Insuffisants rénaux : "Ils meurent dans l'indifférence à Sidi-Aich"

Insuffisants rénaux : "Ils meurent dans l'indifférence à Sidi-Aich"

C’est ainsi que Rafik Aidli, membre de l’Association Soummam Eco-Culture de Sidi-Aich, dénonce la mauvaise prise en charge des malades de la wilaya de Bejaia.

Sidi-Aich est une commune située à 50 km de Béjaia. Quelque 43 patients dialysés rénaux souffrent le martyre dans l’indifférence des autorités chargées de la santé. Un comble pour un pays qui se permet toutes les fantaisies.

Mourad Mouici, cadre hospitalier, n’est pas allé par trente-six chemins pour qualifier leur situation de "difficilement gérable", et ce, "bien que le service soit assuré 24h/24h par un effectif très réduit", concède-t-il. Ce centre d'hémodialyse à ouvert il y a tout juste 5 ans, et fait face à un déficit en personnel paramédical essentiellement techniciens en maintenance, ajoute : "Nous avons une centaine de malades qui viennent de plusieurs localités, même les plus éloignées de la daira de Sidi-Aich. Pour les suivre et les soigner, nous avons uniquement 9 appareils d’hémodialyse fonctionnels à raison de 18 insuffisants rénaux par jour. Ce qui est vraiment très insuffisant".

Et d'ajouter : "Normalement, chaque patient doit suivre trois cures par semaine, alors que pour certains malades nous ne pouvons pas leur assurer plus de deux. Ce qui n’arrange pas leur état de santé".

A noter ce centre ne dispose pas de lits à la hauteur des patients. Ils sont inadaptés. Et la salle de dyalises n’est pas équipée pour assurer l’accueil et la prise en charge de nouveaux des patients.

Certains malades sont parfois obligés de se procurer tous les intrants médicaux nécessaires, des pairs de lignes vasculaires, des pansements antalgiques… C'est dire que le lieu est dépourvu de moyens de soins.

L'époux de Mme Ait Aarabe est un des nombreux patients traités ici. Elle nous lance avec un air désespéré : "Je souhaite attirer l’attention des pouvoirs publics, surtout le ministère de la Santé. Malgré la volonté du personnel hospitalier, ce service ne dispose pas de moyens nécessaires pour mon mari, car cela devient un véritable calvaire, d'autant plus mon mari ne pourra pas faire son scanner en urgence dans cet hôpital, il est contraint de se déplacer à Alger … A savoir que cet hôpital ne dispose pas de cardiologue et les patients souffrant de problèmes cardiaques nécessitent un suivi régulier, ils sont de fait obligés de recourir à des hôpitaux privés mais à quel prix ?".

Aussi, "recourir aux “relations” est devenu une chose banale chez nous", a-t-on entendu ici et là. Il faut dire que la maladie est tellement mal prise en charge ici comme ailleurs que le patient se sent dans une situation de désespoir total. Les familles cherchent tous les moyens pour se procurer une place en hôpital dans le but de permettre de suivre une dialyse et se faire suivre correctement !

Tous les experts et les acteurs du domaine s’accordent pour dire que pour des raisons de survie et aussi de confort de vie, la greffe de rein est toujours considérée comme un moyen efficace contre l'insuffisance rénale chronique finale et permet d'augmenter la qualité et l'espérance de vie des malades. Et, en plus, elle est moins coûteuse pour le système de santé. Mais ces greffes demeurent encore rares.

Y. A.

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