Circulez, Mourad Medelci a d’autres chats à fouetter

Mourad Medelci recevant au Conseil constitutionnel le candidat-président lors de la dernière mascarade électorale de 2014.
Mourad Medelci recevant au Conseil constitutionnel le candidat-président lors de la dernière mascarade électorale de 2014.

Des hommes politiques demandent naïvement à Mourad Medelci de destituer le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, en appliquant l’article 102 de la constitution, oubliant, ou faisant semblant d’oublier, que le président du Conseil constitutionnel ne pourra jamais faire "ça".

N’importe quel médecin du monde vous dira qu’Abdelaziz Bouteflika est gravement malade et qu’il est dans l’impossibilité d’exercer la moindre fonction, mais Mourad Medelci ne l’entend pas de cette oreille et continue de soutenir mordicus le contraire. Le président du Conseil constitutionnel, qui a été nommé à ce poste par Abdelaziz Bouteflika, est tout sauf un ingrat.

Mourad Medelci avait certes avoué un jour dans un tribunal qu’il n’était pas intelligent, mais de là à croire que son manque d’intelligence le pousserait jusqu’à prendre le risque de s’attaquer à son mentor et scier par la même la branche sur laquelle il est haut perché, c’est un pas que le président du Conseil constitutionnel ne franchira jamais.

Et comme pour confirmer que le départ d’Abdelaziz Bouteflika n’est pas à l’ordre du jour, le chef d’état major et non moins vice ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah, a brisé le silence dernièrement en affirmant haut et fort que l’armée ne fait pas de politique. Entendre par là, l’armée n’a rien à voir avec l’application ou non de l’article 102.

Sans soutien, ni cohésion dans ses rangs, l’opposition s’est retrouvée ainsi impuissante devant une situation qui tend pourtant à devenir intenable. Résultats des courses : d’aucuns prennent le statu quo pour la stabilité. Quant à ceux qui appellent à l’application de l’article 102, ils ne seront sûrement pas oubliés, aucun privilège ne leur sera désormais octroyé.

Heureusement que le changement est inéluctable, partout, y compris en Algérie où on est président jusqu’au jour où… Ahmed Ben Bella était président jusqu’au coup d’Etat de 1965. Mohamed Boudiaf jusqu’à son assassinat en 1992 et Liamine Zeroual jusqu’à sa démission en 1994.

Contrairement à ses prédécesseurs, Abdelaziz Bouteflika a encore le choix de prendre une sage décision. La prendra-t-il à temps ? Rien n’est moins sûr, parce qu’il parait que le centre de décision a changé, que la sagesse a laissé place à l’intransigeance et que Mourad Medelci n’en a cure. Si ce n’est pas le feu à la maison, c’est tout comme, et le 14 sonne dans le vide.

Ahcène Bettahar

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Commentaires (10) | Réagir ?

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khelaf hellal

Le système est sa logique de servitude volontaire et de solidarité d’intérêts. On ne mord pas la main qui vous nourrit abondamment et qui vous comble de toutes ses faveurs. Il faut faire durer le plus longtemps possible la manne des rémunérations pharamineuses et des privilèges de toute sorte dont ils jouissent sans scrupules ni autre considération.

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Yacine Khalfi

Oui, bonne fête de l'Aïd aux lecteurs assidus, ainsi qu'aux indomptables journalistes du Matin lesquels presque chaque jour, n'en déplaise aux laudateurs du régime, montrent leur mépris total de cette dictature qui dure depuis 1962, avec des articles courageux, pertinents et pleins de bon sens.

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