Une association des jeunes Batnéens porte assistance aux migrants subsahariens

Des jeunes à Batna investis dans la solidarité avec les migrants.
Des jeunes à Batna investis dans la solidarité avec les migrants.

Face à la fermeture des frontières européennes, les migrants qui s’installent en Algérie sont de plus en plus nombreux. Sans titre de séjour, ils n’ont aucun droit. Leur situation est des plus dramatiques.

Des associations se mobilisent et travaillent pour leur permettre d’être soignés. La wilaya de Batna comme d'autres villes d’Algérie compte, selon nos informations, un peu plus de 1000 migrants, entre Maliens et Nigériens sans pour autant compter les Syriens et Irakiens.

Des membres de l'association Jeunes amis de la ville de Batna, à sa tête Bouras Samir ont effectué une visite de solidarité dans l'un des plus grands camps installé à proximité du centre ville. La visite a été organisée pour venir en aide aux malades et surtout essayer de leur porter un soutien aux mères et aux enfants en difficulté. Samir Bouras a indiqué au Matin d’Algérie que le rôle de solidarité des associations n'est plus à démontrer tant elles peuvent être une force de proposition et d'actions concrètes sur le terrain. La présence des associations sur le terrain reste le meilleur est le meilleur garant de réalisation des projets de la localité, du village, de la ville ou de la région.

Au-delà des services d'utilité publique qu'elles peuvent rendre à la collectivité, visant notamment l'amélioration du cadre de vie, elles sont à même de jeter les bases d'une culture de progrès, de citoyenneté par la transformation des mentalités qui doivent s'adapter à notre environnement planétaire et faire de l'Algérien un citoyen à la dignité reconquise par la responsabilisation et la maîtrise du changement.

C'est dans cet esprit que "l'Association des jeunes amis de la ville contribue à améliorer les conditions de vie de ces familles migrants, notamment les enfants en bas âge défavorisés en organisant des actions caritatives ; à commencer par les soins et surtout la vaccination dont ils en ont besoin, et ce, grâce à une équipe médicale volontaire qui nous a beaucoup aidés dans ce sens", explique le président. A noter que l'association s'est déplacée déjà sur le lieu dit "Arica-tawen" et a visité le camp afin d'essayer d'identifier la meilleure prise en charge de leurs besoins, soit en matière d'aide psychologique, matériels et surtout humanitaire.

Un migrant qui vit depuis quelque temps en Algérie a indiqué au Matin d’Algérie, qu'"un migrant de pays subsahariens, noir de peau vivant en Algérie, est surtout un étranger sans papiers qui bénéficie de très peu de protection. Sans titre de séjour, il est inconcevable et même impossible de trouver un boulot ou contrat de travail, plus encore l'inscription des enfants à l'école publique".

Devant cet état de fait, les migrants sortent peu et demeurent isolés de la société. Les autorités semblent avoir compris la situation de ces migrants puisque depuis quelques années, "nous, les migrants nous avons aussi les mêmes accès aux soins et accouchements des femmes que d'autres étrangers, tels que les Syriens, Irakiens dans les hôpitaux et maternités algériennes. Aujourd'hui, l’accès à la santé est possible".

Cependant un étranger ne peut travailler sans autorisation officielle. Le souhait des migrants subsahariens que nous avons rencontrés est de pouvoir travailler un jour dans des chantiers ou sur des exploitations agricoles avec une autorisation afin de subvenir à leurs besoins. "Quant à nos femmes qu'elle retrouvent le sourire et la possibilité de les voir dans les cuisines à préparer des plats traditionnels d’Afrique de l’Ouest ou au tressage de cheveux à leurs enfants", a ajouté un migrant en souriant.

Rien n'est parfait et beaucoup reste à faire encore pour accompagner ces populations avec beaucoup d'humanité et dans la dignité.

Abdelmadjid Benyahia

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