Mais où sont les programmes des partis ?

Une campagne terne entachée de pratiques douteuses et par l'absence du président.
Une campagne terne entachée de pratiques douteuses et par l'absence du président.

Déprimante est cette campagne électorale! Déprimante et épuisante à la fois tellement il est impossible d'imaginer qu'un jour, il reviendrait aux partis politiques à convaincre les masses populaires plutôt d'aller voter que d'opter pour leurs programmes.

Et quels programmes pardi ? Du grand vide à perte de vue. En effet, un programme politique n'est pas un croquis ou un gadget de campagne qui se résume en des slogans pompeux à débiter avec des renforts de vivats mais un contenu, une logique, des objectifs à atteindre sur le court et le long terme, une stratégie, etc. C'est pourquoi quand un politique élabore son programme, il devrait normalement se poser des questions sur son sens et sa portée: Pour qui il est destiné? Pourquoi faire? Satisfera-t-il vraiment l’électorat? Comment peut-on le mettre en œuvre rapidement, et à moindre coût? Dans quelles circonstances, par quels moyens et pour quel intérêt? Malheureusement, ces considérations-là et bien d'autres encore semblent être balayées d'un coup des propos des candidats aux législatives du 04 mai prochain!

Loin d'emballer, la plupart des meetings sonnent creux dans une atmosphère générale des plus repoussantes. Celle-ci rappelle étrangement, d'ailleurs, le cas d'une majorité de pessimistes qui se plaignent tout le temps du vent et de bien d'autres optimistes qui, en les contredisant, espèrent qu'il change alors que «la lucidité» qui peut ajuster les voiles du navire de la nation est aux abonnés absents. Le problème, c'est que depuis plus d'une quinzaine d'années, toutes les campagnes électorales qui sont menées en Algérie se complaisent dans cette fade monotonie.

Ayant amorti les ressorts de la citoyenneté, elles n'ont fait qu'ancrer la culture du boycott dans les esprits. Mais l'erreur est à qui? Certainement aux partis politiques eux-mêmes qui ne savent pas innover leurs pratiques, recycler leurs discours, renouveler leurs stratégies de conquête, convaincre et galvaniser le public. Pour s'attirer la sympathie de ce dernier, il faut certes un discours de qualité mais aussi de la logique, la cohérence, la sincérité et "la raisonnabilité", si l'on peut la décrire ainsi, des promesses. Or, force est de constater que le niveau de performance lors de cette campagne est pitoyable.

La majorité des candidats n'ont pas pu se débarrasser des miasmes des petites cuisines populistes. Ils surfent trop, par exemple, sur l'idéologique et oublient l'économique. Mais que mangeront nos enfants demain ? De quoi leur avenir sera-t-il fait ? Leur léguera-t-on quelque chose à même de garantir leur "sécurité alimentaire" dans un monde des plus incertains ? Ou aura-t-on toujours recours à monsieur pétrole ? Et si celui-ci vient par hasard à s’épuiser, mangera-t-on des pierres comme l'a déjà prédit, le président Bouteflika lui-même, un jour lors de l'une de ses harangues ? Ou se rendra-t-on, les mains en l'air, au verdict du tonton F.M.I et de ses recettes néolibérales?En tous cas, cette campagne est l'occasion ou jamais de casser cette armure-là des secrets.

Autrement dit, dialoguer directement avec le peuple, aller au fond des choses et les affirmer clairement au moment où certaines "dérives autoritaires" se multiplient ça et là pour empêcher la parole libre et contradictoire dans la société.

Kamal Guerroua

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Commentaires (2) | Réagir ?

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Rabah IBN ABDELAZIZ

Si ATALA, les programmes politiques d'hommes et femmes politiques : C'est dans les pays démocratiques ?, dans le pays de mickey : c'est le programme de fakhamatouh la brouette, donc pour ses larbins et larbines en chaleurs ils ont un seul et même programme du grabataire locataire d'el mouradia ?.

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Atala Atlale

Bien évidemment j'aurais voulu que ceux qui ont la prétention de représenter le peuple, aient au moins un minimum de scrupule, je veux faire d'abord et avant tout un état des lieux de notre pays à tous les niveaux : politique, économique, social, culturel. Non ils ne le font pas car pour aller au fond des choses il faudra avoir le courage d'être franc et comme il n'est pas demandé aux différents responsables passés et futurs de présenter de bilan. En vérité ces gens sont alléchés par le salaire du député et du sénateur. Ils n'ont pas les valeurs d'un homme qui veut servir son pays et le faire avancer au niveau des nations émergentes leurs soucis c'est les affaires, l'argent, les comptes devises, les voyages et les relations. Le peuple ? un ghachi c'est tout !