Ahmed Ouyahia renvoie la tripartite aux calendes grecques

Ahmed Ouyahia
Ahmed Ouyahia

Le report de la tripartite (Gouvernement-UGTA-Patronat), prévue initialement pour le 23 septembre prochain, est dicté par l'agenda du Gouvernement et doit permettre une meilleure préparation et une plus large concertation entre les partenaires socio-économiques, a justifié jeudi le Premier ministre Ahmed Ouyahia.

En haut lieu on se presse doucement. A l'occasion d'une tripartite officieuse, Ahmed Ouyahia vient d'annoncer la couleur. "La rencontre tripartite a décidé (aujourd'hui) de reporter la tripartite officielle, prévue initialement le 23 septembre". C'est l'officieuse qui reporte l'officielle. La raison ? L'agenda du gouvernement, justifie Ouyahia. Mais pas seulement, Ouyahia a ajouté que ce report "va également permettre aux partenaires de mieux se préparer à ce rendez-vous". C'est dire qu'heureusement Ouyahia était arrivé à temps pour remettre tout le monde au travail, autrement on aurait eu une tripartite "taiwan". Comme au demeurant toutes les précédentes qui se résumait à un raout où les clients du régime échangeaient quelques amabilités, lancent des promesses sans suite et ripaillent aux frais du trésor public.

Comme si le patronat ne le savait pas, il a cru bon d'ajouter que "nous avons informé nos partenaires sur les difficultés financières que traverse le pays". Puis, ajoute : "Nous leur avons présenté la démarche du Gouvernement, dictée par les orientations du Président de la République, pour faire face à ces défis", a lancé doctement à la presse le premier ministre. Renversant ! Le même programme du président, censé avoir relancé l'économie du pays va permettre finalement faire face aux "difficultés financières".

Question subsidiaire au premier minsitre qui se fait fort de ressasser à chacune de ses sorties publiques l'invisible programme du président. Comment est-ce possible que le même président au pouvoir depuis 18 ans n'a pu anticiper la crise au moment où le baril de pétrole se négociait à 120 dollars, le pourra-t-il aujourd'hui ? Le bon sens voudrait que la réponse soit dans la question, à moins qu'Ouyahia concocte une autre.

Pas avare de promesses et d'assurance envers les entreprises, Ahmed Ouyahia a réaffirmé le caractère social de la politique du Gouvernement, indiquant que toutes les entreprises établies en Algérie - qu'il a qualifiées de "leviers du développement du pays" - bénéficieront de facilitations et de soutiens "sans aucune discrimination". Voilà une pierre aimablement jetée dans le jardin de l'ancien premier ministre parti en bon soldat de Bouteflika en guerre contre les nouveaux riches, dont Ali Haddad.

En clair, tout est dit dans cette première sortie. Ouyahia fait table rase de toutes les mesures prises par Abdelmadjid Tebboune contre les conglomérats de Haddad and co.

Yacine K.

Plus d'articles de : Actualité

Commentaires (0) | Réagir ?