L’enseignement de l’italien menacé de disparition en Algérie

 Le ministre italien de l'Intérieur, Marco Minniti, actuellement en Algérie. Photo APS
Le ministre italien de l'Intérieur, Marco Minniti, actuellement en Algérie. Photo APS

La rentrée universitaire 2017-2018 est passée sur le fil à retord avec la menace qui plane sur l’enseignement de l’italien en Algérie.

En effet, les départements d’italien des universités d’Annaba, de Blida et d’Alger n’ont reçu que 141 étudiants (80 nouveaux inscrits pour Annaba, 54 pour Alger et 07 seulement pour une ville comme Blida).

La langue et la culture du second partenaire économique de l’Algérie est menacée de disparition au moment où le ministre de l’Intérieur italien lance des fleurs sur une Algérie "sereine et certaine". Des départements aussi dynamiques se trouvent sur la ligne de mire d’un ministère de l’Éducation nationale qui n’a pas jugé utile d’enseigner la langue de Dante dans les lycées de ces trois grandes agglomérations économico-politique.

La même politique est suivie pour les autres villes et centres économiques où le partenaire italien est très actif.

De son côté, le ministère de la tutelle universitaire se trouve submergé par des vagues de nouveaux inscrits en filières de français, d’anglais et d’allemand avec un total de plus de 2400 nouveaux étudiants pour la seule université d’Alger-2.

Les toutes récentes interventions du ministre de l’Enseignement supérieur n’avaient pas prévu cette cabale très bien orchestrée par la mouvance islamiste du ministère de Benghabrit et œuvre consciemment ou inconsciemment contre les intérêts de partenaires européens qui, eux, défendent leurs propres intérêts à Bruxelles et non à Alger.

Qu’adviendra-t-il des enseignants d’italiens promus tout récemment aux rangs magistrales ? De même des milliers d’étudiants d’italien qui sont les rares universitaires diplômés à trouver des emplois puisque leur formation est la seule à s’être adaptée aux lois du marché ? Quelles perspectives peut-on attendre avec des classes universitaires de langues étrangères en surcharge et, pour la plupart, médiocrement encadrées ?

Des questions qui inquiètent la communauté scientifique face à ce regain du conflit d’intérêts qui menace une institution qui se déclasse mondialement d’année en année.

Mohamed-Karim Assouane

Universitaire. Alger-2.

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Commentaires (1) | Réagir ?

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oziris dzeus

s'ils avaient gagnés la seconde guerre mondiale l'italien serait la deuxième langue parlée dans le monde après l'allemand, et le japonais viendrait en 3 position,