Cédéao: le Maroc franchit une première étape vers son adhésion

Cédéao: le Maroc franchit une première étape vers son adhésion

Le royaume chérifien pourrait sceller son adhésion lors du prochain sommet de l’organisation en décembre prochain à Lomé.

Une étape de franchie. Ce dimanche 4 juin, une dépêche relayée par l’agence de presse MAP, indique que la Cédéao a donné "son accord de principe à la demande d’adhésion" à cette organisation. Un accord justifié par "les liens forts et multidimensionnels" entre le royaume et le groupement régional indique la même source. La Cédéao a également invité le roi Mohammed VI à participer à la prochaine session ordinaire de l’organisation qui se tiendra au mois de décembre dans la capitale togolaise, Lomé.

Dispositif mis en place

Pour une source diplomatique marocaine contactée par Telquel.ma, cet accord parachève "le travail effectué par le roi Mohammed VI". "Sur les 52 visites qui ont été effectuées en Afrique, 26 l'ont été en Afrique de l'Ouest. 65% des investissements extérieurs du Maroc se sont faits en Afrique de l'Ouest, et près des 2/3 des étudiants étrangers boursiers au Maroc sont originaires de cette région", rappelle ce diplomate.

Cet accord de principe témoigne également du fait qu’"après l’adhésion à l’Union africaine, le dispositif de la politique africaine royale se met en place". Une politique où "le bilatéral prend une autre dimension dans des aires géographiques nouvelles et où la construction institutionnelle se met en place", indique notre interlocuteur. "C'est un dispositif patiemment élaboré par le souverain et qui aujourd'hui prend forme" commente notre source.

Pas de "fatalisme géographique"

Cet accord permettra également au Maroc d'accélérer le développement de ses relations avec les pays de l’organisation. "Nous avons développé des relations bilatérales depuis des années sur la base de liens religieux, économiques, géographiques… tout sera amplifié par l'adhésion à la Cédéao. C'est un tournant stratégique", affirme notre source.

L’accord entre le Maroc et la Cédéao montre également que le Maroc "ne croit pas au fatalisme géographique" et n’est pas "condamné à rester dans un espace qui ne fonctionne pas". Pour ce diplomate, "le Maroc ne va pas attendre un sursaut du Maghreb et va chercher à nouer des partenariats. Sa majesté le roi a dit dans son discours devant l'UA que la CEDEAO était un modèle et le Maroc va donc vers ce modèle".

Comme preuve de l’efficacité de la stratégie diplomatique du royaume, notre source mentionne "le Nigéria, auquel le souverain a accordé une attention particulière". Selon notre interlocuteur ce pays "était à la tête de ceux qui ont soutenu le Maroc pour l'adhésion à la CEDEAO. Alors qu’il reconnait la RASD, il a fait de l’activisme en faveur du Maroc".

Adhésion en trois temps

Les chefs d’État de l’organisation ont également instruit la commission de la Cédéao "d’examiner les implications d’une telle adhésion conformément aux dispositions du traité révisé de la Cédéao et de soumettre les résultats à sa prochaine session".

Cette instruction est la deuxième phase du processus d’adhésion du Maroc qui se fait "en trois temps" selon notre source. La première phase, "la phase politique" vient de s’achever suite à cet accord de principe. La deuxième phase, celle de "l’adaptation juridique", sera suivie "des discussions techniques" avec lesquelles s’achèvera la demande d’adhésion marocaine.

Faure Gnassingbé président de la CEDEAO

Lors de leur rencontre, les chefs d’État de la Cedeao ont également désigné le nouveau président de l’organisation. C’est le président togolais Faure Gnassinbé qui a été désigné pour cette fonction. Le chef d’État togolais succède à la présidente libérienne Ellen Johnson.

Le sommet de Monrovia a également été marqué par la signature d’un partenariat entre Israël et l’organisation ouest-africaine. Le premier ministre israélien Benyamin Nethanyahou, dont la présence au sommet a été contestée, a prononcé un discours dans lequel il a vanté les mérites de l’expertise israélienne dans les domaines de "l’énergie, de l’agriculture, de la santé publique, de la gestion de l’eau[et ] de la sécurité". Le chef de l’Exécutif israélien a également annoncé la création de deux missions commerciales, une en Afrique de l’Est et une en Afrique de l’Ouest.

Il a ensuite rencontré 10 chefs d’État africains parmi lesquels Alassane Ouattara et Macky Sall. Lors de leur rencontre, le premier ministre israélien et le président sénégalais ont mis fin à la crise diplomatique entre leur deux pays déclenchée par le vote du Sénégal en faveur d’une résolution de l’ONU condamnant la colonisation de la Cisjordanie par l’État hébreu.

Saâd Lounès

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