Khalifa Haftar consolide ses positions de personnalité incontournable en Libye

Le général Haftar.
Le général Haftar.

L'annonce de la libération de la ville de Benghazi par le maréchal Khalifa Haftar suscite une pluie de réactions en Libye et à l'international. Considérée par plusieurs capitales comme une avancée dans la lutte contre le terrorisme, cette progression des forces de l'est libyen consacre Haftar comme l'homme fort de la Libye.

Contrairement à sa réserve habituelle, la diplomatie algérienne a vite réagi pour saluer la prise de contrôle de Benghazi par les hommes du général Haftar. "L'Algérie salue la libération de la ville de Benghazi qui est une nouvelle victoire pour tout le peuple libyen, s'ajoutant à celles déjà remportées face au terrorisme à Syrte", lit-on dans le communiqué du ministère des Affaires étrangères algériens.

Dominant le sud, le centre (croissant pétrolier) et l'est du pays, le maréchal, qui était exclu de l'accord politique de Skhirat de 2015, imposera-t-il par la force ce qu'il n'a pas eu par le dialogue ? Son annonce de "contrôle total" de Benghazi le conforte dans sa quête du pouvoir, et il se dit prêt à nouveau à aller jusqu'à Tripoli.

Il y a quelques jours déjà le porte-parole de l'armée nationale libyenne (ANL), dirigée par Khalifa Haftar, révélait être en possession "de formations d’armées secrètes dans l'ouest du pays, formées des fils même de cette région", selon Ahmed al-Mismari. Une déclaration qui rappelle le scénario de la prise du sud de la Libye. En avril dernier, plusieurs forces et brigades de l'ancienne armée se sont alliées alors à Khalifa Haftar, lui permettant de contrôler cette région. Pour autant l'homme fort de la Cyrénaïque dérange plus d'un homme politique. A Misrata, selon les quelques infos qui arrivent, on n'accueille pas cette percée militaire avec le sourire.

Loin de garder l'arme au pied, le général Haftar demande aux forces de Misrata qui ont combattu l'organisation Etat islamique à Syrte de se joindre à lui. Depuis la crise du Qatar, le rapport de forces penche en sa faveur alors que l'Islam politique en Libye, une constellation qui va des Frères musulmans jusqu'à l'EI, se trouve en position de faiblesse.

La rédaction/RFI

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Commentaires (2) | Réagir ?

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Tarek Benaldjia

Exemple d'un adversaire hybride ! Utilise une combinaison de méthodes conventionnelles et non conventionnelles !

"Ce que le maréchal libyen Khalifa Haftar soutient et fait (en libyie), ce n'est pas de la lutte anti-terrorisme, c'est de la barbarie", "Des crimes de guerre sont commis" dans ce pays et ils "ne peuvent pas rester impunis".

IL est accusé de poursuivre une solution militaire en lybie et de se servir des négociations comme d'un "écran de fumée".

la guerre civile lybienne les adversaires principaux sont des entités non étatiques. Ces acteurs non étatiques peuvent faire une guerre par procuration pour d'autres pays ?! Mais peuvent aussi avoir leur propres intérêts. D'un autre côté, l'implication américaine et française est parfois décrite comme un acteur étatique traditionnel menant une guerre hybride (en plus d'utiliser une un acteur local).

Ce sont autant les raisons politico-idéologiques qui peuvent expliquer les dérives de cette guerre hybride ?!

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uchan lakhla

Le maréchal Khalifa Haftar est une fabrication de l'oncle SAM, comme ils ont fabriqué le shah d'Iran en renversant Mossadegh bien sûr pour leurs intérêts, comme ils ont aidé Khomeiny et finissent par convaincre le Shah de partir, comme ils ont aidé Sadam puis renversé, comme ils ont aidé Assad le père et traque actuellement Assad le fils, tant qu'il sert leur intérêt il demeurera maréchal, le jour où ils n'auront plus besoin de ses services, il redeviendra le petit merdeux qu'il était toujours, d'ailleurs d'ou lui vient le grade de maréchal dans un pays de bédouins, dans les pays dit arabe, les grades de militaires sont comme des bombons, tout le monde dispose a sa guise une boite, possible qu'il soit maréchal sur les bataillons de chameaux, scorpions et serpents du désert, si la Libye avait vraiment une armée avec des généraux et donc un potentiel maréchal, pour quoi cette dernière était pulvérisée par sarko en quelque jours grâce à quelque rafales.