lui : "Voilà quelqu’un avec lequel je ne m’entendais pas, qui m’a critiqué, à qui j’ai vainement envoyé mon frère pour le ramener à la sagesse, mais à qui j’ai tout pardonné."

Belaïd Abdesselam ne s’en relèvera pas. En décembre 2003, il renouvelle son allégeance à Bouteflika. "Mon vote, lors du prochain scrutin présidentiel, reste acquis à Abdelaziz Bouteflika", déclare-t-il publiquement. Abdesselam ira jusqu’à justifier les passages de son livre où il s’en prenait à Bouteflika, n’hésitant pas à presque s’en excuser : "Les divergences qui ont pu me séparer, il y a maintenant plus de vingt années, du frère Abdelaziz Bouteflika, dans le cadre de la politique que conduisait le président Boumediène, sont sans commune mesure avec l’étendue du fossé qui m’éloigne de ceux qui, aujourd’hui, tentent vainement de me situer de leur côté, dans le sillage de haine et de dénigrement qu’ils mènent contre le chef de l’Etat."

Alors, vivement les mémoires de Belaïd Abdesselam !

La rédaction

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Commentaires (10) | Réagir ?

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Aghioul Aghyoul

Il a quand même avoué qu'aucun acteur du courant islamique de l'époque, notamment les leaders de l'Association des Oulémats Algériens, n'a participé à la guerre de libération. Pire encore, ils étaient contre la guerre et ont tout fait pour l'empêcher.

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moh arwal

En tout cas sa casquette bigeard affiche au grand jour ses aspirations d'appartenance a la sensibilité politique OAS zone rocher noire, qui a été sienne depuis qu 'il était pseudo etudiant dentiste avec seulement la 1ere partie du BAC

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