Limogeage de Tebboune : pourquoi ces analyses déroutantes ? (III)

Les Algériens n'ont pour seul horizon que la rive nord de la Méditerranée.
Les Algériens n'ont pour seul horizon que la rive nord de la Méditerranée.

Il faut souligner que même si la réputation de l’Algérie comme étant le "le grenier de Rome" est contestée par certains spécialistes algériens qui la considèrent comme une blague de mauvais goût de la France, les intentions ou les invasions ont toujours eu pour origine un intérêt agricole de la plateforme algérienne bien avant le tracé des frontières nord africaines. il faut rappeler que le coup de l’éventail porté le 29 avril 1827 par le dey d'Alger (le gouverneur ottoman de la région), Hussein ben Hassan au consul français, Pierre Deval avait pour origine un contentieux agricole à l’avantage des Algériens qui n’avaient pas perçu le paiement de la dette qu’ils avaient sur les Français.

3- Pourquoi les Algériens sont devenus amorphes ?

En effet, ils fournissaient du blé et des céréales pour l’armée française lors de la campagne de Napoléon contre l’Egypte. D’ailleurs le gouvernement français exploita cet évènement pour aller à la conquête de l'ensemble de l'Algérie au cours des trois années qui suivirent, et il en resta pendant près de 130 ans. Propriétaire ou khammès, l’Algérien se débrouillait pour fournir du blé et des céréales de qualité pour toute la rive de la Méditerranée. Les exemples ci-après vont non seulement étayer ces performances paysannes mais démontrer l’avantage comparatif que lui donnait ce statut. En 1928, lorsque le blé et les céréales se comptaient en quintaux et non en tonne comme c’est le cas aujourd’hui, l’Algérie fournissait à la métropole et ailleurs tout en mangeant à sa faim plus de 3 millions de quintaux. Elle en consacre fin 2016 prés de 13 milliards de dollars pour la facture alimentaire.

Jusqu’à quelques années après l’indépendance, le blé dur de la plaine de Magra près de Sétif se troquait avec les Italiens à 1 quintal contre 5 de blé italien tendre. Ce même paysan a réussi d’entretenir des orangers de grande qualité notamment à Boufarik. Les régions côtières ont fourni avec son aide de meilleures vignes qui ont donné le vin de "Sidi Brahim" qui s’offrait dans les grandes occasions en Europe. Les dattes de "Deglet Nor" ont été primées pendant plusieurs décennies en France. Bien après l’indépendance ; au début des années 80,la Sonatrach a envoyé des équipe et son appareil SH 183 pour forer en kiswahili Chole Shamba qui est une île dite de la mafia située dans l'océan Indien et faisant partie de l'archipel de Zanzibar de la Tanzanie. Les conditions y sont extrêmement dures (présence d’animaux très dangereux, pluie toute l’année, malaria etc.) et pourtant, ces équipes ont donné des performances meilleures que celles des américaines.

Les jeunes Algériens réussissent leur start up à Silicone valley et en Europe mais échouent dans leur propre pays. Pourtant les dispositifs d’aide aux jeunes porteurs d’idées n’en manquent pas selon le discours officiels bien entendu. Pourquoi l’Algérien se sent mieux et devient plus dynamique dès qu’il quitte l’environnement natal ? Les psychologues industriels ont montré que l’homme pour produire et créer d’une manière rentable, il faut qu’il soit heureux. Alors, l’Algérien pour arriver à une aussi médiocre productivité serait-il frustré, voire pas bien dans sa peau et pourquoi ? Si tel est le cas, nous sommes amenés à dire que les objectifs de l’indépendance qui visaient de le libérer du joug colonial pour l’épanouir ne sont malheureusement pas atteints. C’est justement ces échecs successifs de la révolution algérienne qui ont rendu l’Algérien frustré.

| Lire la 2e partie : Limogeage de Tebboune : pourquoi ces analyses déroutantes ? (II)

Cette série de frustrations a sonné, dérouté puis complètement écarté de ses références ancestrales l’Algérien moyen. Il ne partage pratiquement plus de valeurs communes à part celles religieuses avec la société et donc rien ne le motive pour travailler. Il est devenu narcissique et désintéressé du corps social. Le chamboulement de l’échelle de valeur lui a fait perdre le sens de la mesure. Il ne voit aucun lien entre le travail et la rémunération. Il veut gagner vite et beaucoup en peu de temps et donc plus il reçoit plus il en demande et rompe ainsi le dialogue social.

Alors ! Comment espérer le voir productif avec un tel comportement de toute évidence acquis ? L’artifice de "Tag aala men tag" et celui de la débrouille a cimenté encore plus l’ordre établi par le processus d’encanaillement qui consiste à faire d’un responsable un atome social autour duquel gravitent des bouches ouvertes qui peuvent tuer pour faire durer le système. Donc ceux qui prônent un changement par le bas, peuvent attendre longtemps car même ce bas est pourri par cet entortillage.

Rabah Reghis, Consultant et Economiste Pétrolier

Lire la 4e partie : Limogeage de Tebboune : pourquoi ces analyses déroutantes ? (IV)

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Commentaires (8) | Réagir ?

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Massinissa Umerri

la verite' dans tout ca, c'estle capitalism s'est propage' a travers le monde. Et le capitalism ne donne que ce qu'on merite. Ce que les algeriens ont ou auront dans le future est ni plus ni moins que ce qu'ils ont merite' et ce qu'ils meriteront.

@M-Arwal: 50+ ans de "a cause du clan de ouajda, etc. ", tout de meme !

Benchicou decrivait Bouteflika comme un narcissite qui aimait se reguarder dansle mirroir. Si les al-khorottos faisaient de meme, les choses changeraient peut-etre, helas c'est haram, meme pour les femmes, alors qu'esperer... walou.

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moh arwal

Le clan d' Oujda avait pour mission de vider de son contenu

l' indépendance aquise au prix d 'énormes sacrifices humains. le clan a reu l'ordre de remmetre l'algérie a genoux au pied du colonialisme telle qu'elle l 'etait a la veille du 1er Novembre 1954.

Cette mission criminelle a été initiée par Ben Bella au Caire et achevée par Bouteflika au Val de Grace

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