La reconduction d’Abdelkader Messahel sonne-t-elle la fin de la diplomatie algérienne ?

Abdelkader Messahel, ministre des Affaires étrangères.
Abdelkader Messahel, ministre des Affaires étrangères.

Le régime politique algérien a mis fin, le mardi 15 août 2017, aux fonctions du premier ministre Abdelmadjid Tebboune et a nommé Ahmed Ouyahia à ce poste, en application de l'article 91, alinéa 5 de la constitution et après consultation de la majorité parlementaire.

La reconduction du ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel a soulevé l’ire d’une partie de la population algérienne. Le timing de cette reconduction est une preuve supplémentaire que la calamité redonne un sens à l’histoire. Cette reconduction annonce-t-elle le commencement de la fin de la diplomatie algérienne ? Le régime politique joue sa dernière carte avec la nomination d’Ahmed Ouyahia à la tête du gouvernement : à la suite de la signature de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger (mai 2015), Ahmed Ouyahia est nommé pour la première fois, premier ministre. Ancien médiateur au nom de l'Algérie dans le règlement du conflit du Nord du Mali en 1992, Ouyahia et Messahel sont-ils en mesure de relever le défi diplomatique qui se pose au Mali ?

Il est important de rappeler également que le "diplomate" Messahel a occupé le poste de ministre délégué en 2000, fonction qu’il occupe jusqu’en 2012. En 2013, il est nommé ministre de la communication. Aussitôt nommé, il récupère le poste de ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des affaires maghrébines et africaines, en 2014, poste qu’il conservera jusqu’en 2015.

Messahel a été ministre des Affaires maghrébines de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, de mai 2015 à mai 2017. La dévalorisation politique de certains membres du gouvernement, suivie d’un prolongement quelquefois exagéré de leur mandat est consternante. La disproportion est ainsi saisissante entre la brièveté ministérielle et la longévité du poste de ministre délégué. Pour quel résultat diplomatique ? Connaît-on seulement une action efficace à ce ministre perpétuel ? Après le départ du ministre Lamamra en mai 2017, la course à la médiocrité continue et rien ne semble l’arrêter. En effet, Messahel a réussi à faire évincer Lamamra pour hériter du département des Affaires étrangères à lui seul. Pour quel objectif ? Tout un chacun l'aura observé, la diplomatie à la Messahel relève plus de déclarations d'intention pour faire mousser ses nombreux déplacements que de règlement de conflits. Alors que l'Algérie perd pied partout, Messahel redouble d'assurance et de morgue pour faire accroire à un diplomatie offensive.

Il y a un nouvel élément qui vient troubler cependant l'agitation de ce ministre. En effet, le dernier rapport du ministère français de la Défense, sur la situation au Mali peut-il changer quelque chose pour Abdelkader Messahel et se traduire par une nouvelle tournure ?

| Lire la suite : Messahel, la diplomatie algérienne et les luttes d'influence au Sahel

Mohamed-Salah Benteboula, géographe

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Commentaires (1) | Réagir ?

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moh arwal

mais ce n est as un ministre ilest juste un fcateur de la brouette il port e les messages a droite et a gauche ilbooit coup a chaque etape et revient soul comme une bourrique a el mouradia pour lecher le c.. de la brouette