"Le pays est aujourd’hui en danger, Monsieur Tebboune"

"Le pays est aujourd’hui en danger, Monsieur Tebboune"

« Vous avez les faveurs de l’opinion publique et le bénéfice du doute pour vos positions, Monsieur Tebboune. Ne leurrez pas le peuple en reculant, car ce sera la révolte que vous récolterez ! »

Avec l’abstention massive aux élections législatives du 4 mai, le système politique actuel s’est gravement lézardé. Une partie du pouvoir semble avoir pris conscience que la défiance populaire conjuguée aux graves difficultés socio-économiques qui s’annoncent pour bientôt vont accélérer le délitement du régime avec le risque grandissant d’entrainer l’Etat dans sa chute.

Ce changement d’équilibre interne s’est traduit par le départ du gouvernement des figures les plus zélées du cercle présidentiel, et les plus actifs pour le 4ème mandat. Le conflit gouvernement-patronat en est le prolongement.

Bien que le "bras-de-force" se cantonne pour le moment au niveau médiatique, la rupture a cependant atteint un point de non-retour : l’une des deux parties, gouvernement Tebboune ou la coalition des potentielles perdants de la nouvelle politique, devra s’effacer.

Si le camp du statu quo s’impose, ce gouvernement sera défait et le pays s’enfoncera vers le désordre et probablement une désobéissance civile dont le boycott des législatives a été l’annonciateur.

Si, au contraire, le gouvernement sort vainqueur du conflit, la déconstruction du régime actuel aboutira, soit au remplacement de la "vitrine" politique, dans une forme de continuité maquillée, soit l’entame d’une évolution plus profonde dans la gestion du pouvoir. C’est cette dernière option qui est la seule à pouvoir sortir le pays de sa crise morale et politique.

Si les effets d’annonce des intentions du gouvernement venaient à être concrétisés, les conditions politiques pourraient être réunies pour que les forces du progrès, là où elles se trouvent, contribuent à l’initiation d’un processus de mise en place d’un Etat de droit.

Dans cet état d’esprit, le dialogue promis et les prochaines élections locales seront un test grandeur nature pour évaluer les véritables intentions des centres de décisions. Des actes forts doivent venir confirmer le discours.

Le harcèlement contre les libertés, les réunions publiques, les conférences citoyennes, les bloggeurs, les militants des droits de l’homme, doit cesser. Le respect du droit doit devenir la règle.

Au plan socio-économique, seule la règle écrite et transparente doit primer. Les passe-droits, le népotisme et la corruption doivent être combattus par une justice ferme et indépendante de la volonté de certains centres de décisions non constitutionnels. Les graves affaires de corruption et de malversation doivent être traitées par la justice en toute équité et dans la transparence.

La tripartite prévue, en plus du duo Gouvernement-Patronat (l’UGTA s’étant muée en syndicat des patrons), doit être ouverte aux syndicats autonomes de tous les secteurs.

Quant aux élections locales, elles pourraient être l’occasion d’une amorce pour un dialogue politique pour envisager des avancées démocratiques concrètes.

Le gouvernement doit alors considérer très sérieusement les demandes de garanties quant au déroulement du scrutin et faire des concessions significatives au profit de la régularité et de la loyauté de ces élections.

Si le nouveau gouvernement donne des gages de bonne volonté pour aller vers l’Etat de droit et la reconstruction de la confiance, les promoteurs du boycott des élections législatives feraient alors un pas pour contribuer, même à une échelle réduite, à la reprise du processus électoral.

Le pays est aujourd’hui en danger. Monsieur Tebboune a beaucoup trop dit pour se rétracter. Si le peuple est, une fois encore, trompé, l’Etat perdra toute autorité et les pires réactions seront à craindre.

S’il s’agit donc de maintenir en place le même système illégitime, de prédations et de fraude, avec juste un changement de clan au pouvoir, Jil Jadid, s’épargnera tout dialogue et toute participation électorale, forcément fictifs.

C’est au gouvernement maintenant de démontrer sa bonne foi !

Pour le Conseil Politique du 28.07.2017

Le Président, Soufiane Djilali.

Plus d'articles de : Opinion

Commentaires (3) | Réagir ?

avatar
oziris dzeus

ce monsieur fait dans l’excès de zèle, comme tous -les membres du PFLN-

il croit que l'algérie et les algériens lui appartiennent

il pense -comme son prédécesseur-qu'il le galet de la rivière et donc il restera après l'eau,

dés sa nomination il a fait quoi de si tonitruand,

il est allé à la future 3éme plus grande mosquée du monde pour dire que les travaux n'avance pas et que les délais ne sont pas respectés, les délais et le avancement des travaux d'un chantier ce n'est pas le boulot d'un ministre, d'un chef de gouvernement, d'un président, d'un wali, ou d'un maire mais celui du chef de projet, il aurait mieux de lancer la construction du futur 300 éme plus grand hôpital de la planète qui serait plus utile,

mais c'est vrai que la mosquée ça peut servir à faire des prières pour que personne ne tombe malade

que le prix du pétrole passe à 150 usd

que la pluie tombe et que les barrages se remplissent,

que les récoltes soient bonnes,

que les projets en cours soient réalisés dans les délais,

que jamais il n' y aura de printemps ni arabe ni français ni anglais;

la mosquée ça servira aussi a faire des prières

pour que le grand chef sera toujours là pour faire encore 4 autres mandats

pour que la rentrée sociale soit calme que les enseignants ne fassent pas gréve

pour l'année prochaine y 'aura de fraude ni de retardataire au bac,

pour que les tauliers et les mécaniciens ne se reconvertissent pas en constructeur automobiles

la mosquée ça peut sauver une économie, c'est qu'il est s'en presse de la finir

et puis il s'est comporté en dictateur lors d'une cérémonie à l'école supérieure de la sécurité sociale pour chasser le patron des patrons qui sont eux les remplisseurs des caisses de la sécurité sociale, et si il ne sait pas ça il ne saura rien faire,

encore que c'est bizarre que des opposants demande au premier ministre de faire quelque chose lui qui suit ce que lui dit le maitre,

c'est vrai que le maitre on arrive pas l'atteindre alors on s'adresse à son serviteur,

ne dit on pas que vaut mieux s'adresser à dieu qu' a ses saints, et pour ça il suffit d'attendre la finition de la 3 éme plus grand mosquée, et le tour est fait ceux qui leurrent le peuple ces ont les politicards, et autres hypocrites qu'un pauvre premier ministre peut faire quoique ce soit,

au moment où il montre à tout le monde -ses limites- et qu' il n'arrive pas à finir la construction d'un simple chantier de maçonnerie depuis qu'il etait ministre de l (habitat et de l'urbanisme

on lui demande de finir la construction de tout un pays, rien que ça,

y a un truc qui ne tourne pas normalement, et pas chez le peuple mais dans les têtes de l'élite,

avatar
Atala Atlale

Monsieur Tebboune relevez le défi ! Des millions d'Algériens vous soutiendront, vous avez là une occasion historique, un destin national frappe en ce moment à votre porte ! Sinon démissionnez ! Et, votre honneur sera sauf !

visualisation: 2 / 3