Graves dérives de Noureddine Bouterfa

Noureddine Bouterfa, ministre de l'Energie.
Noureddine Bouterfa, ministre de l'Energie.

Tout porte à croire que le succès de la réunion de septembre dernier des membres de l’OPEP qui s’est tenue à Alger en marge du Forum international de l’Energie lui monte à la tête.

Cet accord arraché avec des sueurs au front de ce ministre lui-même n’ont fait dans les faits que plomber les prix dans une fourchette qui se situe entre 50 et 55 dollars le baril. Le prix moyen du panier de l’OPEP est resté confiné autour des 50 dollars le baril. Si l’objectif qu’il lui a été fixé, celui de maintenir le prix coûte que coûte autour de celui retenu pour évaluer le budget 2017, on ne peut pas le qualifier d’événement heureux eu égard de ce qui a été espéré : remonter les prix du baril au-delà des 60 dollars.

Mais là n’est pas la question. Lors de sa visite à Bouira, tous les journalistes l’attendaient sur cette fameuse nomination très controversée du nouveau PDG de Sonatrach, Abdelmoumène Ould Kaddour. Ces réponses qui étaient visiblement très tangentielles ont été une vraie "insulte" aux cadres en poste et anciens du secteur. Qu’il soutienne le nouveau PDG par devoir de réserve parce qu’il a été, comme il le dit lui-même agréé par les hautes instances du pays, c’est son affaire et tout le monde le comprend. Mais confirmer que la période actuelle a besoin d’un responsable qui lui sied constitue un éloignement de la réalité. Cela voudra dire que l’ancien PDG, jeune honnête et qui a fait un travail excellent de redressement du groupe a fait son temps.

Il ne reste dans le secteur que ceux qui trainent des casseroles pour diriger la vache laitière du pays.

Il s’est éloigné aussi en confondant la baisse de la production qui touche la plupart des gisements pour laquelle le jeune Amine Mazouzi a fait un effort considérable et la vente de la production au prix actuelle qui lui semble bas. C’est simple, on fait augmenter les réserves et on laisse jusqu’à ce que le prix se redresse avec le concours de la diplomatie algérienne dont il a la charge dans ce domaine précis. C’est aussi une dérive grave et un motif fallacieux que de reprocher à l’ancien PDG de groupe Sonatrach d’avoir produit plus de pétrole et l’avoir vendu à des prix du marché, au demeurant bas pour augmenter les recettes de toute la nation qui en a vivement besoin.

Selon toute vraisemblance, la "résonnance" la "résistance" et la production de Sonatrach de "compétence" ne sont pas en son sein comme le rappelle le ministre mais de la prison de Blida. Ensuite les appels d’offres infructueux ne peuvent être comptabilisés à Monsieur Mazouzi car il n’a pas compétence de gérer le domaine minier algérien mais c’est à ALNAFT de le faire. Mais on sait le tripotage de cet appel à "manifestation d’intérêt" qui a découragé de nombreux investisseurs et qui en est l’initiateur ?

On sait aussi que Sonatrach remplit sa mission de production et de vente des hydrocarbures pour le compte de l’Etat mais pour combien de temps ? Par contre les scandales ayant trait à des marchés de réalisation des centrales électriques sont encore frais dans l’esprit des Algériens.

On apprend aussi que le Qatar, avec le même partenaire allemand dont le partenariat a échoué en Algérie, a réalisé un succès d’une extrême importance : 8000 tonnes de silicium par an à partir du mois de mars 2017. Ceci confirme que la production du silicium solaire au Qatar a pu réussir chez eux et pas chez nous et avec qui ? Les cadres que l’Algérie a formé à coup de devises avec des sacrifices de toute une génération dans les universités prestigieuses des Etats-Unis.

Rabah Reghis, Consultant et Economiste Pétrolier

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mourad fakou

https://www. algerie1. com/economie/le-contrat-gazier-entre-lalgerie-et-litalie-ne-sera-pas-renouvele-en-2019

Le contrat gazier signé entre l’Algérie et l’Italie (par gazoduc) prendra fin en 2019 et ne sera pas renouvelé. C’est ce qu’a annoncé le ministre italien du Développement économique, Carlo Calenda (Photo).

"En 2019, le contrat algéro-italien d’approvisionnement par gazoduc va expirer, les volumes de notre fournisseur clé vont, en tout cas, s’effondrer pour plusieurs raisons, dont l’augmentation de la demande locale », a déclaré le ministre à la presse italienne.

Prévoyant "un déficit de 14 milliards de mètres cubes d’approvisionnement de l’Italie en gaz d’ici 2019-2020", Carlo Calenda a ajouté que "l’Italie signera un contrat à long terme avec les Pays-Bas en 2020, puis avec la Norvège en 2026. "

Cet article de source italienne et surtout la réponse du ministre algérien dans ALG24 sont de véritables bombes qui n'ont eu aucun écho.. Le ministre italien annonce publiquement que l'Algérie a opté pour la famine à partir de 2019 et personne ne réagit en dehors de notre ministre qui déclare que c'est la volonté du peuple algérien de brader le gaz en le transformant le gaz en ammoniac qui est exporté par des étrangers!

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On voit pas à l'horizon un gazoduc en cours de réalisation pour alimenter la SICILE ?

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Lamine Labri

Non Monsieur Reghis, je ne suis pas d'accord avec vous sur les deux points fondamentaux.

D'abord, s'il est vrai que Monsieur Ould Kaddour a été condamné à 2 ans de prisons pour espionnage contre son propre pays au profit d'une puissance étrangère, il n'en deumeure pas moins vrai que personne ne peut croire à cette farce montée de toutes pièces pour des raisons que je ne veux pas developper ici. On ne condamne pas à 2 ans de prison celui qui espionne son pays au profit d'une puissance étrangère. C'est la peine capitale ou la perpétuité. Ensuite, Monieur Ould Kaddour n'est pas un imbecile pour laisser dans son bureau du matériel d'espionnage pour être trouvé par les services de sécurité.

Le deuxième point fondamental concerne Monsieur Mazouzi.

Permettez moi de vous dire ceci:

1- Il a fait perdre à Sonatrach 150 millions de dollars et deux ans de retards dans la rénovation de la raffinerie d'Alger.

2- Il a négocié avec ENIE le renouvellement de livraison de gaz, pas dans l'intérêt de Sonatrach en remettant en cause le principe de l'indexation sur le prix du pétrole, créant ainsi une jurisprudence qui va être utilisée par les autres clients.

3- Il a instruit les strucutres opérationnelles à annuler les révisions triennales et les test décennaux pour donner l'illusion que la production a augmenté, mettant ainsi en peril l'intégrité des installations et les exposant à des accidents comme celui du GNL de Skikda en 2004.

4- Pour faire croire qu'il a augmenté les reserves, il annonce des chiffres en totale contradiction avec ceux des organismes spécialisés et reconnus. Or tout le monde sait, y compris vous, qu'il faut des efforts considerables et des années pour augmenter les réserves. En tout cas, si elles ont augmenté, ce n'est certainnement pas grace à lui, mais aux efforts de ses prédécesseurs.

5- Depuis la création de Sonatrach, aucun nouveau PDG n'a changé autant de responsbales. Pas moins de 400 responsables avec des compétences avérées ont été relevés de leur fonction et remplacés par des personnes incompétentes, choisies strictement parmi ses amis et proches et qui ont faillit mener l'entreprise à la dérive.

6- Il est le seul PDG à avoir contacté les partenaires étrangers, leur recommandant sous la menace de ne pas confier des postes de responsabilité à des algeriens. Par contre ils peuvent les confier à des tunisiens, marocains, égyptiens, etc.

Voilà Monsieur Reghis la réalité de cet apprentis sorcier qu'est Mazouzi.

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