Voilà de quoi ont peur les gouvernants algériens

Le pouvoir craint les hooligans algériens.
Le pouvoir craint les hooligans algériens.

Les gouvernants algériens adorent faire peur, en agitant notamment le spectre du terrorisme et l’instabilité à nos frontières, mais en réalité la peur est dans leur camp.

Nos gouvernants n’ont pas peur du terrorisme, encore moins de l’instabilité à nos frontières, parce qu’ils disposent maintenant des hommes, du matériel et de l’expérience qu’il faut dans ce domaine. Les gouvernants algériens ont peur d’autres choses, et comme ils ne peuvent assumer, ils usent de subterfuges pour nous faire avaler la pilule.

A tout seigneur tout honneur, commençons par le sport-roi, le football en l’occurrence. Eh bien, nos gouvernants ont peur des matches qui drainent la grande foule. En effet, même celui qui n’a jamais joué au ballon vous dira qu’il n’y a pas mieux que le stade du 5-Juillet pour abriter les deux rencontres de la sélection nationale au mois de juin prochain. Les gouvernants algériens, eux, ont programmé les deux matches au stade Mustapha-Tchaker de Blida.

Dans un passé récent, nos gouvernants ont même étonné tout le monde footballistique en programmant la finale de la Ligue des champions d’Afrique dans le petit stade de Bologhine, alors que le temple du 5-Juillet était dans un état plus que parfait.

Les gouvernants algériens ont peur aussi, et surtout, des conférences-débats qu’ils interdisent régulièrement, surtout en Kabylie. La dernière en date n’est autre que celle que devait animer la romancière Tayda Hiba, ce samedi à Bouzguène.

Et ce n’est pas tout, malheureusement. Nos gouvernants ont peur également des marches, particulièrement à Alger. Pour l’anecdote, la place des Martyrs a été fermée pour travaux, alors qu’en réalité elle l’a été pour empêcher tout rassemblement sur ce lieu hautement symbolique. La preuve, les travaux s’éternisent.

Il y a aussi cette peur bleue des débats contradictoires et des sondages d’opinion. L’air pédant, des ministres viennent régulièrement à la télévision nous conseiller ce qu’il faut faire, et ce qu’il ne faut pas faire, mais n’ont pas le courage d’affronter un opposant dans un débat télévisé sur le sujet.

Madrés comme de vieux paysans, les gouvernants algériens ont subtilement banni les sondages d’opinion de la scène politique algérienne, parce qu’ils savent très bien que les résultats de ces sondages seront exactement le contraire de ce qu’il sortira des urnes bourrées. Ils sont comme ça nos gouvernants, ils ont peur, surtout des sondages et des grandes affiches du football algérien.

Ahcène Bettahar

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