Produits du terroir : de quoi la diversification est-elle le nom ?

Produits du terroir : de quoi la diversification est-elle le nom ?

Les solutions à apporter à la crise des recettes pétrolières tardent à se profiler à l'horizon. On a comme l'impression que le sens de l'initiative et de l'imagination est puissamment tétanisé par la rente pétrolière qui, pourtant, montre de sérieux signes de déclin. C'est que, pendant plusieurs décennies; l'Algérie s'est nourrie à la mamelle du pétrole et du gaz; ce qui a poussé à "bouter" hors du périmètre de l'économie plusieurs activités et métiers traditionnels et aussi gravement émoussé les réflexes d'innovation et de diversification.

La crise des finances publiques, qui dure depuis juillet 2014 et qui s'inscrit visiblement dans la durée, a fait revisiter à des responsables et gestionnaires de l'économie nationale, certains principes élémentaires d'une vie économique équilibrée, ouverte sur les potentialités internes, longtemps "oubliées" et mises à la marge. Mais, ces velléités sont loin de pouvoir constituer une pensée bien structurée ou un projet bien maturé. Car, il faut compter avec les retards culturels, la déperdition des traditions propres à certains métiers traditionnels qui, sous d'autres cieux, ont bénéficié des technologies modernes pour devenir de vrais créneaux pour les investisseurs et les exportateurs.

Les efforts à déployer en direction de la diversification des activités économiques sont censés exploiter tous les créneaux et potentialités qu'offrent le sol, la nature et la ressource humaine algériennes, laissés jusqu'ici en friche. Pour certaines activités, relevant des produits du terroir et de l'artisanat, devant accompagner le secteur touristique et mettre en valeur la culture et le patrimoine du pays, il s'agit de replonger dans des pratiques et traditions qu'il y a lieu d'encourager, afin de les moderniser et les mettre au diapason des défis commerciaux, économiques et d'échanges culturels de ce début du XXIe siècle.

Le cas de la figue de Beni Maouche, est assez édifiant à ce sujet. Cette figue a subi un processus de labellisation, en partenariat avec l'Union européenne, afin de la mettre aux normes de l'exportabilité. Il s'agit, dans cette période de changements économiques de grande envergure - que la seule notion de "transition" ne saurait couvrir-, de valoriser l'ensemble des produits algériens qui ont une histoire, un itinéraire de fabrication ou de traitement dans les familles.

Dans le cas de certains produits agricoles, l'Algérie a été dépassée par des pays dont l'industrie de la transformation est toute récente. Les magasins et supérettes algériennes regorgent bien de bocaux turcs remplis de confitures, de deux ou trois abricots conservés, de raisin sec, de certains fruits des bois, de miel, de figues sèches et d'autres produits venus de Turquie, de Thaïlande ou d'Andalousie.

L'aisance financière, ayant régné entre 2004 et 2014, avait accéléré le phénomène de l'importation de ces produits que l'on aurait pu bien traiter ou fabriquer en Algérie.

Au même moment, l'Algérie a laissé dépérir ses vergers de cerisiers, ravagés par le capnode; laissé partir en fumée l'arbousier, d'autres fruits des bois et des ruches, ravagés par les incendies de forêts; délaissé les vieux métiers familiaux consistant à traiter les figues en vue de leur séchage, de fabriquer des nattes et des couffins en alfa et en sparte, de confectionner des objets domestiques en cuivre,…etc. La rente pétrolière a perverti les valeurs du travail et ouvert l'Algérie aux quatre vents de l'importation tous azimuts, y compris dans le domaine de l'artisanat et des produits du terroir.

Photo du site commercial ouldmonhandlounis.com

Cette dommageable extraversion de l'économie algérienne l'a conduite- via l'exportation d'un produit brut issu du sol- dans une légendaire fragilité, charriant avec elle la perte des métiers ancestraux et des pratiques qui faisaient partie de l'économie domestique. Espérer rebondir dans ces créneaux, dans le contexte actuel de la crise financière, est bien légitime. Mais, l'entreprise n'est pas de tout repos. Car, en perdant le capital de connaissance et de pratiques sur au moins deux générations, il faudrait des efforts considérables de formation et de soutien à consentir par les pouvoirs publics et les milieux culturels et universitaires.

Les grandes difficultés, voire parfois les impasses, qui grèvent les efforts de ceux qui, contre vents et marées, continuent à pratiquer les métiers traditionnels, par lesquels sont obtenus des produits du terroir et des pièces d'artisanat- allant d'une simple bague d'argent de Beni Yenni au tapis d'Aflou, en passant par la poterie de Maâtka et les nattes de Bou Saâda-, apparaissent au grand jour lors des différents festivals, organisés généralement en été. Les praticiens n'ont cessé, à l'occasion des ces manifestations, de faire connaître aux responsables locaux et aux responsables centraux qui viennent pour l'inauguration, leurs problèmes liés à la disponibilité de la matière première, à la formation, à l'octroi de sièges appropriés à l'exercice de ces métiers, et à la commercialisation.

Au niveau de la diplomatie économique et du marketing, qui sont censés lui être lié, le segment des produits du terroir et de l'artisanat n'est pas encore pris en charge. Il ne fait pas partie de la nomenclature des segments à promouvoir à l'exportation. C'est que, malgré le recul des recettes pétrolières de plus de la moitié de leur volume, le créneau de l'importation continue à être prépondérant dans la typologie de l'économie nationale, incluant même les produits de fantaisie et du faux artisanat.

Oui, des pièces fabriquées complètement par un processus industriel, n'ayant d'esthétique artisanale que de grotesques motifs, suggérant un ersatz d'art, sont importées à partir de la Chine et présentées comme d'"authentiques" produits artisanaux de l'Empire céleste.

Pour que la diversification économique ne soit pas un vain mot, et pour que l'économie et la culture se fertilisent - comme dans l'histoire glorieuse des villages et villes algériennes d'antan - la prise en charge des produits du terroir et de l'artisanat s'avère un impératif de premier ordre.

Dans certains pays développés, la crise financière et économique des années 2008-2009 a boosté ces créneaux dans une dynamique exceptionnelle, incluant la production d'une agriculture biologique, la valorisation optimale des musées, l'ouverture des créneaux de l'écotourisme et la production culturelle locale.

Amar Naït Messaoud

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Commentaires (2) | Réagir ?

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Massinissa Umerri

Mais, le probleme ce n'est pas la sou - c'est financer une bande de mafiosos. Il faut tout de meme etre malade pour financer son boureau !

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oziris dzeus

Le bio c'est ce qu'on mangeait avant l'industrialisation de l'agriculture,

après des années de recherche pour un monde sans maladies on annonce qu'il suffit de manger comme avant l'industrialisation de la médecine, donc des fruits et des légumes bio,

après plus d'1 siècle d'utilisation des hydrocarbures on dit qu'il est plus sûr de revenir à des moyens bio

après plus d'un siècle de baratin sur les progrès scientifique l'homme veut revenir en arrière mais ne peut plus, il est devenu trop dépendant de l’électricité de nuit comme de jour,

pour sauver l'homme, l'homme doit retourner vers la nature,

kim kim le fou peut devenir celui qui sauvera l'humanité de sa propre folie,

le nucléaire est la plus extraordinaire découverte de l'homme moderne,

et dire que ça vient d'un couple d'amoureux très fusionnés,

l'amour fusionnel qui donne la guerre nucléaire,

faudra interdire les prix nobel, même ceux de la cuisine, ou alors faire des prix nobel pour les guerres, les crimes contre l'humanité, les génocides, etc..

juste pour être équitable,

les prix nobel de physique et de chimie sont liés aux armes chimiques et nucléaires et nobel lui même est l'inventeur de la dynamité, première arme de destruction massive,

encore un délire qui ne mérite ni un nobel ni un zloty,