Une énième rencontre littéraire interdite par les autorités à Bouzeguène (Tizi-Ouzou)

Hiba Tayda interdite de conférence par le chef de daïra au centre culturel Ferrat-Ramdane
Hiba Tayda interdite de conférence par le chef de daïra au centre culturel Ferrat-Ramdane

Le chef de daïra de Bouzeguène 30 km à l’est de Tizi-Ouzou) vient de récidiver en interdisant une autre café littéraire dans la même ville (wilaya de Tizi-Ouzou).

On étouffe bien la culture en Kabylie. Dans un communiqué rendu public, l'association culturelle Tiewinine annonce uqe le chef de daïra a opposé un refus à l'organisation d'une rencontre littéraire avec la romancière Hiba Tayda autour de son roman "Un Slow avec le destin". "Nous avons le regret de vous informer que la conférence prévue pour ce samedi 13 mai 2017 à 14h00, avec la romancière, Hiba Tayda, au centre culturel Ferrat-Ramdane de Bouzguène est annulée par le chef de daïra de Bouzeguène, et ce sans avoir donné de motifs", annonce l'association Tiewinine qui organise les rencontre littéraires dans cette ville proche d'Azazga.

"Nous, membres de l’association culturelle TIƐWININ de Bouzeguene, dénonçons avec force les agissements vils et méprisants du chef de daïra de Bouzeguène envers la culture et les hommes de culture", s'indigne cette association dans son communiqué.

Le chef de daïra de Bouzeguène est, en effet, un récidiviste en matière d'interdiction de rencontres littéraires. En mars dernier, il a interdit la conférence littéraire que devaient animer Kamel Daoud et Karim Akkouche. "Nous appelons les forces vives, la société civile ainsi que les associations à un rassemblement devant le centre culturel Ferrat Ramdane, le samedi 13 mai 2017, à 13h30 pour protester contre ces interdictions et dénoncer ces agissements arbitraires", proteste l'association dans son communiqué.

Puis de poursuivre : "Ils veulent d’un désert culturel et veulent assassiner la culture à Bouzeguene. Nous comptons sur les forces vives et progressistes (associations, artistes, simples citoyens, écrivains, éditeurs, fonctionnaires, commerçants …) à se joindre à nous pour que la culture triomphe."

Autre cible d'interdictions et de pressions des autorités, le Café littéraire de Bejaia a tenu à apporter toute sa solidarité à Tiewinine. "L’interdiction de la conférence (…) nous inquiète doublement au plus haut point. D’abord, cela exprime plus clairement la persistance du pouvoir à vouloir mettre un terme à la liberté d’expression et au débat d’idées qu’animent habituellement nos auteurs. (…) L’autre motif d’inquiétude et de colère réside dans l’absence de réaction du monde de la culture devant l’ampleur prise par cette série d’interdictions de conférences visant indifféremment de plus en plus d’associations, d’écrivains et d’organisations des droits humains", observe le Café littéraire de Bejaia.

Ce n'est pas la première fois que les autorités interdisent des rencontres littéraires en Kabylie. De nombreux auteurs, comme Rachid Oulebsir, Karim Akkouche, Hacène Hirèche, Younès Adli, Kamel Daoud, entre autres ont subit le diktat des autorités locales. Nous avons appris qu'une autre conférence que devait animer Belkacem Saïd Mlikchi sur "l'amazighité et l'islam" à Takerboust (wilaya de Bouira) a été également interdite aujourd'hui.

Consciemment ou pas, le chef de daïra de Bouzeguène joue au boutefeu. A quoi jouent les autorités locales en interdisant une activité littéraire ? Cherchent-elles à pousser à bout une jeunesse privée déjà de toute activité ? On ne peut pas parler de respect des libertés comme l'a proclamé, il y a quelques jours Ramtane Lamamra à Genève et interdire l'accès à la culture à Bouzeguène.

Yacine K.

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Commentaires (1) | Réagir ?

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Toufik KLOUL

Ce sont des chasseurs de lumière, des totalitaristes irrécupérables...

Honte à ceux qui empêchent la lumière du savoir de pénétrer les espaces publiques.

Ceux qui torpillent la culture ne sont que des obscurantistes au service de moins cons qu'eux. Bien évidement qu'ils ne justifient pas leur refus et pour cause : il est injustifiable.

Il doit être contraire à leur conception de la femme et de son rôle dans la société.

Ils ont oublié, juste oublié de vous dire haram la yadjouz !