At Hichem, At Waabane et Aokas comme des symboles

Le festival Raconte-Arts qui a eu lieu à At Waebav a été un formidable succès
Le festival Raconte-Arts qui a eu lieu à At Waebav a été un formidable succès

La Kabylie ne cesse de bourdonner à l’image d’une ruche cet été et comme beaucoup d’autres par le passé. Mais le fait marquant qui commence à marquer du sceau de son empreinte ce bourdonnement est la volonté manifeste de ces abeilles de ne plus dépendre des subventions ô combien alléchantes qui en retour en fera des obligées.

Le festival Raconte Arts d’At Waabane et la fête du tapis d’Ait Hichem illustrent cet état de fait de façon éloquente. Les organisateurs du festival d’At Waabane qui depuis 14 ans ne cessent de nous donner des preuves que la démarche émancipatrice n’est pas qu’une vue de l’esprit mais bien une réalité que chacun peut toucher du doigt ce chemin bien que semé d'embûches n’en n’est pas un chemin possible ; ce choix ne découle pas de celui d’une posture mais de celui d’une voie : celle de l’émancipation

At Hichem, en se réappropriant l’organisation de la fête du tapis, se réapproprient par la même la dimension symbolique et historique contrastant et effaçant par la même le caractère folklorique qui ne cessa d’entacher année après année cette expression citoyenne dans l’affirmation de son identité et son histoire.

Cette dynamique qui sous-tend aussi les cafés littéraires, comme celui de la ville d’Aokas, a le double mérite à la fois de montrer la détermination des citoyens à se prendre en main et de garder l’initiative de leur côté. En la matière, la seule interprétation possible des réactions de l’administration et ceux à qui elle rend compte, constitue en elle-même un aveu de capitulation devant la résistance citoyenne.

A la lumière de ce qui s'est réalisé dans ces trois villes, et sans angélisme béat, il y a lieu encore d'avoir foi en nos concitoyens en leurs capacités de résistance et de résilience en leurs capacités créatives.

Les événements d’At Waabane, Ath Hichem et Aokas de 2017 marqueront le début de l’émancipation citoyenne. Le caractère inexorable de cette dynamique s’affirme dans la volonté qui en constitue le formidable moteur. Ces trois haltes culturelles très symboliques nous ont montré que l’on pouvait faire sans quémander les autorités. Et enfin, en réalisant ce double défi d’émancipation et de réappropriation n’est ce pas la la définition de la dignité que se fait tout Kabyle épris de valeurs de liberté ?

Boukhalfa Ben Mamar

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