Présidentielle/France : Nathalie Arthaud fait sensation, Mélenchon prend de la hauteur

Les onze candidats à la présidentielle française.
Les onze candidats à la présidentielle française.

Avec les affaires de corruption qu'ils traînent, François Fillon et Marine Le Pen se sont chacun présentés mardi comme la cible de manoeuvres destinées à les déstabiliser, répondant aux interpellations de représentants de la gauche de la gauche sur les affaires judiciaires lors du débat télévisé entre les onze candidats à la présidentielle.

Les candidats de droite étaient dans leurs petits souliers. La cause ? François Fillon est mis en examen pour "recel et complicité de détournement de fonds publics", "recel et complicité d’abus de biens sociaux" et "recel d’escroquerie aggravée". Marine Le Pen traîne aussi de nombreuses accusations d'emploie fictifs et autres petites affaires... Pour autant, le candidat de la droite et celle du Front national ont refusé de répondre sur le fond des enquêtes qui les concernent. "On a voulu m'éliminer de cette compétition politique. Je suis toujours là", a moufté François Fillon, mis en examen dans l'affaire des soupçons d'emplois fictifs dont auraient bénéficié des membres de sa famille.

Un tantinet arrogant, il ajoute à l'adresse de la journaliste qui l'interrogeait : "Personne ne viendra m'intimider et c'est les Français qui porteront un jugement dans un peu moins de trois semaines". "Non seulement je n'ai pas commis d'erreur mais je refuse de répondre à toute question sur ce sujet, et surtout de la part des journalistes qui pendant deux mois et demi ont fait mon procès", aboie-t-il faisant mine d'oublier qu'il a demandé pardon aux Français d'avoir commis des erreurs. Impayable candidat !

Au coeur de plusieurs enquêtes, dont l'une portant sur des soupçons d'emplois fictifs au Parlement européen, Marine Le Pen s'est pour sa part dite harcelée par la justice. "Je suis persécutée politiquement (...) dans le cadre d'affaires dans lesquelles il n y a pas l'ombre d'un soupçon d'enrichissement personnel", pleuniche la candidate.

"On sent la corruption"

La présidente du FN s'est refusé à répondre à une question relative aux enquêtes. "C'est un interrogatoire là ? Je croyais que c'était un débat mais il semblerait, là, que les procureurs aient mis leur veste, non ? Leur robe peut-être ?", a-t-elle déclaré en guise de parade sans convaincre.

Les deux candidats, largement épargnés sur ces sujets lors du premier débat télévisé à cinq, le 20 mars, ont cette fois été sous le feu des critiques de deux candidats de la gauche de la gauche, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud.

"Depuis janvier, c'est le régal, une campagne super : Fillon il est en face de moi, que des histoires. Et plus on fouille, plus on sent la corruption, plus on sent la triche", a lancé Philippe Poutou au chef de file de la droite. A la suite d'une autre allusion aux affaires, l'ancien Premier ministre l'a par la suite menacé d'un procès comme pour le faire taire.

Salarié de Ford, le candidat du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) a ironisé sur la décision de Marine le Pen de ne pas se rendre à une convocation de la justice, comme le lui permet son immunité d'eurodéputée : "Quand on est convoqué par la police, on n'a pas d'immunité ouvrière. On y va."

La représentante de Lutte ouvrière (LO), Nathalie Arthaud, a brillé par sa grande fraanchise, posant le débat là où elle le souhaitait et s'attaquant à la finance qu'elle charge de tous les maux. La candidate de Lutte Ouvrière a mis du coeur et chien dans ses interventions. "La tolérance zéro pour les jeunes", "les caissières qui peuvent être licenciées pour avoir pris un bon d'achat", "et vous (qui) ne vous rendez pas à convocation des juges", tonne la candidate trotskyste avec un franc-parler qui détonne.

"Ce décalage-là, évidemment, il est insupportable", a dit la candidate, professeure dans un lycée. Sur l'Europe, Nathalie Arthaud déroule ses idées et lance : "Le débat sur l'Europe est une diversion. Ce n'est pas l'Europe qui impose la flexibilité, qui oblige les grands groupes à écraser les petites entreprises". Et d'étriller encore le capital qui met à genoux les ouvriers.

Quand à Jean-Luc Mélenchon, il a été égal à lui-même. Tonitruant parfois, incisif en d'autres. Comme dans le précédent débat, il s'en prend au groupe Lafarge accusé d'avoir payé Daech en Syrie. La candidate trostskyste revient à la charge pour souligner que ce groupe a participé à "la construction du mur de l'Atlantique pour le maréchal Pétain". Suprême trahison ! Même s'il a tenté de théoriser à chaque intervention ses idées, Jean-Luc Mélenchon ne s'est pas empêché de lancer cette pique à François Fillon qui veut augmenter le temps du travail : "Vous nous direz si entre 35 et 39 heures, les gens travailleront gratuitement". Le candidat de la droite de plus en plus mal et invisible ne moufte pas.

La rédaction

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