Les cyberattaques comme nouvelle arme de guerre !

Le réseau mondial est devenu un terrain de jeu et de puissance de forces occultes.
Le réseau mondial est devenu un terrain de jeu et de puissance de forces occultes.

Devenant le nerf des guerres modernes, les cyberattaques se sont largement multipliés ces derniers temps dans le monde entier.

L’infiltration des réseaux internet par des pirates informatiques a provoqué d’énormes pertes pour de nombreux pays d’autant que la maintenance et la sécurisation de ceux-ci coûtent très cher. En outre, la multiplicité des stratégies de piratage utilisées par les fameux hackers, leur professionnalisme et le statut d’anonymat derrière lequel ils se cachent rendent la tâche encore plus difficile aux pouvoirs publics.

Beaucoup de spécialistes en cybercriminalité ont récemment mis en cause «Petr Wrap», une version modifiée du virus "Petya" qui avait trop sévi l’an dernier aux Etats-Unis. A en croire certaines multinationales, une demande de rançon de 300 dollars en monnaie virtuelle serait même apparue sur les écrans des ordinateurs affectés. En seulement moins de deux mois après l’attaque "WannaCry", survenue juste en mai, les pirates semblent avoir repris du poil de la bête, en récidivant. Les puissances occidentales craignent d’ailleurs que le domaine informatique ne soit le nouvel cheval de bataille du terrorisme et de la mouvance djihadiste contre leurs intérêts économiques. Le cas de start-up et d'entreprises qui se sont retrouvées bloquées simultanément le 27 juin dernier par un virus informatique les inquiète au plus haut point. En effet, la vague des cyberattaques aurait débuté en Ukraine atteignant les banques, l’aéroport et le métro de Kiev, puis s’est répandue au cœur de la Russie, touchant le géant pétrolier Rosenft. La centrale nucléaire Tchernobyl n’en est pas du tout épargnée, victime, elle aussi, du même virus. Ce qui l’a obligée à revenir à des mesures manuelles de radioactivité.

L’attaque s’est ensuite propagé dans bien d’autres pays de l’Europe à l’instar de la France, la Norvège et l’Allemagne. Alors que le transporteur maritime norvégien «Maersk» aurait accusé de grosses pannes, en Allemagne, les salariés de Nivea ont été tout simplement contraints de rentrer chez eux. De même, une alerte maximale aurait été donnée aux Etats Unis où le célèbre laboratoire pharmaceutique Merck aurait fait état de dysfonctionnements récurrents dans ses filiales. Outre que ses auteurs restent introuvables, cette cyberattaque a été jugée sans précédent par maints observateurs vu sa rapidité, le large périmètre touché et les procédés utilisés. Le risque de contagion est d’autant plus grand que les Américains qui y ont vu déjà derrière la main de quelques "Rogue States" (les Etats-voyous selon l’administration de la maison blanche), tels que la Corée du nord et l’Iran.

Aussi ont-ils peur que l’espionnage des données ou même leur transfert ne serve à des attaques chimiques d’ampleur contre eux et leurs alliés par des réseaux militarisés parallèles affiliés aux narcotrafiquants, les groupuscules islamistes, les mouvements de résistance anarchistes ou anti-impérialistes! Enfin, rappelons au passage que ces cyberattaques sont parfois le fait de ces grandes puissances elles mêmes. Les scandales révélés des écoutes téléphoniques illégales opérées par NSA (National Security Agency) sous Obama et les soupçons de piratage des dernières élections présidentielles américaines par la Russie de Poutine en sont la preuve. Ils remettent au goût du jour le climat, mort il y a près de trente ans, de la guerre froide !

Kamal Guerroua

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