Accidents de la route : l’urgence médico-chirurgicale en question

Quelle prise en charge des blessés des accidents de la route ? Telle est la question que tout un chacun se pose.
Quelle prise en charge des blessés des accidents de la route ? Telle est la question que tout un chacun se pose.

"Le diplôme est l’ennemi mortel de la culture" Paul Valéry

L’hécatombe routière continue de faire des ravages dans notre pays avec ses morts et ses blessés. L’immuable constat est là, mais têtu est la bêtise de la prise en charge des blessés et de leur évacuation. Combien sont-ils à être passé de vie à trépas durant leurs transports aux services des urgences des hôpitaux fautes de moult maladresses médico-chirurgicales : point d’intubation et de ventilation, point de voie périphérique, point de minerve et encore moins d’attelles pneumatiques placées in situ pour les grands blessés. Pour rappel même un capitaine de la protection civile en a fait les frais d’une telle négligence.

En un mot, les ambulances de la protection civile ne font que du ramassage. Disposant d’une pléiade de médecins-pompiers, diplômés, dont les connaissances cliniques sont à discuter dans le fond et la forme, bien installés dans des bureaux joliment décorés en lieu et place de leurs terrains de prédilection, ils ne font même pas l’effort de compléter la mise à jour de leurs connaissances pratiques. Mise à part une seule femme médecin-pompier, nous a-t-on susurré, une bonne clinicienne qui a eu le mérite d’apprendre l’art de l’intubation à l'hôpital de Médéa.

Grave ! Vraiment grave pour une institution censée sauver des vies que de telles forfaiture et incuries ternissent son image en dépit des moyens colossaux, des hélicoptères et du matériel rutilant neuf qu’elle exhibe à tout-va, et qui semble faire sienne le slogan : pile Wonder, ne s’use que si l’on s’en sert. À quoi bon disposer de tout cet éventail d’appareillages médicaux, de coquilles, de minerves, d’attelle pneumatique et ignorer la formation à leur usage d’un personnel hautement qualifié tant médical que paramédical comme cela se fait sous d’autres cieux pour mener à bien la mission qui est la leurs.

Et quel est donc ce mépris affiché à l’encontre des SAMU supposés être les premiers à être appelés pour toute urgence médico-chirurgicale, et qui, bizarrement, n’ont aucun contact de travail en commun avec les services de la protection civile. N’est-il pas temps de trouver une formule de partenariat et d’entre-aides pour une bien meilleure prestation de service par un numéro vert unique et un dispatch intelligent des moyens humains et matériels (la désincarcération pour les uns et les blessés pour les autres par exemple).

Le GRIMP26, avec la section Canine, basé à l’unité de Ouzera, devenue un centre de pèlerinage de formation, sont les seules satisfactions du moment, avec leurs manœuvres et leurs engouements à se surpasser et être toujours prêts à secourir. En dépit d’un manque criard de véhicules spécialement affectés au GRIMP26 pour explorer d’autres sites de la wilaya et s’y préparer si demain, un quelconque accident arrive.

En définitive, l’idée est lancée au colonel Lahbiri de former des paramédicaux spécialisés, ils seront l’épine dorsale de l’urgence médico-chirurgicale comme ils le sont dans les hôpitaux, affectés aux ambulances, armés de leurs savoir-faire, ils viendront épauler les médecins des terrains, ils limiteront à coup sûr les dégâts occasionnés par les évacuations à la hussarde. Tout comme, il y a lieu de penser à une nouvelle approche de secours publics et d’une politique de partenariat avec les SAMU, plus professionnels, implémentés à l’échelle nationale.

Vœu pieux, sera-t-il écouté ?

De Médéa, Brahim Ferhat

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