La contagion révolutionnaire du Rif gagne plusieurs régions du Maroc

Le mouvement Hirak ne faiblit pas malgré l'arrestation de certaines de ses têtes.
Le mouvement Hirak ne faiblit pas malgré l'arrestation de certaines de ses têtes.

Sixième jour de manifestation à Al Hoceïma au Maroc où plus d'un millier de personnes s'est réuni, mercredi 31 mai, pour réclamer la libération de la quarantaine de personnes arrêtées dans le mouvement de protestation qui secoue la capitale du Rif depuis près d'une semaine.

Le rassemblement s'est déroulé sans accrochage avec les forces de l'ordre. Baptisé Hirak, ce mouvement qui secoue le nord du pays depuis la fin de l'année dernière a débuté à la suite du décès de Mohsine Fikri qui essayait de récupérer une partie de sa marchandise de poisson que la police a jetée dans une benne. Ce poissonnier ambulant y a laissé sa vie, broyé dans une benne à ordure à Al Hoceïma. D'autres revendications se sont greffées à la revendication d'une enquête impartiale pour illucider la mort de Mohsine Fikri. Il faut relever que la population rifaine est condamnée à la marginalisation, le retard, la pauvreté, le chômage, la discrimination et l'injustice sociale depuis des décennies. Le Makhzen a abandonnéé la région à son sort.

"C'est un combat à mener toute notre vie"

Cependant ce mouvement connaît un nouvel élan depuis le début du mois de ramadan. Des protestataires qui n'entendent pas renoncer à descendre dans la rue.

Selon Saad, étudiant en langue anglaise, la mobilisation n'est pas prête de s'arrêter. "D'après ce que nous avons vu depuis le début du mois de ramadan, je pense que les gens vont continuer à protester aussi énergiquement qu'ils le font maintenant, parce que le premier jour il n'y avait pas autant de monde, ça augmente chaque jour", estime-t-il, avant d'ajouter "les protestations ne vont pas s'arrêter à moins qu'ils acceptent nos demandes".

La détermination des protestataires semble inébranlable, comme l'indique ce quadragénaire, agent de la fonction publique à Al Hoceïma. "On va sortir tous les soirs, jusqu'à la libération des détenus politiques. On va rester indéfiniment, toute notre vie, jusqu'à la libération de nos détenus politiques, parce que c'est un combat légal, c'est un combat social, c'est un combat à mener toute notre vie", décrit-il.

Les femmes visibles dans le mouvement

Devant plusieurs milliers de personnes, Nawal Benaissa harangue la foule. Cette mère au foyer de 36 ans fait partie des militants de la première heure. Elle devient aujourd’hui le visage féminin de la contestation.

"La participation des femmes dans le mouvement a toujours été omniprésente, mais après les arrestations des activistes commises par l’Etat, les femmes ont vaincu leur peur, car elles n’avaient plus d’autre choix que de sortir dans la rue pour soutenir leurs enfants, leur mari, leur père pour réclamer leur libération. Les femmes ont vu que leur présence était importante et elles sortiront jusqu’à ce qu’on libère nos détenus et jusqu’à ce qu’on réponde à nos revendications", plaide-t-elle.

Les femmes du Rif sont autant concernées que les hommes par les problèmes de la ville selon Zakia qui estime que "chaque femme a des enfants chômeurs à la maison". Dans la région, la société est réputée conservatrice. Pourtant cette infirmière assure que les temps ont changé. "Maintenant les femmes travaillent ! Depuis 7 mois on sort toutes, même les vieilles, les femmes, les enfants, tous !", s'exclame-t-elle. Le rendez-vous est donc donné une nouvelle fois ce jeudi pour un nouveau rassemblement après la rupture du jeûne du ramadan.

Les réseaux sociaux jouent un rôle important dans la contestation

Le rôle et l'influence de ces réseaux dépassent largement le rôle des médias classiques. L'existence de ces médias permet au Hirak d'exister, de continuer et de s'élargir. Le mouvement de contestation doit beaucoup de sa réussite à la force de frappe des réseaux sociaux. D'ailleurs on ne compte plus le nombre de Facebook live, de vidéos Youtube ou d'images des manifestations quotidiennes qui sont diffusées en direct.

Aussitôt diffusées, ces images sont reprises et partagées des centaines de fois par une population de jeunes activistes fortement mobilisés. Ces activistes sont surtout conscients que la bataille qu'ils mènent contre la corruption et pour la dignité se gagne d'abord sur ce terrain, car ce moyen populaire de communication relaie très vite les décisions des comités formés dans chaque ville et village du Rif. Les nouvelles technologies ont relégué les médias classiques, et surtout la télé à un rôle secondaire dans la bataille de l'information.

Si les révoltes dans les pays arabes ont été baptisées "les révolutions Facebook", il en est de même aujourd'hui pour le Hirak du Rif. Pour l'instant, il n'y a pas encore de réelle coordination entre les comités, qui disent ne pas avoir d'autre but que la lutte contre la corruption. Si la spontanéité du mouvement fait sa force pour le moment, son absence de structure la rend aussi vulnérable a de possibles récupérations.

Avec RFI

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Commentaires (10) | Réagir ?

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messaoud ayoune

Ne rigolons pas du malheur et des douleurs des autres; Il serait plus intelligent d'essayer de "comprendre" ce qui motive la protestation du Rif marocain. Il serait sage de ne pas souhaiter malheur à nos frères marocains, n'en déplaise aux dirigeants des 2 bords.

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moh arwal

Personne n'a souhaité le malheur des marocains au contraire, tout le monde sur ce forum, plaide pour le soutien des Amazighs Rifains et du peuple marocain en général. Tu n as pas l air de les soutenir toi don c est bien toi qui rit du malheur du peuple marocain et des

RIFAINS EN PARTICULIER QUE LE MKHZEN DONT TU ES CERTAINEMENT UN ARDENT SOUTIEN A OPPRIMé ET LAISSE POUR COMPTE DAN SUNE MISERE NOIRE PENDANT DES DECENNIES

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oziris dzeus

les berbères subiront le sort des amérindiens, ils disparaitront par leur propres bêtises et ceux qui les manipulent, s'ils sont vraiment intelligents, ils feraient mieux de rester en vie comme le font les autres n'est ce pas,

ceux qui poussent les berbères à la mort et à la clochardisation devraient avoir honte,

il est clair que quand un pouvoir n' arrive pas à maintenir son homogénéité et hégémonie il joue la carte berbère, et ce dans toute l'afrique du nord,

les berbères ne sont pas des moutons qu'on égorgent pour que les autres fasse la fête,

l’existence des berbères pose problème pour les autres et c'est pour ça qu'on les manipulent afin qu'ils disparaissent

les berbères vivent partout dans le monde en harmonie avec leur culture et leur identité et ça personne ne va le changer,

ceux qui contribuent à la disparition de la culture berbère ce sont ceux qui veulent des choses insensés,

tout le monde sait maintenant que la chaine d'état en berbère est le meilleur moyen de tuer la culture berbère, et elle le fait bien, et ce qui ont demandé à au pouvoir en place cette chaine entre entre en sont les responsables, comme l'enseignement du berbère et son officialisation donc sa banalisation, depuis la gréve du cartable et ce slogan "le berbère à l'école", , la culture berbére perd du terrain, et ce à cause de ceux qui disent comprendre, tout

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