Tension aujourd'hui à Tiaret : les logements de la colère

Une tension extrême a régné à Tiaret.
Une tension extrême a régné à Tiaret.

Tiaret a vécu une matinée très agitée aujourd'hui mardi.

C’est à partir de la daïra de Tiaret que l’étincelle à jailli ! Des centaines de manifestants en colère se sont rassemblés devant le siège de la daïra de Tiaret pour manifester leur colère après l’affichage de la liste des bénéficiaires des logements sociaux.

La tension montait au fur et à mesure que des postulants sortaient, déçus des cyber-cafés dans la nuit d'hier, car les autorités ont préféré publier les listes qu'à partir de minuit sur des pages Facebook de certains correspondants de la presse locale, ce qui a obligé les citoyens à passer une nuit blanche dans les cybercafés. La foule était massée dans la plupart de ces espaces internet. D’autres ont été obligés d’acheter les listes vendues à 1000 DA, faute d'accessibilité au site de la wilaya, car les autorités locales n’ont procédé au placardage des listes dans les lieux accessibles au public, qu'à partir de la matinée du mardi.

Pendant que les heureux bénéficiaires quittaient les cybercaféss dans la joie, les mécontents prenaient le chemin du siège de la daïra où, aux environs de 6h du matin, une foule compacte commençait déjà à se former sous le regard de dizaines de policiers antiémeutes déployés depuis la nuit du lundi tout autour du siège de cette institution. Des centaines de personnes sont rassemblées devant le siège de la daira criant des slogans hostiles au chef de la daira de Tiaret et au chef de service du logement de la daira.

La liste affichée contient quelques 2614 noms, dont les protestataires, excédés, accusaient les autorités, entre autres, d’avoir attribué des logements à des personnes étrangères à la wilaya, à des célibataires et à des personnes aisées et favoriser leurs proches alors que nombreux sont ceux qui attendent depuis le début des années 1990.

Le siège de la daïra, situé en plein centre-ville, a été occupé pendant des longues heures par les protestataires, qui se disaient déterminés à aller jusqu’au bout afin d’obtenir l’annulation des listes, et une mise en place d'une comission d'enquête sur les conditions d'attributions du logement social surtout après les révélations du chef de l'exécutif de la wilaya sur la présence des personnes qui n'ouvrent pas droit comme les noms de personnes décédées, des émigrés et des résidents hors la wilaya, comme nous l'avons raconté il y a quelques jours.

Malgré la tension, le chef de la daïra de Tiaret n’a pas jugé utile de recevoir les contestataires après les avoir fait attendre toute la matinée.

"Le chef de daïra n'ose pas affronter le regard des protestataires que nous sommes", fulmine l'un d'entre eux. Il avaait regagné son bureau après avoir été hué par la foule qui réclamait une commission d’enquête ministérielle.

En l’absence de moindre interlocuteur, une grosse tension régnait sur les lieux. Devaant l'absenc de dialogue, un groupe de jeunes avait procédé à la fermeture de la route RN 14.

Le wali avait échappé de justesse aux mains des demandeurs de logements en colère lorsqu'il s'apprêtait à regagné la radio de Tiaret afin d'animer une conférence de presse. Même dans le siège de la wilaya gagnés par la colère, des contestataires commençaient à se rassembler devant le cabinet du wali.

Le raz-le-bol ajouté au mal-vivre ont poussé de nombreux demandeurs de logement à bout, à ce mouvement de protestation. Les services de sécurité qui ont boucléla zone et procédé à des interpellations musclés parmi les manifestants pacifiques. Ils ont d'ailleurs eu toute la peine pour ramener le calme, un calme qui reste précaire car la situation reste tendue à l'heure où nous mettons sous presse.

De Tiaret, Khaled Ouragh

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Commentaires (2) | Réagir ?

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khelaf hellal

La frustration a des limites, il ne faut pas pousser les gens à bout après les avoir fait saliver depuis longtemps. Elle rend fou et peut même porter à mordre la main la sert.

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oziris dzeus

ça c'est l'héritage de tebbou que certains ont voulu voir comme le sauveur du navire échoué en plein désert,

les responsables de l'attribution des logements se moquent du monde, ils se savent intouchables, parce que la politique du logement n'est pas seulement une affaire de loger les citoyens, sinon le probléme serait réglé depuis longtemps, l'attribution des logements est utilisée pour déplacer les populations -même suite à une catastrophe naturelle- et cela dans un but que seul les décideurs connaissent, le fait d'éliminer les mairies de cette opération montre les intentions malsaines des décideurs,

les formules de logement et leur nombre dépasse largement les besoins des résidents de chaque wilaya ou daira et au final dans chaque wilaya il y a toujours des demandeurs qui attendent depuis 20 30 ans alors que les logements construits sont attribués à des non résidents,

les liste d'attribution de logements sociaux ne contiennent que le nom la fonction et la photo du bénéficiaire et manque donc l'année du dépot du dossier son numéro, la situation familiale, le nombre d'enfants et l'adresse de résidence du bénéficiaire,

tebbou s'inquiétait de la finalisation de la grande mosquée au lieu et place le probléme de logis des algériens,

le logement est devenu une affaire de rente par la corruption généralisée,

des familles attendent depuis 2001 leurs logements AADL OU LSP et qu'ils ont payés,

avec 1000 milliards de dollars ils n'ont rien fait,

ni loger ni soigner ni éduquer ni nourrir ni habiller correctement une population de 40 millions d'habitants,

si ils ont construit une longue autoroute, une grande mosquée

et il ne manque qu'un immense cimetière,