Face à l’extrême détresse

Le chemin de croix des migrants est interminable.
Le chemin de croix des migrants est interminable.

C’est au moment où les consciences s’offrent à toutes les viles postures que la gauche se laisse empêtrer dans les grilles d’analyse ambiantes, grilles arrogantes par leurs engagements silencieux. La gauche, donnée aux appareils, devient sous-conditionnée aux fausses causes.

Le "Capital" contraint à… l’Enfer. Découvrir l’Autre. Cet Autre qui n’a lieu saint pas seulement dans ce qu’il se permet dans la motion verbale. Qui de son compte, qui de ses comptes, qui de son encre, qui de sa simple silhouette. Dire non à ce que subissent les migrants n’est nulle marque de réprobation. "Que faire ?", titrait un révolutionnaire. L’espoir, répondit un attaché littéraire de la peine idéologique.

La vie semble cerner par ses barrières les autorisés à l’espérance. Ils se tuent, ceux-ci, par l’horizon qu’ils ferment à la tumultueuse sonorité qui s’acquitte de toute substance existentiellement rebelle. Faute de se rebeller, ils se jettent dans l’anarchie que leur accorde le capitalisme soutenu par les Etats bourgeois, parents pervers de psychés rodées à la haine de l’Autre quel qu’il soit. Le blanc se prémunit du réflexe honteux en marquant son territoire. La circularité comprime… et féconde.

Etats ethniques pilotés par les belles plumes converties au réflexe joliment désyntaxisant le Verbe et grammaticalisant le politique. C'est beau d’être romancier et secrétaire de parti, à la fois encre et feuille !!! Binaire actuel. Se perdant dans l’esthétique, tout se sent au prisme de l’absinthe. Cocher les vides n’est-il pas l’œuvre la plus prisée des éminences grises des appareils qui se mettent dans le confort du victimaire historique ? La paperasse jaunie sera anachronique à la pensée progressiste ouverte il y a des millénaires par les militants des droits fondamentaux. Trotsky ou Althusser aimaient-ils tant leurs gribouillages ? Césaire et Fanon avaient-ils tendresse pour leurs feuilles blanches ? Où ces paires se sont-elles rencontrées ? Semble-t-il dans Le rapport politique au réel, rapport que voulaient traficoter les romanciers du parti.

La question des réfugiés devrait être appréhendée en dehors des cercles vicieux de la politique, des grands enjeux géostratégiques et des verbalismes idéologiques. La critique de la doctrine des droits de l’homme est venue dénoncer les décalages que se permettent les militants avec les dogmes humanisants, et non pour couper l’aide à celles et à ceux qui en ont besoin. Les radicaux de gauche se sont rendu compte que derrière l’idéal des affaires se finalisaient et des comptes spirituels se ménageaient tout contrôle. C’est dans les élans radicalement critiques que s’est forgé le désir de remettre la question des droits de l’homme dans son véritable sillage.

Il est temps de :

  • Régulariser la situation de tous les réfugiés en leur octroyant la nationalité algérienne ;

  • Scolariser obligatoirement tous les enfants afin de s’insérer normalement dans le marché du travail ;

  • Octroyer une couverture sociale et un accès aux soins à tous les réfugiés.

L’Algérie étant une patrie pour laquelle se sont sacrifiés ethnies et peuples, pourquoi refusera-t-on de répondre à ceux qui demandent de l’aide ?

Tant que les Etats existent, il n’y a aucune raison que la charité persiste. C’est à l’Etat de prendre en charge ceux qui sont en extrême détresse, comme le sont les réfugiés.

Abane Madi

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