Bologhine en ''Tête de Turc'' et… Massinissa en qamis ?

Bologhine At Ziri
Bologhine At Ziri

Tout visiteur de La Casbah d'Alger découvrira sur les hauteurs, avant le palais du Dey, la statue de Bologhine, fondateur en 960 de la ville d'Alger, de Médéa et Miliana. L'érection de cette statue depuis quelques années est une entreprise louable pour nous réapproprier l'histoire de notre pays.

Cependant, cette statue ne représente pas un Algérien de l'époque mais un dignitaire Turc, de la coiffe à l'habillement et au sabre !

Bologhine a fondé Alger en 960. Les Turcs ont colonisé l'Algérie dès 1514, suite à l'assassinat du sultan Salim Outemmi par Aroudj (Barberousse). Il y a donc près de 6 siècles d'écart entre Bologhine et les Turcs !

Que vient donc faire cet accoutrement à la turque de la statue de Bologhine ?

Cette anomalie est connue dit-on, mais on est en droit de se poser des questions sur les responsabilités et les concepteurs de cette statue.

S'agit-il d'une initiative en cercle fermé, sans consultation des historiens algériens, et dont la réalisation aurait été confiée, de gré à gré, à une entreprise étrangère (Italie, …).

S'agit-il d'une action réfléchie, pour brouiller les repères historiques, pour insérer l'histoire de l'Algérie indépendante en 960, et la mettre dans la période de colonisation turque qui dura un peu plus de trois siècles, pour la prolonger ainsi à 9 siècles !

L'hypothèse n'est pas absurde, car il y a en aujourd'hui en Algérie des personnes qui défendent la colonisation turque, inventant ainsi le concept de ''la bonne colonisation'' par … ''nos frères en religion'' !

37 députés viennent d'être élus pour la wilaya d'Alger lors de la dernière consultation des législatives. Se trouverait-il au moins un sur les 37 qui prendrait de son temps pour aller voir cette statue et alerter l'administration concernée et faire corriger cette anomalie ? Souhaitons-le.

Pourtant la façon de faire est connue et pratiquée partout dans la monde : l'ouverture d'un concours national pour tous les sculpteurs et consultation de tous les historiens de la période historique concernée. C'est semble-t-il la voie suivie actuellement pour la réalisation* de la statue de Masensen (Massinissa) sur la place Tafourah à Alger.

Gageons que cette fois-ci nous n'aurons pas la surprise de voir la statue d'un Massinissa en qamis saoudien !

A. U. Lamara

* Initiative du HCA (Haut Commissariat à l'Amazighité) et de la wilaya d'Alger.

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Commentaires (1) | Réagir ?

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Hend Uqaci Ivarwaqène

Fi 3ahd 3ibadatou el asnam, la statue de Massinissa, en Apollon, thiwethmin-is en l’air, c’eut été plus bandant, j’allais dire.

Qui se souvient de la chanson de Slimani « mini jupe a Fatima » ? Ceux qui s’en souviennent aujourd’hui pensaient-ils en ces temps-là que viendrait un jour où Fatima serait bachée de la tête aux pieds sans que cela n’inspirasse aucun aède ni qui que ce soit ?

La dernière fois que je suis passé à Yakourène, sur la route nous nous sommes arrêtés avec thadjadarmith enni, chez les vendeurs de poteries, une vraie intégriste ya Boureb, et ma fille qui portait un tee-shirt sans manches légèrement décolleté : un kabichou barbu eut cette réflexion : « ussantanaghd gharda tsi3eryanine » en arabe : safidir on n’est pas au Cap d’Agd, ow!

Nighas ith djadarmith enni chah 3lakhatar khemini tineslemth thetzzaladh lama3na throuhemthed ar li kabichou ihartaniyène tsi3aryanine.

Nighak, a Mas La3mara, loukan ghas elhir youghal kane ar les statues, matchi del hir amoqrane. Athan eldjilbab ig li qamis fkène thawaghith I la kabylie. D’un autre coté lbira ig chrav y’en a à gogo aussi. Disons que les paysages kabichous sont d’un contrast exu…non exaltant.

Apri, nighas ith djadarmith enni: athakna a Madème ma ta id la Kabylie n. zikheni !