Y aura-t-il un futur Trump ou un Macron en Algérie ?

La présidence.
La présidence.

La question mérite d’être posée après la petite tempête enclenchée par le premier ministre qui voulait séparer la politique du monde des affaires et dont il vient de faire les frais…

Ce n’est manifestment pas pour tout de suite car les Trump et autre Macron ne sont pas des enfants d’une génération spontanée. Ils viennent d’un monde qui peu à peu à imposer aux citoyens l’élection de ce genre de "politique". Mais quand on connaît l’itinéraire de ces deux personnages et leurs soutiens tapis dans l’ombre, on s’aperçoit que le jeu d’une démocratie dite libérale engendre ce genre de ''mystère''….

La politique est l’art suprême, dixit Aristote. Mais ce philosophe grec ne semble pas être la tasse de thé de certains hommes politiques occidentaux qui préfèrent "l’art" de l’entreprise. Et cette catégorie politique a pris le pouvoir aux USA et en France. Donald Trump aux États-Unis et Emmanuel Macron en France. Le premier a fait fortune dans l’immobilier et le second a été un riche banquier. Et comme ces messieurs sont à présent chefs d’État, ils ont apporté dans leur besace la ‘’science’’ des affaires et veulent la faire appliquer à l’Etat qu’il dirige. Leurs discours sont saturés de ces mots ronflants comme "efficacité et responsabilité". Mais cet "art" de diriger l’Etat comme une vulgaire entreprise ne semble pas leur réussir à l’un et à l’autre. Leur côte de popularité ou plutôt d’impopularité quelques mois après leur arrivée aux "affaires" leur rappelle les dures lois de la politique. Produits de la mondialisation et de la finance, ils ont cru que leur réussite personnelle est la preuve par 9 de la supériorité de l’entreprenariat sur le Politique.

Alors disent-ils que les Aristote, Machiavel et autre Marx (surtout ce dernier qui aurait inventé l’affreuse lutte de classe), qu’ils reposent au Musée de l’Histoire et nous laissent vaquer tranquillement à nos affaires. Mais la rudesse de la réalité politique est là pour leur rappeler que leur ‘’science’’ est impuissante au Moyen-Orient ou bien encore en Corée du Nord. Car dans ces contrées, ils n’ont plus devant eux des employés et ouvriers tenus en respect par l’arme du chômage. Ils ont face à eux tout au plus des collègues entrepreneurs et néanmoins concurrents que l’on peut détrôner avec les outils prédateurs de la compétition. Ailleurs dans les pays qui ne pataugent dans le monde de Disney, il y a des peuples dont le besoin de dignité est comme l’air que l’on respire. Il y a des États dont les dirigeants sont nourris des leçons de l’Histoire, celles écrites et théorisées par les philosophes cités plus haut.

Ainsi les nouveaux enfants de la finance qui idolâtrent "l’efficacité et la responsabilité" oublient que ces notions sont alimentées par la vulgaire idéologie du commerce quand les concepts du Politique sont les fruits de la longue marche de l’histoire des hommes. Un taux de croissance, une image utilisée par un homme politique français, ne fait pas disait-il rêver un peuple. Ce qui fait rêver et soulever ce même peuple c’est d’être acteur de sa propre histoire contre justement les injustices engendrées par ce taux de croissance dont les véritables producteurs (les travailleurs) de richesses ne récoltent que quelques miettes…

La mode de la gestion des institutions étatiques avec les outils de l’entreprise est née avec la financiarisation de l’économie et la circulation à la vitesse de la lumière des capitaux. Les politiques se sont trouvés impuissants à freiner cette dérive et ont accepté de rogner sur la souveraineté nationale pour sauver disent-ils l’essentiel et s’adapter à la réalité du monde moderne. Ceci a été possible grâce à l’émergence de la soi-disant disparition des idéologies. Les lois s’imposeraient selon cette idéologie aussi bien à la gauche qu’a la droite. La politique apparaît alors comme un frein ou bien incapable de s’adapter d’autant que les magouilles et la corruption de certains politiques viennent conforter le regard les citoyens sur le monde véreux des politiciens. D’où cet engouement remarqué aux USA et en France pour ces candidats à la présidence. Ces deux politiciens apparaissent comme des novateurs en caressant dans le sens du poil les préjugés du "petit" peuple tout en faisant miroiter des ambitions à ces classes moyennes laminées par les crises des temps modernes…

Alors un Trump ou un Macron "algérien", est-ce possible ? En fantasmant et en se berçant d’illusions, oui c’est possible comme on nous l’avez fait croire à une certaine période que l’Algérie deviendrait un dragon asiatique comme la Corée ou la Malaisie. Aujourd’hui, l’heure est seulement d’éviter que le navire Algérie ne sombre dans la tempête. Le chemin est donc long et l’horizon lointain. Il faut d’abord comme dit Sénèque, philosophe et homme d'Etat romain, construire le présent pour servir de socle à l’avenir désiré ou espéré….

Ali Akika, cinéaste

Plus d'articles de : Débats

Commentaires (4) | Réagir ?

avatar
oziris dzeus

dans ce pays ça sera encore plus surprenant,

ça sera ni un trump ni un macron

mais un olof palme, et dans un futur si proche qu'il suffit de patienter,

avatar
moh arwal

Bientot ily aura des bananes a go go en lagerie Hadadd va nous faire une economie forte a lentendre jaser, il va faire pleuvoir ses millairds sur nos têtes.

visualisation: 2 / 4