Le Makhzen souffle le chaud et le froid sur la protestation du Rif

Malgré les arrestations, les intimidations, la contestation se poursuit au Rif.
Malgré les arrestations, les intimidations, la contestation se poursuit au Rif.

Toute la journée d‘hier jeudi des relais proches du palais royal ont communiqué sur les arrestations.

Ainsi, selon leurs informations distillées, "faute de preuves", le Parquet de Taghzut (Al Hoceima) aurait libéré 15 personnes sur 40 personnes arrêtées. 25 personnes resteraient détenues dans les prisons du régime. De leur côté, les militants d’Amussu-Hirak du Rif contestent ce chiffre et parlent de près de 80 arrestations et enlèvements au niveau du Rif. Dont 31 détenus transférés à Casablanca. Leurs noms ont été rendus publics. Vingt-deux ont été arrêtés le 28 mai (Mohamed Djelloul, Ouassim El Boustati, Achref El Yakhloufi, Mahmoud Bouhenouche, Zakaria Adahchour, Ibrahim Bouziane, Hocine El Idrissi, Mohamed El Medjaoui, Ilyas El Hahi, Rachid El Mouaci, Billal ihbadh, Slimane El Kahli, Abdelkhir El Yesnari, Athmane Bouziane, Djamal Bouhoudou, Lah Lechlhem, Omar Bouhras, Samir Ighidh, Fouad Essaidi, Fadhel Mohamed, Billal El Yahiyaoui, Abdelhak Sadek), sept autres interpelés le 29 mai (Nasser zefzafi, Ghettas Fahim, Haki Mohamed, Ahmed Hezat, Rachid Aamrouche, Rabi' El Ablak, Nouri Ichibar) et enfin deux autres arrêtés le 31 mai (Youcef El Hamoudi et Lehbib El Hanoudi). Les chiffres avancés par les deux parties sont nettement divergents.

Un black-out total est observé au sujet de ces détenus transférés à Casablanca. Pourtant, des vidéos très intimidantes avaient été fuitées pour montrer comment ils ont été traités. Un traitement digne de celui que les polices sont censées réserver aux terroristes ou aux chefs des mafias. A Taghzut (Al Hoceima), Ayman Fikri, l’un des des meneurs du Hirak gravement malade et qui doit, de ce fait, suivre de lourds soins, est poursuivi en "état de liberté". Six autres militants ont bénéficié de cette mesure et sont aussi poursuivis en état de "liberté provisoire". Par ailleurs, un jeune prévenu est de son côté déféré devant un juge des mineurs. Ainsi, a-t-on pu apprendre que les détenus d’Amussu-Hirak, du moins ceux qui n’ont pas été transféré à Casablanca, sont poursuivis sous diverses accusations : "violences à l’encontre des forces de l’ordre", "troubles", "destruction de biens publics et privés", ainsi qu’"incitation à la haine".

Par ailleurs ces sources proches des autorités ont distillé des informations pour mettre en cause les informations diffusées par Nawal Ben Aissa. Ces sources tentent de discréditer la militante. Pour rappel, cette figure de proue d’Amussu-Hirak du Rif, avait alerté sur le fait que tout le monde sache qu’elle réside à Taghzut, des policiers s’étaient présentés dans son village natal, chez ses parents, pour demander après elle. Ses parents paniqués, l’ont averti à la première heure de la journée. Elle a donc décidé de se présenter à la police pour répondre de ce qui peut lui être reproché. Ces sources proches de la police accusent Nawal Ben Aissa de "fabulations". Etonnant de voir que la police n’engage pas de poursuites contre elle pour une telle atteinte à son image. En début de soirée, alors que de très nombreuses forces de police étaient amassées dans les rues et carrefours de la ville d’Al Hoceima, des manifestants se sont rassemblés pour exiger la libération des détenus et la satisfaction des revendications. Plusieurs live sur les réseaux sociaux ont rendu compte du déroulement de ces nombreux rassemblements : Taghzut, Nador, Agadir,…

Malgré la répression et les provocations, en début de soirée des "baltaguiya", des ‘ayacha comme ils sont désignés au Maroc, ont perturbé un début de rassemblement à El Jadida, la mobilisation populaire au Rif continue et semble même se renforcer.

Mohand Bakir

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