L'Algérie persécute les Ahmadites, la "secte" du seul musulman prix Nobel de physique !

 Abdus Salam, l’unique Nobel musulman est Ahmadite.
Abdus Salam, l’unique Nobel musulman est Ahmadite.

Quand la communauté Ahmadites d’Algérie commençait à faire parler d’elle et de ses pratiques religieuses, lesquelles ne sont pas du goût de nos éclairés responsables du Culte, avec, à leur tête, Mohamed Aïssa, notre vénéré ministre des affaires religieuses qui, il n’y a pas si longtemps se targuait de la volonté de répandre un Islam cartésien en Algérie (*), nous y avions vu une communauté distincte de la confrérie pakistanaise, au même titre que la khalota Alaouite de Syrie se distingue de celle de la dynastie marocaine !

Mais, en fait, la confrérie Ahmadite d’Algérie est une ramification directe qui puise ses pratiques religieuses de la source pakistanaise où elle est née à la fin du 19ème siècle !

Sans rentrer dans des détails consultables sur le net, l’Ahmadisme est un mouvement réformiste fondé par Mirza Ghulam Ahmad, lequel proclamait qu’Allah lui aurait confié la tâche de restaurer l’islam dans sa pureté, en se déclarant Mahdi à la fin du XIXème siècle. Ce qui explique que son mouvement fut combattu par la majorité des musulmans qui n’ont rien compris au Coran, si tant est qu’ils l’aient lu !

Découvrir cela change la donne et le regard que l’on doit porter à cette confrérie des lumières que ce pouvoir rétrograde et éculé veut forcer à opter pour l’Islam des ténèbres et du terrorisme qu’il a enfanté !

Abdus Salam doit se retourner dans sa tombe, lui qu’un pouvoir pakistanais, aussi ténébreux que celui d’Alger, a forcé à l’exil en déclarant sa communauté non conforme aux préceptes de cet Islam d’une pensée unique ballotée entre le Wahhabisme des cavernes et le Salafisme des grottes !

Et si Islam cartésien il peut y avoir, il ne peut être associé qu’à ceux qui, justement, ont dévoué leur vie à opérer et raisonner dans des référentiels cartésiens qui les ont propulsés jusqu’aux sommets de la gloire scientifique. Unifier "l’interaction faible" et "l’électromagnétisme", voilà la thématique "barbare" à laquelle Abdul Salam, le Hamadite, a consacré sa matière grise avant d’être couronné du prix Nobel de physique. Le jour où si-khouna Mohamed Aïssa comprendra, ne serait-ce que ce qu’est l’interaction faible et l’électromagnétisme, dans leurs perceptions les plus rudimentaires, sans s’infiltrer dans les méandres théoriques de leur unification, ce jour-là, il pourra se permettre de juger à tort cette communauté des lumières ! Mais comment peut-il comprendre quoi que ce soit, dut-il retourner à l’école pour 20 ans, quand il n’arrive même pas à unifier ce que son propre nom est censé véhiculer de rahma unificatrice sur la Terre des hommes et des dieux ?

Pour rappel, Abdus Salam est né au Penjab. Il est issu d’une famille Ahmadite. Il a été couronné du prix Nobel de physique en 1979, et décédé en 1996. Un Monsieur que j’ai eu l’honneur de croiser furtivement quand il était directeur de l’ICTP à Trieste, Italie, à la fin des années 1980. Il fut victime au Pakistan, son pays, d’une intense politique de persécution religieuse et d’insulte, juste parce qu’il appartenait à la minorité Ahmadiyya. Par un amendement constitutionnel de 1974, la minorité Ahmadiyya avait été déclarée "non musulmane" par le gouvernement pakistanais, faisant instantanément de tous les membres de cette communauté des kouffars. Alors que lui se sentait si croyant qu’il faisait précéder chacun de ses manuscrits de la profession "In the name of the holy god".

En termes de Cerveaux, n’en déplaise à Amara Benyounes, celui d’Abdus Salam devait être doté d’un QI certainement supérieur à la somme de tous les QI des présidents, de Ben-Bella à Bouteflika, et de leurs valets, comme Ouyahia et Amara, qui ont pris en otage l’Algérie ! De ce fait, s’attaquer à la communauté Ahmadite, c’est vouloir étouffer beaucoup plus intelligent que soit, "Meh-sieurs" Amara et Mohamed Aïssa !

Abdus Salam avait très vite compris que la Science n’avait pas sa place dans des pays où l’Islam des ténèbres dominait le pouvoir et la société ! D’ailleurs, lors de sa courte visite, suivie d’une conférence, à Alger, au début des années 1980, il déclara qu’à un moment ou un autre, le musulman éclairé devait choisir entre quitter son pays pour rester dans la science ou rester dans son pays et quitter la science ! Un dilemme qui fut l’objet de nombreux débats parmi nous, jeunes boursiers, qui venions de débarquer bardés de petits (petits, au regard de la grille d’équivalences élaborée par la circuiterie de la famille FLiN-tox) diplômes, qui de France, qui des USA, pour la majorité, avec dans la tête le rêve utopique de participer à la construction du pays ! Il y a ceux qui ne se sont pas fait prier pour appliquer, à la lettre, la formule de Abdus Salam et, dare-dare, quitter le pays, dès le service militaire effectué ! Il y en a d’autres qui ont temporisé quelques années ! Et, cas rares et uniques, des Abdelmoumen Ould-Kaddour, ces envoutés du pouvoir et de l’argent, restés pour offrir leurs services à la famille FLiN-tox, moyennant de belles parts du gâteau Algérie !

Parions que ce pouvoir de brigands ne se contentera pas de jeter les adeptes Ahmadites dans ses lugubres prisons, comme il le fait pour les Kabyles, les Mozabites, ceux qui se déclarent chrétiens, ceux qui mangent le ramadhan, etc. ou tout simplement ceux qui ne sont pas d’accord avec toutes sortes de délires au sommet de l’Etat, mais qu’il suivra, en digne "Habib-Allah" autoproclamé, la piste tracée par le parlement pakistanais, en déclarant l’ensemble de la communauté Ahmadite "A3da Allah", et pourquoi pas, les chasser du pays !

En somme, c’est l’histoire de la grosse secte qui renie les petites, qu’elle a pourtant enfanté ! Néanmoins, choisir entre une petite "secte", laquelle a engendré un prix Nobel de Physique, et la grosse qui construit des mosquées à la gloire de l'autocrate Aek el-Mali, le choix est vite fait ! En digne laquais, Mohamed Aïssa n’a décidément, de l’Islam, rien compris !

À la mémoire d’Abdus Salam, le moins que l’on puisse faire est d’apporter soutien et appui aux compatriotes Ahmadites jetés en prison par un pouvoir de goujats dont l’unique objectif est de mettre à genou l’ensemble des citoyens pour psalmodier la gloire et exalter Bouteflika, l’imposture algérienne que l’Histoire jettera, tôt ou tard, dans les égouts de la félonie !

Que reste-t-il de Ceausescu, de Kadhafi et de Saddam Hussein ? L’entourage du brigand des frontières serait bien avisé de le méditer, au lieu de s’attaquer, à tort et à travers, à tous ceux qui osent arborer une vision différente de l’Islam et du pays, ceux du M’zab et du MAK compris !

Kacem Madani

(*) http://www.lematindz.net/news/14734-mohamed-aissa-non-jeuneurs-versus-islam-cartesien.html

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Commentaires (3) | Réagir ?

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khelaf hellal

Avec ces persécutions de sectes pacifiques et inoffensives il n'est dit qu'ils ne réveilleront pas de vieux démons, ceux de la fitna et des guerres de sectes entre musulmans.

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Atala Atlale

Et voilà comme si que ce pays n'avait trop souffert et il lui faudra après les années 90 dite la décennie noire, aujourd'hui le brigandage, la prédation, les viols des lois, il nous faudra encore avoir à souffrir une fois encore de problème religieux de ce genre !!

Le pays est totalement sans gouvernail; il est normal qu'il soit la cible de toutes sortes d'agressions ! Qu'avons nous à faire d'une confrérie religieuse qui puise sa source du Pakistan ? C'est d'une inconscience édifiante. N'avons nous pas notre propre religion pour permettre encore d'introduire ce poison qui risque de diviser encore plus le pays ! N'avons nous pas assez de problèmes à régler ? L'économie, la santé, le chômage etc etc.. BASTA BASTA !!!

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