Ali Benflis : "Le régime politique est obsédé par sa survie"

Ali Benflis.
Ali Benflis.

Nous rendons publics quelques extraits de l'Intervention de M. Ali Benflis, président de Talaie El Houriyet, à l’occasion de la quatrième session du Comité central du parti.

Le constat de Benflis est celui de nombreux observateurs du pays."Le constat, accablant, est récurrent, s’aggravant de jour en jour et enfonçant dramatiquement notre pays dans une spirale sans fin. Et sans que le régime actuel n’engage les réformes structurelles indispensables. Le veut-il d’abord ? Le peut-il d’ailleurs ? On ne peut être à l’origine du problème et sa solution unique, à l’exclusion de toute autre partie.

Je ne peux que légitiment m’interroger. Nous vivons une crise politique et institutionnelle majeure, inégalée, due à la vacance du pouvoir au sommet de l’État, qui a entrainé le délitement des institutions, une crise de représentativité et plus grave de légitimité à tous les niveaux. Une crise qui a provoqué immanquablement l’inertie et l’immobilisme de l’Algérie à un moment où nous avions, en tant que pays, en tant que peuple, la nécessité d’impulser une véritable dynamique de progrès et de changement.

Ces derniers jours, nous avons assisté, sans grand étonnement, à un basculement sans précédent. Nous avions déjà dénoncé l’immixtion de forces extraconstitutionnelles dans le processus de décision national, leur pouvoir croissant et l’illégitimité qui les entourent. Nous ne pouvons que constater au vu des changements opérés que le centre du pouvoir s’est déplacé.

La situation économique et sociale "n’est guère plus reluisante. Et il ne peut pas en être autrement. Oui, il ne peut en être autrement quels que soit les discours que ce régime développe. Alors que nous avions les capacités de créer une véritable émulation, nous ne pouvons que constater le lamentable gâchis économique qui prévaut, le marasme social et leurs graves incidences sur la stabilité du pays.

Nous assistons consternés à une lutte des clans, politico-financière, dans laquelle les responsabilités nationales sont contestées intra-régime, leurs légitimités de façade s’effritant de jour en jour, sans que le régime actuel ne prenne la mesure de la gravité de la situation. Sans qu’il n’apporte de véritables réponses à la crise politique, à la crise institutionnelle, à la crise économique et à la crise sociale. La véritable instabilité réside dans cette fuite en avant perpétuelle.

On ne peut pas sauver un navire qui coule en se préoccupant des hublots et en ignorant les fissures.

Non seulement vous avez ignoré les signaux d’alertes, non seulement vous vous êtes préoccupés de l’apparat et non de l’essentiel, non seulement vous avez bâillonné ceux qui étaient d’un avis contraire, mais plus grave encore, vous réduisez l’action politique à de sordides pièces théâtrales qui n’intéressent personne. Non, en réalité, elles n’intéressent que les bénéficiaires de cette crise et qui excluent totalement les véritables préoccupations des citoyennes et des citoyens, dont le quotidien est devenu un enfer. Nous ne sommes pas dupes. Aucun Algérien n’est dupe à ce sujet.

Est-ce que les scénarios de série B et les mises en scènes dérisoires que nous avons vécu cet été vont régler le problème du chômage en nette augmentation ? Vont-ils enrayer l’inflation effrayante et qui érode chaque jour le pouvoir d’achat des Algériens ? Vont-ils résorber la crise du logement, s’attaquer aux véritables problèmes de la santé publique, de l’école et de l’université ? Ces scénarios vont-ils régler la mère des crises, la crise politique ? Vont-ils redorer l’image de notre pays à l’étranger, nous redonner une voix prépondérante au niveau régional, continental et international ? Je ne le crois pas.

Ces scénarios et ces mises en scène ne font que renforcer l’image d’un navire abandonné à son sort, errant au gré du vent, sur le point de sombrer.

Mesdames et Messieurs,

Si cela n’était pas désespérant pour l’avenir notre pays, il n’y a rien d’étonnant à l’aveugle obstination et à la grave dérive du régime politique actuel. Un régime qui n’a pour seul dessin que sa survie et sa pérennité ne peut apporter de réponses à une impasse politique, institutionnelle, économique et sociale qu’il a lui-même créée, en usant systématiquement de la fuite en avant, du déni des réalités, de la rhétorique populiste et de la diversion.

Un régime politique bâtit sur le clientélisme et le népotisme ne peut assoir une légitimité et une représentativité à même de fédérer les Algériennes et les Algériens autour d’un projet politique véritable, d’un projet de société. Il ne peut créer l’émulation nécessaire au renouveau économique quand il fait de l’affairisme et du clientélisme les bases de sa vision économique. Il ne peut répondre au marasme social quand il use du chantage à la stabilité pour justifier le statu quo et acheter la paix sociale au détriment de l’avenir du pays et des générations futures.

Le régime est tellement obsédé par sa survie qu’il développe aujourd’hui une sévère addiction au statu quo. Il renie même les dérives et les dégâts qu’entraine son addiction. Il mesure parfaitement l’état de déliquescence, d’effritement, d’effondrement dans lequel se trouve aujourd’hui la maison Algérie, mais à l’image de ses politiques, au lieu de s’attaquer à la rénovation réelle, il ne se préoccupe que de la peinture et du superficiel.

Sauf qu’il ne faut pas perdre de vue que les préoccupations des citoyennes et des citoyens, le règlement de la crise ne peuvent se suffirent du statu quo. Ils ne peuvent être relégués en fin de liste des priorités.

Mesdames et Messieurs,

Quelle que soit la gravité de la situation, et la situation est grave, il n’y a pas de solution sans le règlement de la crise politique, sans de véritables réformes structurelles économiques et sociales. Nous ne pouvons transiger ou reculer avec ces impératifs.

Soyons clairs, nous pouvons discuter de toutes les politiques économiques ou sociales, nous pouvons discuter de tous les dogmes et de toutes les doctrines. Cela n’affectera pas le mal à l’origine de la crise. Nous n’avons d’autres recours que le règlement de la crise politique globale. Notre priorité est la crise politique globale et nous pourrons par la même régler toutes les crises qui en découlent. Il faut être cependant conscient que pour la crise politique, il n’y a pas de solution miracle. Oui, il n’y a pas de solutions miracles. Il n’existe pas d’autres solutions que le dialogue véritable entre toutes les forces vives de la Nation.

Cette addiction, cette obsession au statu quo et à l’immobilisme pousse le régime actuel à verrouiller toute tentative de dialogue, à renier l’idée même du dialogue, sauf dans un cadre d’apparat. Nous vivons malheureusement à l’ère de l’apparat et de la démocratie d’apparat.

Oui, nous appelons au dialogue et nous ne cesserons jamais d’appeler au dialogue. Un dialogue pour une véritable sortie de crise et pour régler les problèmes réels des Algériennes et des Algériens. Pas un dialogue qui nourrirait le statu quo et qui servirait de faire-valoir au régime actuel. Nous ne sommes pas dans l’apparat, nous sommes dans le réel, ancrés dans la réalité de notre pays et la quotidienneté de nos concitoyens.

Oui, nous appelons à un véritable dialogue. Le peuple algérien ne mérite-t-il pas que nous nous concertions et que nous dialoguions entre nous pour régler définitivement la crise politique de légitimité et de gouvernance? Le peuple algérien ne mérite-t-il pas que le régime actuel se détourne, ne serait-ce qu’un instant, de cette idée obsessionnelle du statu quo, et pense à d’autres priorités que sa propre survie quand notre nation est en péril ? L’Algérie ne mérite-t-elle pas un avenir plus radieux que le sombre présage que renvoie actuellement le régime en place ? (...)"

"J’ai déjà porté à la connaissance de l’opinion publique nationale la teneur de notre plan de sortie de crise. Je vais le réitérer brièvement. La crise politique globale est une crise de régime, elle ne peut de ce fait se régler que par le retour à la souveraineté et à la légitimité populaire.

Cela suppose assoir la légitimité et la représentativité de toutes les institutions républicaines par des élections propres, transparentes et légitimes. Des élections qui seraient sous le contrôle exclusif d’une véritable commission indépendante. Cela suppose par la suite la refondation et la modernisation de notre système politique dans son ensemble. Cela suppose la mise en œuvre de réformes profondes visant à la consécration d’un véritable état de droit, dans lequel tous les citoyens jouissent de tous les droits y afférent et assument par là même tous les devoirs. Cela suppose une justice indépendante et égale pour tous. Cela suppose une moralisation incontestable de la sphère publique et un respect véritable de l’intérêt général. Cela suppose la consécration réelle de la liberté d’expression et du droit de penser autrement. Cela suppose aussi la mise en œuvre de véritables réformes économiques et sociales.

Talaie El-Hourriyet est porteur depuis sa création d’un véritable projet politique, qui repose sur la modernité politique, la rénovation économique et la réforme sociale. C’est dans une démarche constructive que nous nous inscrivons. Pour cela, nous ne cesserons d’appeler à une dynamique nouvelle qui sortirait l’Algérie du statu quo et de l’immobilisme.

Mesdames et Messieurs,

Le régime actuel justifie le statu quo et son immobilisme par le besoin de stabilité. Il se targue d’être le garant de la stabilité. Ne nous trompons pas de concepts. « علينا ألا نخلط بين المفاهيم ». La stabilité n’est pas synonyme de stagnation. «الاستقرار ليس الركود».

La véritable stabilité a pour corollaire la stabilité politique, la stabilité économique, la stabilité sociale, la stabilité sécuritaire. J’use de la stabilité et non de la stagnation. La stabilité permet le progrès. La stabilité favorise l’évolution et le renouveau.

Le statu quo, l’immobilisme, la stagnation sont les véritables ennemis de la stabilité nationale. La corruption, les scandales financiers, l’affairisme, le clientélisme, le népotisme, la dilapidation des richesses nationales sont les ennemis de la stabilité nationale. La vacance du pouvoir, le délitement de l’État, la déligitimation des institutions sont les ennemis de la stabilité nationale.

Ceux qui pensent que la stabilité politique telle que vendue par le régime actuel est une garantie pour la stabilité du pays se trompent et se trompent lourdement. L’unique garantie à la stabilité du pays est la cohésion nationale, et celle-ci tire son essence de la Déclaration du 1er novembre, dans laquelle sont inscrits les principes fondateurs de l’Algérie : la démocratie, le progrès, la justice sociale. (...)"

"Permettez-moi de rappeler, si besoin est, que nous sommes un parti d’opposition. Oui, nous sommes un parti d’opposition. Et nous en sommes fières. Nous croyons à la valeur de l’opposition et des contre-pouvoirs. Nous respectons les divergences.

Les partis d’opposition, les syndicats autonomes, les médias libres et la société civile indépendante doivent être acceptés par le régime et non pas être tolérés au gré de l’humeur ou des velléités qu’il en attend. Les partis d’opposition, les syndicats autonomes, les médias libres et la société civile indépendante doivent être partie prenante à part entière du processus national. Les militants des libertés ne doivent pas être perçus comme des ennemis, ou au mieux comme des mineurs à qui on assène avec condescendance tous les anathèmes possibles et imaginables. « متعرفش صلاحك »

Il est tout de même aberrant que le fait de penser autrement, d’avoir d’autres idées, de les exposer, de les revendiquer et de les défendre entraine les pires calomnies. Penser autrement ne doit plus être considéré comme un acte d’agression qui expose l’auteur aux pires accusations. Penser autrement ne peut en aucun entrainer une réaction indécente et disproportionnée qui touche à la dignité des individus. (...)

A contrario, le régime actuel perçoit le droit de penser autrement comme une déclaration de guerre. Et ses réactions frisent l’indécence tant elles sont dangereuses pour la cohésion nationale et pour la stabilité nationale.

"Le patriotisme aujourd’hui n’est ni un monopole, ni une chasse gardée. Le patriotisme aujourd’hui c’est d’œuvrer pour l’édification de l’État de droit. Le patriotisme aujourd’hui c’est de veiller à la consécration et au respect de la souveraineté populaire. Le patriotisme aujourd’hui tient à des normes universelles de gouvernance, de santé publique, d’éducation, de bien-être socio-économique et à leur consécration dans notre pays. Le patriotisme aujourd’hui c’est d’œuvrer pour l’émergence d’une économie pérenne, hors hydrocarbures, qui s’appuie sur toutes les synergies et non sur le clientélisme. Le patriotisme aujourd’hui c’est d’être par exemple jaloux des réussites politiques, économiques, sociales, culturelles des autres nations. Oui, le patriotisme aujourd’hui c’est de vouloir le meilleur pour l’Algérie et les Algériens et d’y œuvrer.

En quoi sommes-nous traîtres de penser cela ? En quoi sommes-nous traîtres de défendre cela ? En quoi sommes-nous traitres à l’Algérie, aux Algériennes et aux Algériens, dites-moi?

Nous avons le droit d’aspirer à la démocratie et nous avons le devoir d’œuvrer en ce sens. Nous avons le droit d’exiger la suprématie de la souveraineté populaire et nous avons le devoir de la défendre. Nous avons le droit d’aspirer à une citoyenneté totale et nous avons le devoir de nous battre pour qu’aucun Algérien ne soit considéré comme un sous-citoyen dans son pays. Nous avons le droit de penser autrement et nous avons le devoir de défendre ce droit des accusations mensongères d’atteinte à la stabilité nationale et à la cohésion nationale. Chaque Algérienne, chaque Algérien a ce droit là. (...)"

"A ceux qui pensent que notre projet est une utopie, à ceux qui pensent que notre projet est irréalisable, nous disons que c’est possible, nous sommes convaincus que c’est possible et nous œuvrons pour que cela soit possible. A toutes celles et tous ceux qui pensent que le peuple algérien n’est pas encore suffisamment mature pour réaliser ce projet, je rétorque que le grand malheur de l’Algérie, c’est que l’on a toujours amoindrit les aspirations légitimes de son peuple.

Je refuse de croire ne serait-ce qu’un seul instant que l’Algérie, les Algériennes et les Algériens, rejettent la démocratie, refusent l’état de droit et une justice indépendante, n’aspirent pas à un renouveau économique et à la justice sociale. Les Algériens n’ont pas besoin de tutelle condescendante. Ils n’ont pas besoin de tutelle avilissante.

Je n’ai jamais été de ceux qui disent qu’un renouveau national relève des vœux pieux, qu’il est irréalisable ou que la démocratie n’est pas faite pour nous. Et je ne le serai jamais. Permettez-moi de rappeler que si l’humanité n’était composée que des adeptes du désespoir et du fatalisme, elle n’aurait pas évolué à travers le temps et les siècles. Elle n’aurait pas avancé d’un iota.

Je réfute cet état d’esprit et je dis non. Oui, je dis non. Pourquoi n’aurions-nous pas le droit à la démocratie ? Pourquoi nous serait-elle proscrite ? Au nom de quel piteux argument serait-elle interdite aux Algériennes et aux Algériens ?

بأي حق نحرم من الديمقراطية؟

Rien, absolument rien dans notre histoire, dans notre culture, dans nos valeurs, dans nos convictions n’étaye l’argument fallacieux qui cantonne les Algériennes et les Algériens à l’immaturité politique et au rejet démocratique dont le régime actuel les affuble.

Oui, rien ne justifie cet argument.

Oui, c’est possible si tous les efforts et toute l’imagination sordide du régime actuel pour faire durer et perdurer le statu quo et l’immobilisme étaient mis au service du bien et du sursaut démocratique.

Oui, c’est possible s’il y a une prise de conscience de la classe politique. Oui, c’est possible quand il y a une réelle volonté politique. Oui, c’est possible quand on initie un dialogue véritable. Oui c’est possible quand la démarche s’appuie sur l’honnêteté, la rigueur, le sérieux, la moralité.

Oui, c’est possible. Je suis convaincu que notre projet politique est réalisable. Il suffirait qu’il y ait une véritable volonté politique pour impulser le changement et mettre l’Algérie sur les rails de la démocratie, du progrès et du renouveau. Il suffirait d’initier un dialogue national incontestable à même de régler la crise politique globale et de poser les jalons d’une démocratie véritable consacrant l’état de droit, la modernité politique, le progrès économique et le renouveau social. Il suffirait de transcender nos divergences et nos états d’âme, de respecter nos différences et d’œuvrer en commun pour un seul objectif : l’avenir de l’Algérie et le devenir de notre nation."

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Commentaires (10) | Réagir ?

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moh arwal

@Mr Khalid merad:

Chiche dites nous quand a t il fait son mea colpa? N'a t il pas, au contraire , redoublé d'ignorance et d' incapacité.

C'est un ane tout court. J en veux pour preuve son voyage a la mexque.

N est il pas alléa la mecque pour s'acheter une honorabilité ? Où est donc son sens du respect de soi même de sincerité avec soi même.

Pour décider ce voyage a la mecque je présume qu'il avait senti en lui même comme une impression d'etre sale et qu' il devait aller se laver et se purifier en Arabie seoudite .

Ne devait il pas plûtot cracher la verité et dire au peuple ce qu' il savait sur le massacre des 126 jeunes kabyles sans parler des milliers de blessés handicapés a vie. Dire qui a donné l'ordre de tirer ??? mener une enquete serieuse. il était a ce moment là, au poste de Premier Ministre.

Il n'a même paseu le moindre sentiment de regret et demissionner aprés ce genocide,

Il a continué a servir des criminels il s'est tu et jusqu a ce jour il

ne pipe pas un seul mot sur cette horrible affaire :.

Tout le monde sait que le Silence vaut consentement et apparement Mr Kalid Merad n ele sait ou bien veut passer cela sous silence parceque il n'y avait son fils ou sa fille dans les 126 jeunes assassinés a balles de mitrailleuse sans aucun motif. Mr Khalid mettez vous a la place des mères de ces adolescents pour un seconde au moins et aprés vebez ecrire des parabolles islamqiues sur le pardon sur ce site pour redorer le blason des asssassins de l 'alagerie car il nay pas et il ny aura pas dalgerie sdans la kabylie mais il pourrait bien y avaioir une kabylie sans l algerie si les gens comme vous persistent avopuloir nous conisdere comme de la chair a canon pour ce bled que nous avons nous lesberbere (kabyleset chaouis) liberer du colonialisme Français.

Comment donc, osez vous encore nous inviter à donner une chance a un lâche.

Il a trahi la kabylie il trahira encore l 'Algerie même pour un simple strapontin de secrétaire d 'Etat .

Non monsieur, oulache smah oulache !!

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khalid merad

C’est vrai que M. Benflis et d’autres hommes « politicards » non seulement ont applaudi jusqu’à faire bruler de chaleur leurs mains à la venue de Boutef., mais aussi ont l’aidé à asseoir sa mainmise gargantuesque sur l’Etat.

M. Benflis, ne l’oublions pas était le directeur de campagne de Boutef pour les « drôles » de présidentielles de 1999. Pour services rendus et posture de vassalisation envers le « Pdt », Boutef l’a nommé dans un 1er temps directeur de cabinet du « Pdt » puis quelques temps après 1er ministre.

Cette posture historique de Benflis indique déjà que cette personne est dépourvue de la stature d’homme politique ; celle d’homme d’Etat lui est à jamais inaccessible.

Les 1ères qualités intrinsèques à rechercher à un impétrant pour une fonction politique, c’est :

1.) le sens du discernement dans l’analyse des faits et des évènements politiques

2.) la prégnance de la clairvoyance dans l’action politique

3.) le sens prospectif dans le développement des évènements et des situations complexes.

Nous étions beaucoup qui n’étaient pas et n’avaient jamais été dans les strates du pouvoir politique ou économique du pays, qui avaient entrevu dès l’enclenchement informel de la promotion de la candidature de Boutef en septembre 1998, à crier haut et fort la nocivité et la dangérosité de cette option.

Et nous avions même proféré « que d’ici 3 à 5 ans, l’algérie va être submergé par des eaux nauséabondes de la corruption et de la prédation, en plus de l’avènement d’une gestion autant « tribale » que désastreuse de la chose publique ».

Tout était inscrit dans le parcours de vie politique de l’impétrant à la présidentielle 1999 ; comment qu’un tel discernement nous est effleuré alors que les Benflis et et consorts en étaient complètement dépourvus.

Alors comme réponse à cette énigme, il s’impose 2 alternatives tout autant mauvaises l’une que l’autre :

__ soit que Benflis et consorts sont incompétents pour la chose publique parce que n’ayant pas les qualités requises.

__ soit plus grave encore, on est en présence de politicards de la « mangeoire du beylick » et des parvenus dont le derrière les démange pour occuper coûte que coûte, le koursi des responsabilités politiciennes.

Pour une action concertée des véritables élites dignes et honnètes du pays et heureusement ils s’y trouvent, avec leur peuple, les benflis et consorts si leur conscience les a titillé et ont fait scrupuleusement leur mea culpa, peuvent être d’un apport à ce sursaut populaire toutes catégories sociales et professionnelles confondues.

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