"Pièges thymiques", l'intrigue à tiroirs d'Azeddine Idjeri

La couverture de l'ouvrage.
La couverture de l'ouvrage.

Azeddine Idjeri a publié son premier roman intitulé "Pièges thymiques", auto-édité depuis juillet 2016 chez The Book Edition. Ce livre est un récit psychologique traitant des liens fragiles, instables et jamais immuables entre les êtres humains, ces entités sociales dont les rapports sont régis par d’infinies quantités de jugements.

L’intrigue que l’auteur nous livre ici est scindée en trois phases bien distinctes, mais reliées les unes aux autres… Dès entame du récit, que l’auteur préfère résumer par la notion de l’évitement dans la déviance, est décrite l’idée obsessionnelle qui peuple l’esprit du personnage principal, un jeune homme taiseux et souvent d’humeur taciturne, et qui se refuse à toute forme de coexistence. Solitaire dans l’âme, son penchant immodéré pour l’isolement, pour l’abstraction et le délaissement aussi, est né d’une recherche constante et inlassable d’une paix intérieure, qu’il ne parvient à obtenir qu’au prix de ses moments de déréliction. Ainsi, il ne doit avoir pour compagnie que sa propre présence. Le monde extérieur est celui de la survivance. Ses regards, ses jugements aussi, l’entraînent dans un rapport de conflictualité qu’il déteste tant. À la moindre confusion, tout le désenveloppe. Immanquablement, il finit toujours par ne plus savoir quelle contenance prendre. L’équation est donc simple à résoudre : le monde intérieur, la solitude, le rappellent à une quiétude absolue, ou cette indifférence émotionnelle qui se définit par l’idée qui consiste à s’affranchir de toute émotion, de toute passion. Dans d’autres termes, exister pour vivre sans troubles de l’âme.

Sauf que dans l’itération, la hantise de son entourage immédiat (pourtant habilement mis à l’écart), fait qu’on ne cesse de lui réclamer un comportement socialement approuvable et acceptable. Le jeune homme, persuadé que l’affection est dans la société mais jamais en lui, s’est rendu dans un cabinet de psychiatrie. Il y subit trois séries de tests et examens psychologiques. Conformément à ses attentes, le diagnostic confirme les certitudes : son silence, sa solitude, aucun trouble d’ordre psychique ne peut les expliquer. La preuve de son intégrité psychique entre les mains, rien ne pouvait lui dénier le droit de vivre comme il le souhaite. Cependant, un détail chamboule tout. Avant de quitter la clinique psychiatrique, une assistante médicale vient lui confier un pli. Il est le destinataire, le psychiatre en est l’expéditeur. Il se voit confier une tâche et pas des moindres : feuillets à lire, avec une conclusion à rendre le plus tôt possible à ce même psychiatre.

Au moment même où il entreprend d’ouvrir le pli, son monde bascule dans l’inattendu. Il se voit sous la contrainte de lire des lettres rédigées des mains d’une fille fugueuse et qui confesse à son père sa volonté d’attenter à sa vie. Le père n’est nul autre personnage que celui du psychiatre.

Ce même psychiatre n’a-t-il pas pour seul dessein celui d’amener le jeune homme à comprendre que des suicides, ils en existent plusieurs ? Son patient absorbé par sa solitude n’est-il pas en train de se donner une mort sociale ? À mesure qu’il découvre les confidences de la fille suicidaire à travers ces lettres, un mécanisme de substitution commence à s’opérer chez le jeune homme. Dans son cœur, le siège de ses sentiments, il finit par se prendre d’affection pour l’inconnue. Dans son esprit, le siège de ses pensées, les éléments de la discorde se suivent et se succèdent. Sa raison d’exister devient tout autre chose : aller sur les traces de cette fille, la retrouver et payer en guise de dote, sa solitude, pour lui offrir comme refuge, sa propre et nouvelle vie.

Cet amour est impossible. L’inconnue n’a peut-être jamais existé. Le jeune homme est pris dans le piège de la fatalité. Dans son interprétation de sa perception des aspects les plus corrélatifs à ceux les plus complexes de la représentation que lui offrait sa propre destinée, la notion d'avoir peur de l'abandon commence alors à prendre une acception toute autre dans son subconscient. Un conflit nouveau naît et fait que son penchant inusable pour la solitude et cette peur nouvelle sont venus jusqu’à s'entre-heurter et s'entrechoquer pour que, face à son âme tourmentée, le spectre de la démence vienne s'agiter et menacer d'enténébrer ses horizons.

A-t-il été victime de sa société, des assertions du psychiatre, de son amour imaginaire ? Ou bien, la victime et le bourreau ne sont-ils pas ce que ce jeune homme incarne en même temps ? Tant de questions auxquelles chaque lecteur peut apporter sa propre réponse.

Kamel Tarwih

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Commentaires (2) | Réagir ?

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Hend Uqaci Ivarwaqène

Bounichète!

Bienviendé parmi-nous a Kamel !

J’allais dire : cela mérite kamim un bizutage ! Mais cette critique dont la hauteur de la volée m’a fait tomber ma chéchia m’a perturbé. Et pour cause, on est pris pr un désir irrépressible, mais inavouable, dès le titre : une intrigue pas comme les autres qui sont toutes à portes coulissantes comme mon placard à casseroles. Celle-là elle est à tiroirs. Alors je dirais plutôt à propos de cette intrigue intrigante. Dont seul Notre Kamel a su tirer la quintessence : avec ces deux mots que je n’ose pas prononçais pour éviter tout lap-suce malencontreux : thymique et déréliction. Et pour ne pas me vanter, aussi ih

Mais quelle critique, ya Boureb! Comment en effet rester indifférent après avoir lu cette ode à la littérature dont Ahadou Aydhane Ahadou serait bien inspiré s’il voulait en prendre de la graine pour monter au minbar, comme vous.

Kantamwa je ne saurais accepter de continuer à avoir l’air … non pas que l’air, à Sidi ! Je ne saurais continuer à Être idiot faute de l’avoir lu.

Kiskijidisi avant de m’interrompre tout seul ?

Ah ! Comment se priver de la lecture d’une intrigue si mystérieuse où le narrateur : » Solitaire dans l’âme, son penchant immodéré pour l’isolement » pousse son auteur à l’incarnation de son personnage en le poussant jusqu’ à l’autoédition.

Et comment ne pas être subjugué par un personnage dont le cœur, est le siège de ses sentiments, et l’esprit, le siège de ses pensées ? Alors que moi, misérable inculte c’est avec mes pieds que je pense, kantau « siège » de mes sentiments la pudeur m’interdit de vous le situer. Dija que le mot « siège » prête à confusion.

Donc ya Ahadou, c’est l’histoire d’un mec qui est tellement obnubilé par la solitude qu’il a choisi de s’isoler pour ne pas avoir à souffrir d’être abandonné. Il rencontre un psychiatre sadique qui n’a rien trouvé de mieux comme thérapie que de lui faire vivre sa phobie. Je suppose que ce psy est un fervent partisan des électrochocs, et de l’internement psychia non psychique, poussé à son paroxysme ? Autrement aurait-il enfermé son patient dans un état paroxystique, en le laissant s’empêtré « Dans son interprétation de sa perception des aspects les plus corrélatifs à ceux les plus complexes de la représentation » ?

Mwa, ma réponse est plutôt une réponse de normand, quoi que parigot !

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Hend Uqaci Ivarwaqène

Bienviendé parmi-nous a Kamel !

J’allais dire cela mérite kamim un bizutage ! Mais cette critique dont la hauteur de la volée m’a fait tomber ma chéchia m’a perturbé. Et pour cause, on est pris dès le titre : une intrigue pas comme les autres qui sont toutes à portes coulissantes comme mon placard à casseroles. Celle-là elle est à tiroirs. Alors je dirais plutôt à propos de cette intrigue intrigante:

Mais quelle critique, ya Boureb! Comment en effet rester indifférent après avoir lu cette ode à la littérature dont Ahadou Aydhane Ahadou serait bien inspiré s’il voulait en prendre de la graine.

Kantmwa je ne saurais accepter de continuer à avoir l’air … non pas que l’air, a Sidi ! Je ne saurais continuer à Être idiot faute de l’avoir lu.

Kiskijidisi avant de m’interrompre tout seul ?

Ah ! Comment se priver de la lecture d’une intrigue si mystérieuse où le narrateur : » Solitaire dans l’âme, son penchant immodéré pour l’isolement » pousse son auteur à l’incarnation de son personnage en le poussant jusqu’ à l’auto-édition.

Et comment ne pas être subjugué par un personnage dont le cœur, est le siège de ses sentiments, et l’ esprit, le siège de ses pensées ? Alors que moi, misérable inculte c’est avec mes pieds que je pense, kanta mes sentiments la pudeur m’interdit de vous la situer.

Donc ya Ahadou, c’est l’histoire d’un mec qui est tellement obnubulé par la solitude qu’il a choisi de s’isoler pour ne pas avoir à souffrir d’être abandonné. Il rencontre un psychiatre sadique qui n’a rien trouvé de mieux comme thérapie que de lui faire vivre sa phobie. Je suppose que ce psy est un fervent partisan des électrochocs, et de l’internement psychia… non psychique poussé à son paroxysme ?. Autrement aurait-il poussé son patient enfermé son patient dans un état paroxystique, en le laissant s’empêtré « Dans son interprétation de sa perception des aspects les plus corrélatifs à ceux les plus complexes de la représentation » ?

Mwa, ma réponse est plutôt une réponse de normand, quoi que parigot !