Quand les jeunes Algériens sont forcés à l'exil !

Les jeunes Algériens ne pensent qu'à fuir le pays
Les jeunes Algériens ne pensent qu'à fuir le pays

Quand on regarde ces jeunes qui rêvent tous de quitter l'Algérie, qui veulent s'en évader de mille manières, la pire d'entre elles, ils volent une barque pourrie ou empruntent de l'argent à une agence de l'Ansej et prennent la mer en direction de l'étranger, on peut s'interroger sur ce sentiment de dégoût qui frappe l'esprit des Algériens.

Ce sentiment d'abandon qui se dépense en attente, en inquiétude et en... errance. Mais le "Système" est-il à ce point aveugle et sans cœur pour ne pas voir ce gâchis humain tout près de ses portes ? Laisser fuir ou mourir ces "pousses d'espoir" que les autres nations du monde espèrent pourtant tant avoir ? Regarder passivement certains parents qui portent éternellement le deuil de leur progéniture noyée dans la Méditerranée? Et puis, nos responsables peuvent-ils fuir indéfiniment la vérité, en considérant cette errance-là comme un phénomène normal ?

Non, il est grand temps d'agir pour endiguer cet exode massif de notre jeunesse et encourager un véritable développement local de nature à l'attirer vers son pays, revitaliser son patriotisme. Car l'exil, comme le dit si bien le poète turc Nazim Hikmet, est un dur métier. Il peut plonger au cœur du désespoir, surtout s'il n'est pas une option mais une obligation !

Quitter les siens pour améliorer ses conditions d'existence, rechercher dans l'ailleurs un brin d'humanité et une société bienveillante, à l'écoute et prête à aider est quelquefois une aventure promptement punie par des regrets. Des regrets qui dessèchent toutes les joies de vivre au premier faux pas. Mais pourquoi l'Algérie délaisse-t-elle ses propres enfants de cette façon si ingrate ? Pourquoi ne pense-t-elle pas ou, du moins très peu, à leur avenir ? A quand la fin du mépris de cette nomenklatura sénile envers la jeunesse ? Nous pensons en écrivant ces dernières lignes aux milliers de diplômés chômeurs parfois hautement qualifiés qui, pour résorber l'humiliation d'être sans emploi dans une société devenue ces derniers temps trop individualiste, matérialiste, désolidarisée et moins tolérante, ont décidé de prendre le large et suivre la vague des partants. D'autant qu'ils ne supportent plus de se glisser, avec peur et surtout hypocrisie, dans les interstices du monde des rentiers corrompus ni ne veulent subir le cauchemar de la marginalisation et de la bureaucratie qui les enroule, morts enragés, dans un silence forcé.

De même, ne croient-ils jamais à aucune voie du salut, à part celle d'une plainte triste qui les emporte dans ses nuages vers le territoire incertain de l'exil. De guerre lasse, nos jeunes ne songent qu'à répondre aux appels d'air d'une diaspora qui est, elle aussi, hélas, peu mobilisée, dispersée, sans assise ! A force de s'exiler d'elle-même et cesser de jouer son rôle de mère et de tutrice, l'Algérie s'est transformée en une usine de déprimés, d'exilés et... de harraga.

Kamal Guerroua

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Commentaires (2) | Réagir ?

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Quelqun EncoreQuelqun

Une fois de plus, je suis désolé de devoir aller "légèrement" (vous connaissez ma modération quasi légendaire ici) à contre-courent. A contre-courent n'est peut-être pas le terme le plus approprié mais le tableau que vous tentez de brosser est devenu tellement "évident" au fil des articles et des interventions télé ou autres qu'il mériterait que l'on y regarde d'un peu plus près. En fait, ce tableau est trop simple ou simpliste; si comme-si, en tant qu'âne-j'ai-rien, nous avions du mal à nous regarder dans une glace. D'ailleurs, vous n'avez pas manqué de "ressortir" d'emblée ce fameux mot-valise "SYSTEME" qui parle à tous les âne-j'ai-rien mais qui, en réalité, ne veut absolument RIEN dire.

Autrement, qu'entend-on par système? Des hommes et des femmes exerçant des responsabilités au sein de l'administration algérienne? Les tenants du VRAI pouvoir (militaires) ?

Ce préambule a failli me détourner du sujet; j'y reviens donc.

Le désœuvrement et le manque de perspectives pour "ces jeunes", la démission des pouvoirs publics... sont peut-être pour quelque chose dans ces prises de risques à bord d'embarcations de fortune, mais... il y a un MAIS.

Le phénomène d'émigration des âne j'ai rien n'est pas nouveau. La sociologie de cette émigration nous apprend que les premières vagues d'émigration vers la France remonteraient vers les années 1920-30 ou un peu plus tôt. Autre point rendu quasi "tabou" dans la plupart des écrits âne-j'ai-rien à ce propos est que cette émigration - et ce, jusque vers la fin des années 70- a été majoritairement kabyle. Eh oui, kabyle. Mais pourquoi kabyle au fait? Bref, passons...

Vinrent les années 90 et jusqu'à nos jours. Le terrorisme islamiste et la junte militaire ont fini par sceller le sort du "vivre ensemble" âne-j'ai-rien: en fait OULACH, CIPAPOUSSIBLE, OULAMKARA …

Autre élément, et non des moindre ya si Guerreoua, l'émigration en France a d'abord été vécue comme un déchirement, une sorte de fatalité avant qu'elle ne devienne... signe de... R E U S S I T E !!

Vous m'avez entendu? Oui, réussite à Moh ! Vous le dîtes vous-même pourtant: vous citez l'exemple de ces "jeunes" qui se servent des SUBVENTIONS ou AIDES de l'Etat âne-j'ai-rien (ANSEJ waqila) pour s'acheter qui une embarcation de fortune, qui un visa... Amék, vous pouvez alors, dans la même phrase, évoquer la responsabilité du "système". Ce système vous a bien "calculé" pourtant; vous faites partie de ses préoccupations puisqu'il vous subventionne pour créer votre entreprise etc.

Non, en fait, ce que vous ne dîtes pas, c'est que ces "jeunes" n'appartiennent pas aux générations qui ont précédé et ne viennent pas tous de kabylie. Ceux-là, en plus de n'avoir rien à cirer de l'école et de ce qu'elle pourrait leur apporter en terme de bagage pouvant s'avérer utile dans le cadre de leur émigration, eh bien c'est la génération Facebook, MAK, Allaoua... une génération faite pour manger et ch... .

Les quelques zombies ayant réussi à gagner fafa en profitent rarement pour visiter les bibliothèques, reprendre des études universitaires... Non, ça veut consommer tout et tout de suite. ça commence par s'informer sur les relais sociaux et leur ramification, les "bonnes" boîtes de nuit, les meilleurs marchés de véhicules d'occasion. ça ne sait pas ce qu'est "un bon bordelais", ça confond « suaf votre respect » et « n.. ta race ». ça a se fait prévaloir de Licence (s) et de Master (s), mais ça préfère travailler comme vigiles dans des boîtes de sécurité quand ça se décide à travailler pour une fois.

Les victimes, s’il y en a bien dans cette histoire maintes fois ressassée, ce ne sont pas « vos jeunes » désoeuvrés ; ce sont ces médecins, ces journalistes, ces universitaires, ces montagnards … REELLEMENT CONTRAINTS à l’exil par la pauvreté, la barbarie islamiste, la bureaucratie âne-j’ai-rienne (de Boumédienne et de Chadli), le pétrole à 19 dollars et les caisses vides (de Chadli), les menaces de Zeroual, Ouyahia, Toufik and co. « Vos » jeunes n’ont rien de victimes ; ils veulent émigrer pour faire « genre », pour éventuellement épater la galerie avec des Audi et des BMW. Ils veulent émigrer pour « goûter » à thiromyine...

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khelaf hellal

Au lieu de pénaliser la Harga, ils feraient mieux de voir où réside le problème et chercher les solutions idoines. mais diriez -vous les hommes au pouvoir , censés s'en inquiéter, ont pour la plupart un pied en Algérie un autre à l'Etranger et leur progéniture a déjà filé sous l'œil complice et le soutien de leurs paternels. Le mal est si profond et les tenants du pouvoir ne veulent rien y voir.