EXCLUSIF. Le Caire double Messahel, Ryadh convoque Alger,...

Messahel-Lamamra, une diplomatie bicéphale dépassée par les enjuex internationaux
Messahel-Lamamra, une diplomatie bicéphale dépassée par les enjuex internationaux

Exclusif- Les différentes parties libyennes rivales signeront finalement un accord global de réconciliation le 15 mai au Caire pendant que le ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel, continue de s’agiter en organisant des rencontres folkloriques où les festins, organisés en Libye et à Alger, aux frais de l’Algérie, ont pris le dessus sur toute action diplomatique sérieuse. A preuve ? La chanteuse Lamia Maadini, recrutée pour l’occasion, parvient à couvrir de sa voix langoureuse les discussions sibyllines des hôtes et de leurs invités.

Ce revers personnel d'Abdelkader Messahel, que Le Matin d’Algérie a bien vu venir dans des articles précédents, coïncide avec une autre échéance qui confirme la mise à l’écart de l’Algérie de Bouteflika sur la scène internationale et notamment au sein de la Ligue arabe : il s’agit de la venue à Alger du Ministre des Affaires étrangères saoudien qui devrait arriver demain.

Sans hypocrisie bilatérale cette fois, l’envoyé spécial vient convoquer explicitement l’Algérie à une réunion de tous les pays arabes, qui se tiendra à Ryadh, pour accueillir la visite du nouveau président américain Donald Trump. Ainsi, l’Algérie du front du refus, la terre révolutionnaire d’Abane Ramdane et de Larbi Ben Mhidi, est désormais traitée de la sorte par une obscure monarchie pétrolière assurant des missions de vaguemestre et de logistique pour le compte des Etats-Unis.

On croit savoir que c’est le président de l’APN et un ministre bon arabophone qui feront le pied de grue à l’aéroport pour recevoir l’émissaire du roi d’Arabie saoudite, ce dernier pas mécontent de pouvoir humilier "l’arrogante Algérie de jadis".

D’aucuns s’interrogent sur le silence de Ramtane Lamamra, ministre d’Etat et ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération internationale manifestement dépassé par son coministre Abdelkader Messahel qui, faute de pouvoir imiter la méthode éprouvée de Lamamra dans le processus de paix au Mali, a réussi à disqualifier la diplomatie algérienne dans la médiation libyenne ; l’affaiblissant davantage dans le panier à crabes de la Ligue arabe.

Triste tableau d’un grand pays aux vocations de puissance régionale contrariées par le pouvoir personnel et à vie d’un autocrate impotent. Le peuple algérien qui a massivement boycotté la mascarade électorale du 4 mai dernier doit donc supporter les râles du régime de Bouteflika et son lot d’humiliations inacceptables.

Youcef Lemri

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Commentaires (1) | Réagir ?

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Aksil ilunisen

Les anneries d'une nation en perte de vitesse..........