L'Arabie saoudite et l'Egypte rompent leurs relations avec le Qatar

Le Conseil de coopération du Golfe en passe de voler en éclats.
Le Conseil de coopération du Golfe en passe de voler en éclats.

Séisme au Moyen-Orient. Ryad, Le Caire, Abou Dhabi et Manama ont rompu lundi avec le Qatar, accusé de soutenir le "terrorisme", quinze jours après un voyage de Donald Trump qui avait exhorté les pays musulmans à se mobiliser contre l'extrémisme. Le Qatar, qui se targue de jouer un rôle régional et d'avoir été choisi pour organiser le Mondial-2022 de football, a également été exclu de la coalition militaire arabe qui combat des rebelles pro-iraniens au Yémen.

Déjà la compagnie aérienne Etihad des Emirats arabes unis a annoncé lundi la suspension de tous ses vols vers et en provenance du Qatar, peu après la décision d'Abou Dhabi de rompre ses relations diplomatiques avec Doha.

Clash diplomatique donc entre pays arabes ! Les lignes de fratures sont-elles en train de faire bouger les monarchies du Golfe ? Ce qui vient de se passer aujourd'hui est en tout cas inédit. En réponse à cette sortie, le Qatar a répliqué et a accusé lundi ses voisins du Golfe de chercher à le mettre sous tutelle et dénoncé comme "injustifiée" la rupture des relations diplomatiques annoncée par l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Bahreïn, ainsi que par l'Egypte. Ces mesures sont "injustifiées" et "sans fondement", a réagi le ministère des Affaires étrangères du Qatar dans un communiqué. Voilà qui isole ce émirat de poche coincé entre l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Bahrein.

Ces décisions ont été prises "en coordination avec l'Egypte" et ont un "objectif clair: placer l'Etat (du Qatar) sous tutelle, ce qui marque une violation de sa souveraineté" et est "totalement inacceptable", a-t-il ajouté. Exprimant "son profond regret et sa surprise", le ministère qatari a dénoncé "une campagne hostile, fondée sur des mensonges (...) témoignant d'une préméditation à nuire à l'Etat" du Qatar. "Certainement, nous encouragerions les parties à s'asseoir et à parler de ces divergences", a-t-il déclaré à Sydney. "Si nous avons un rôle à jouer pour les aider à affronter (leurs différends), nous pensons qu'il est important que le CCG (Conseil de coopération du Golfe) reste uni".

Il s'agit de la crise la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG: Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar). Trois de ces pays (Arabie, Emirats, Bahreïn), ainsi que l'Egypte, ont tour à tour annoncé lundi à l'aube la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar, qu'ils accusent de "soutien au terrorisme", y compris Al-Qaïda, le groupe Etat islamique (EI) et la confrérie des Frères musulmans.

L'agence officielle saoudienne SPA a annoncé que Ryad rompait ses relations diplomatiques et fermait ses frontières terrestres, aériennes et maritimes avec le Qatar pour "protéger sa sécurité nationale des dangers du terrorisme et de l'extrémisme". "L'Arabie saoudite a pris cette mesure décisive en raison des sérieux abus des autorités de Doha tout au long des dernières années (...) pour inciter à la désobéissance et nuire à sa souveraineté", a déclaré un responsable saoudien.

"Le Qatar accueille divers groupes terroristes pour déstabiliser la région, comme la confrérie des Frères musulmans, Daech (acronyme en arabe de l'EI) et Al-Qaïda", a-t-il accusé. Selon lui, Doha soutient aussi "les activités de groupes terroristes soutenus par l'Iran dans la province de Qatif (est)", où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien, ainsi qu'à Bahreïn, secoué depuis plusieurs années par des troubles animés par la majorité chiite de ce pays.

Doha dénonce une campagne

La coalition militaire arabe, intervenant depuis plus de deux ans au Yémen sous commandement saoudien, a aussi décidé d'exclure le Qatar de cette alliance. Dans un communiqué, la coalition indique que le Qatar soutient "le terrorisme", citant notamment Al-Qaïda et l'EI, bien implantés au Yémen, mais aussi les rebelles pro-iraniens Houthis.

Au Caire, l'Egypte a également annoncé la rupture de ses liens avec le Qatar. Le Caire a "décidé de mettre fin à ses relations diplomatiques avec l'Etat du Qatar qui insiste à adopter un comportement hostile vis-à-vis de l'Egypte", a indiqué le ministère des Affaires étrangères égyptien.

Le communiqué annonce aussi la fermeture des frontières "aériennes et maritimes" avec le Qatar. Bahreïn et les Emirats arabes unis ont aussi rompu tout rapport avec Doha. Les diplomates du Qatar ont 48 heures pour quitter leurs postes dans le Golfe.

Ces développements sont intervenus alors que les autorités qataries ont affirmé la semaine dernière avoir été victime de "hackers" ayant publié sur le site internet de l'agence de presse officielle QNA de faux propos attribués à l'émir cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani.

Ces propos controversés rompaient avec le consensus régional sur plusieurs sujets sensibles, notamment l'Iran, vu comme un allié stratégique alors qu'il vient d'être accusé par l'Arabie saoudite d'être "le fer de lance du terrorisme".

Ils contenaient aussi des commentaires négatifs sur les relations entre l'administration de Donald Trump et le Qatar, pourtant un proche allié des Etats-Unis.

La visite du président Trump à Ryad, son premier déplacement à l'étranger, avait été couronnée par la signature d'un accord sur "une vision stratégique" pour renforcer les relations économiques et de défense entre le royaume saoudien et les Etats-Unis.

Dans un discours le 21 mai à Ryad devant des dirigeants du monde musulman, M. Trump avait appelé à "chasser" les extrémistes et "les terroristes", en référence aux groupes jihadistes, auteurs d'attaques dans plusieurs pays. Il avait aussi demandé à la communauté internationale "d'isoler" l'Iran. Le Qatar s'est plaint d'être victime d'une campagne hostile, notamment aux Etats-Unis, concernant son soutien présumé aux groupes islamistes.

La dernière crise ouverte dans le Golfe remonte à 2014 lorsque trois pays du CCG (Arabie, Bahreïn et Emirats) avaient rappelé leur ambassadeur à Doha pour protester contre le soutien présumé du Qatar aux Frères musulmans.

Avec AFP

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Commentaires (8) | Réagir ?

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moh arwal

Espérons que les makhzenes algériens et marocains perdent le soutien de ces potentats financiers et qu ils s' auto-detruisent pour qu' enfin on puisse, nous amazighs, foutre en l'air leurs valets satellites en terre de jugurtha et eradiquer la race bougnoule de chez nous.

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Simply

C'est l’Arabie saoudite tayhoudite, le Qatar et les EAU tous ensemble, qui financent le terrorisme créé par les USA, Israël, la GB avec les complicités de la France, la Turquie... . Les pays du golf et l'Egypte veulent isoler le Qatar, vraiment ?. Mais de qui se moque-t-on ? A quoi ils jouent ? C'est pour tromper qui, font-ils tout ce cirque à la CON ? Et comme par hasard, ce cirque a commencé juste après la visite de Trump en Arabie saoudite. C'est vraiment très curieux !!!!!

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