Kenya : David Maraga, le juge qui a invalidé l'élection du président Kenyatta

David Maraga a dit non au pouvoir politique
David Maraga a dit non au pouvoir politique

Héros pour l’opposition, critiqué par la majorité, au Kenya, le juge en chef David Maraga est sur toutes les lèvres.

C'est l'homme qui a décidé de dire non aux dérives du pouvoir de Kenyatta. Le président de la Cour suprême a délivré un verdict historique, annulant la victoire d’Uhuru Kenyatta, et ordonnant l’organisation de nouvelles élections. Selon la Cour suprême, les irrégularités mises à jour dans la transmission des résultats suffisent à mettre en doute l’intégrité du scrutin. Contre toute attente, ce personnage très conservateur est devenu le visage d’un renouveau démocratique au Kenya, et sur le continent.

Habituellement, David Maraga ne se présente jamais sans la traditionnelle perruque blanche des magistrats kényans. Le juge de 66 ans ne cache pas son attachement au décorum de la justice kényane. Ni sa foi religieuse. Adventiste du septième jour, il est connu pour ses valeurs ultra-conservatrices. Lors de sa nomination à la tête de la Cour suprême en octobre dernier, il avait prévenu ne pas pouvoir travailler le samedi, jour de messe.

Mais David Maraga est surtout un expert reconnu en litiges électoraux. Après avoir débuté comme avocat à Nakuru, il devient juge en 2003 ; son verdict dans l’affaire Joho contre Nyange fait date. "Une élection doit être annulée si elle n’est pas conduite dans le cadre strict de la loi et si des irrégularités, même les plus minimes, ont affecté le résultat", avait-il alors déclaré. Un principe qu’il a une nouvelle fois appliqué. Aujourd’hui, l’homme, droit et ferme selon ses proches, se trouve dans une position difficile, "mais il ne se laissera pas intimider,confie un avocat qui le connaît bien, ajoutant, ce soir, il dormira sur ses deux oreilles".

La Cour suprême du Kenya, qui a pris vendredi la décision historique d'invalider l'élection présidentielle du 8 août, est la plus haute juridiction du pays, composée de sept juges dont les arrêts sont définitifs et font jurisprudence.

Elle a été créée par la nouvelle Constitution du pays, adoptée par référendum en 2010 et jugée bien plus progressiste que la précédente. Ironie de l'histoire, deux des principaux promoteurs de la nouvelle loi fondamentale du pays furent Raila Odinga, à qui la Cour a donné raison vendredi, et Uhuru Kenyatta, dont la réélection a été annulée. Dans son arrêt, la Cour a toutefois souligné qu'elle n'avait rien à reprocher à ce dernier au regard du scrutin du 8 août.

La Cour suprême examine les recours déposés contre des décisions rendues par les Cours d'appel du pays au regard du droit ou de l'interprétation de la Constitution. Elle est la seule juridiction compétente pour trancher des litiges concernant l'élection présidentielle.

Avec RFI/AFP

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Commentaires (2) | Réagir ?

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oziris dzeus

comme ça kenyatta corrigera les erreurs commises et gagnera les élections refaites sans aucune irrégularité constatée, et personne ne trouvera rien à dire, les anglais sont champions des matchs rejoués en foot et les kényans seront champions des élections réorganisées l’élève apprend ce qu'il veut et ce qu'il peut de son maitre,

le doute sur l'intégrité du scrutin sera lever, et il y aura deux héros au kenya maraga et kenyatta et ces deux hommes ont des destinées bien tracés suivant leurs noms, maraga le futé, et kenyatta qui veut dire le kenya, c'est lui,

et on ne sait jamais si le kenya devient vraiment démocratique, il y a les islamistes -partenaires des anglais et des occidentaux- à ses portes et qui feront le nécessaire pour que le kenya reste un pays africain normal comme tous les autres,

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khelaf hellal

Une bonne leçon pour nos juges en Algérie, n'est-ce pas? Tout le monde sait que chaque nouveau président est tenté par le court-termisme politique et le clientelisme politico-financier pour s'assurer la reconduction et rempiler mandat sur mandat. D'ailleurs pour parer à cette tentation beaucoup de pays dits démocratiques ont limité le nombre de mandats présidentiels à deux et pas plus dans leur constitution. Chez nous, on viole cette clause pour ensuite y revenir aprés 4 mandats consécutifs, c'est vous dire que l'arnaque est passée et peut encore rebelloter puisqu'il y a encore des partisans du FLN /RINDOU cyniques qui appellent au cinquième mandat bafouant jusqu'aux amendements de la nouvelle constitution qu'ils ont eux-memes adoptée.