Le 05 Juillet

La confiscation de l'indépendance a commencé dès 1962 après l'arrivée des auteurs du coup de force sur des chars.
La confiscation de l'indépendance a commencé dès 1962 après l'arrivée des auteurs du coup de force sur des chars.

Indépendamment des chemins dont seul l'histoire connaît les conditions qui ont concouru à faire coïncider cette date avec le recouvrement de la souveraineté de l'Algérie (conception et concept qui mériteraient au passage d'être éclaircis et expliqués et surtout déchargés de la mission dont ils ont été chargés), cette date donc censée incarner l'espoir d'une liberté retrouvée, après une parenthèse qui s'est étendue sur plus d'un siècle et trente deux années, marquée par des tragédies des renoncements et des luttes face au phénomène le plus aliénant qu'est la colonisation. Bien des historiens nous ont peint au travers de leurs écrits des tableaux tragiques pour certains, idylliques pour d'autres et nuancé pour certains.

Je ne veux pas mener ici un combat d'arrière-garde, le procès du colonialisme a été instruit par nos aînés ; qu'ils aient été de piètres procureurs ou au contraire d'excellents pourfendeurs, cela n'est pas le but de mon propos, mais il s'agit plus de l'immense espoir porté par cette date, ce rêve de liberté... qu'en est-il réellement ...

N'a-t-elle pas en fin de compte été qu'un mirage ? Y compris pour celles et ceux qui en portent encore des stigmates dans le plus profond de leurs chair ?
Ne sommes-nous pas en présence d'une double imposture, à la fois symbolique et historique ? Pire encore, n'y a-t-il pas usurpation de ces deux dimension à la fois ...

Cette date n'a-t-elle pas été noyée par la lutte fratricide pour le pouvoir durant l'été de la même année, les promesses de meilleurs lendemains nées avec ce rêve libérateur pour en être le témoin de passage à une autre nuit à laquelle le cauchemar colonial venait de céder la place ?

Le système qui plonge ses racines dans le coup de force qu'a été l'assassinat d'Abane Ramdane suivi par celles et ceux qui ont refusé de lui apporter une caution morale et des gages d'honorabilité a agit de la même façon avec le 1er Novembre. Ce système en s'appropriant ces dates pour en faire "SES" dates, l'Algérie a non seulement été dépossédée de sa mémoire collective mais vidé de toute sa sève symbolique.

De ce fait, les célébrations du 1er Novembre, du 05 Juillet et du 20 Août ont été folklorisées et réduites à de simples dates dans le calendrier des festivités des organisations de masse du parti unique où le peuple est tout sauf convié où les officiels et les chaouchs de service auréolés de fanions aux couleurs nationales vite remisées aux oubliettes dès la fin des célébrations.

Boukhalfa Ben Mamar

le 05 juillet 2017

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Commentaires (1) | Réagir ?

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Faro Laz

Je sens dans ma chair chaque mot de votre article mais n’est-il pas le moment de tout revoir y compris cette indépendance qui s’avère-t-il aujourd’hui n’en est pas une ou du moins pas une pour toute cette masse de populations asservies et mal logées.

Je suis très et profondément blessé de voir ou plutôt de sentir et / ou ressentir le mal vécu par ces populations qui espéraient beaucoup mieux.

La question que je me pose à chaque fois est celle-ci : pourquoi a-t-on fait cela, pourquoi a-t-on entrepris de se mettre à dos, ces, ces maudits français. OK, ils n’étaient pas des anges, si obstinés et si exigeants qu’ils y ont tout perdus et nous avec. Ils ont fini par négocier avec ce FLN de tous les malheurs.

Suis-je devenu gâteux a mon âge ? Je n’ai plus rien à espérer mais je pense à toute cette jeunesse emprisonnée et mal éduquée, nourrie, soignée, etc. Qu’a-t-on fait en 55 ans. Je suis très désolé d’avoir à écrire cela mais cette fois c’est plus fort que moi. Je pense sérieusement que les algériens et algériennes vont aller droit au mur et pour éviter tout choc brutal, ils et elles devraient faire quelque chose de diffèrent. Par exemple recommencer à zéro, c’est-à-dire tout reprendre à partir de ce 5 Juillet 1962, mais cette fois-ci laisser les militaires et révolutionnaires bidon en dehors de l’assemblée constituante. Avec mes meilleurs vœux de santé et de bonheur à tous et à toutes.