Les révélations du Monde sont "une affaire cousue de fil blanc", répond Ali Benouari

Ali Benouari
Ali Benouari

Dans une réponse rendue publique sur sa page facebook, Ali Benouari traite les révélations du quotidien Le Monde de "contre-vérités" et de "mensonges".

"N'en déplaise à ceux qui sont derrière cette manœuvre, cela ne marche pas comme ça", écrit Ali Benouari qui semble voir derrière les informations publiées par Le Monde une attaque savamment préparée contre lui. Il exige des preuves à cette attaque car il y voit "une volonté de nuire". Il glisse cette interrogation pour : "Quelle mouche a piqué ce journal, pour, à partir d'une information brute et sans signification particulière, affirmer que cette société aurait eu pour but de "servir de paravent à la cession, au profit de Khalifa Bank, des actions qu'il détenait dans le capital de la banque Société Générale Algérie (SGA)" et oser affirmer que "Ali Benouari ne voulait pas (par cette opération), que cela se sache".

L'ancien ministre du Budget tranche sans hésiter : "Contre-vérités et mensonges sont sciemment assemblés pour donner l'impression que le grand pourfendeur de la corruption que je suis n'est, au fond, pas très différent de ceux qu'il ne cesse de dénoncer. Tous pourris, en somme, semble être le message subliminal véhiculé par cette attaque inédite."

L'ancien candidat à la présidentielle qui affirme qu'il n'a jamais été contacté par Lyas Hellas, annonce qu'"à moins que des excuses publiques ne me soient présentées par ce journal, je déposerai une plainte pour diffamation à son encontre".

Résidant en Suisse, il annonce qu'il déclare "l'intégralité de mes revenus dans le pays où je paie mes impôts, c'est-à-dire la Suisse". Puis d'embrayer sur le pouvoir "une transparence qui fait défaut à nombre de dirigeants politiques algériens et hommes d'affaires du pays, qui ont été justement épinglés par les Panama papers".

Cela tombe sous le sens, Ali Benouari rappelle que "ceux-là sont condamnables, au regard de la morale et de la justice algérienne car ils n'ont pas le droit de détenir des devises à l'étranger (reglementation des changes). À ce délit de possession de biens à l'étranger, s'ajoute le délit de dissimulation de revenus et d'évasion fiscale (en vertu de la reglementation fiscale) (...) Trois délits en un, qui disent toute la gravité de la situation que je ne cesse de dénoncer depuis de nombreuses années".

Puis de s'interroger encore sur ce rapprochement avec des dirigeants algériens cités dans le cadre du scandale du "Panama papers" : "Est-ce pour cela qu'on a voulu associer mon nom aux Panama papers?"

"Mêler le vrai et le faux semble avoir inspiré ceux qui, derrière le journal Le Monde, cherchent à faire taire une voix qui n'a cessé de dénoncer la corruption depuis une certaine année 1991", observe Ali Benouari. "Pour l'avoir combattue (la corruption NDLR) de toutes mes forces, on m'a menacé de mort, cambriolé ma villa de Ministre puis chassé du Gouvernement. On m'a aussi conseillé, au moment de mon départ, de ne jamais évoquer les affaires de corruption dont j'ai eu à m'occuper, sous peine de connaître de sérieux ennuis", révèle-t-il.

Il ajoute que seul le chef du Gouvernement Ahmed Ghozali "n'avait jamais imposé de limites à mes investigations". Il explique que les mesures prises pour l'empêcher de se présenter à la présidentielle par son combat passé contre la corruption, ajoutant "les gardiens du temple n'ont pas oublié. Comme en témoignent mon élimination de la course a quelques semaines de l'élection, les nombreux obstacles dressés devant mon Parti, dont le Ministère refuse de recevoir le dossier d'agrément et les modifications apportées à la constitution (art.73 et 51)".

Aussi, il voit dans ces révélations une volonté de "noyer les scandales des responsables mis en cause par les Panama papers, on cite mon nom, dans une soit-disant révélation". Pour Ali Benouari, cet épisode est "un scénario quasi-rocambolesque, dont les sous-bassements politiques sont d'une évidente clarté".

Enfin, dans un message envoyé à ses partisans, Ali Benouari appelle à "la mobilisation générale". Il clame que finalement "la vérité finira par être sue de tous. Et cette affaire se retournera contre ses auteurs". Comme pour donner argument à son retour, il ajoute : "Peut-être que c'est une bonne chose. Ils m'ont remis en selle, au premier plan de l'actualité. Me permettant d'évoquer ma réforme monétaire et fiscale, les entraves à la création de mon parti, la modification de la Constitution pour m'empêcher d'accéder à la magistrature suprême". A quelque chose malheur est bon manifestement puisqu'"au fond jamais je n'aurais pu rebondir sur tous les thèmes sur lesquels j'avais fait campagne. Peut-être cela servira-t-il le moment venu, quand viendront de véritables élections libres".

Yacine K.

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Commentaires (4) | Réagir ?

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haroun hamel

Tout à fait d'accord avec les appréciations de simply, la technique est suffisamment connue, mélanger le vrai et le faux, le sale et le propre pour enfin salir tout le monde. Ce M que j'ai eu à connaitre durant le début des années 1990, lorsqu'il était dans le Gouvernement de M Ghozali est un vrai patriote sincère, qui a voulu s'attaquer, à un moment donné, à des dossiers très lourds. Il n'est pas resté longtemps à son poste. Le journal Le monded'aujourd'hui n'a en effet rien à voir avec celui créé par Hubert Beuve-Mery dans les années 1940.

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samir mderci

Le Monde n'est pour rien c'est un journal parmi des dizaines qui rapportent les informations des "panama- papers" et point final.

Son problème est ailleurs cet opportuniste malhonnete, des excuses publiques c'est lui qui risque de les présenter, ce n'est que le lent commencement des révélations, et puis Salim Khalifa est toujours en vie, alors qu'il lui demande son témoignage, mieux Société générale est toujours là, pourquoi n'a t elle pas réagit?

Vas y te faire voir ailleurs, qui est en réalité ce Ali Benouari?

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moh arwal

Le monde n'est pour rien ? tu plaisantes ou quoi?

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