Importation de rond à béton : le ministère du Commerce l'autorise au compte-gouttes

Importation de rond à béton : le ministère du Commerce l'autorise au compte-gouttes

Les importateurs de billettes sont vent debout. Ils ont appris finalement que mercredi les quantités autorisées à l'importation par le ministère du Commerce. .

Seules 500 000 tonnes de ce matériau destiné à la fabrication du rond à béton et profilé sont autorisées à l’importation pour 2017, a-t-on appris d’une source autorisée. Pour ce gâteau, 114 sociétés ont reçu le sésame des autorités. "C’est ridicule, lamentable", sont les mots qui reviennent auprès des professionnels du fer. Jusqu’à il y a quelques années l’Algérie importait cinq fois la quantité annoncée pour cette année. C’est dire la déconvenue.

Un homme d’affaires qui avait importé 140 000 t l’année dernière n’est autorisé que pour 5000 tonnes cette année, a-t-on appris. "De qui se moque-t-on ? Que vais-je faire avec cette quantité ?", s’insurge un importateur qui prévoit de licencier du personnel de son entreprise. "On ne peut pas rester comme ça, il y aura de la casse qui va conduire à des licenciements de personnels", regrette-t-il. Un autre a reçu l’aval pour introduire en Algérie 1000 tonnes de fer. Une paille quand on connaît les immenses besoins.

Qui tire les ficelles ?

Une entreprise tire les marrons du feu de la crise : Tosyali Algérie. Cette société dirigée par un Turc n’est pas incluse dans les quotas d’importation arrêtés par le ministère du Commerce, a-t-on appris. "Elle a un couloir d’importation à elle seule", s’agace un homme d’affaires.

Dans une plaquette de promotion, Tosyali Algérie annonce qu’elle "fabrique et fournit à ses clients du rond à béton avec une large gamme en diamètre et dimension ainsi qu’une meilleure qualité conforme aux normes et standards internationaux". Mais en réalité, elle profite de l’anarchie et de ses entrées haut placées pour garder la main sur le marché de la billette. Tosyali Algérie dirigée par un proche d’Erdogan (président turc), s’est installée avec le projet de valoriser le minerai national, mais très vite, elle a versé dans l’importation.

En l'espèce, la crise n’a pas affecté ses affaires. Et la mise sous le coude des licences d’importation lui a essentiellemment profité, puisqu'elle a continué à importer au grand dam des sociétés algériennes et à garder du coup le monopole sur le marché national. A preuve, selon des chiffres des Douanes algériennes, jusqu'en avril dernier, cette société a importé 442 286 tonnes. Selon nos sources, Tosyali Algérie importe essentiellement de Chine et d’Ukraine la billette.

Dans cette affaire, El Hadjar qui n’arrive pas à démarrer malgré des investissements coûteux arrange aussi les affaires des importateurs et autres intermédiaires. Parallèlement à ce retard, des dossiers d‘investisseurs algériens sont bloqués.

Yacine K.

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