Hommage à Abdelkader Ould Kadi

Hommage à Abdelkader Ould Kadi

Le Mouvement démocratique et social (MDS Oran) rend hommage ici à un ancien camarade, Abdelkader Ould Kadi.

Voilà quinze ans que nous sommes privés, à l’instar de tous ses proches et amis, de la chaleur de la camaraderie de notre ami Abdelkader Ould Kadi, parti le jour de son 66ème anniversaire, le 6 avril 2002, suite à une longue maladie. Voilà 15 ans que nous manquent la finesse de son humour, sa curiosité intellectuelle insatiable et contagieuse, sa modestie légendaire, sa disponibilité militante et sa lucidité politique forgée tout au long de sa longue expérience de lutte au service, jusqu'à sa mort, d’une Algérie démocratique et sociale moderne ainsi que des causes justes de tous les peuples.

Son expérience, Kader n’a cessé de l’accumuler depuis la fin de son adolescence qui l’a vu s’engager dans les luttes sociopolitiques pour l’indépendance nationale. Même si sa grande discrétion a fait qu’il n’en faisait jamais étalage (il n’aimait pas tant parlé de lui), l’on peut dire que les circonstances qu’il a eu à vivre ont fait qu’il ait pu la forger tant en France auprès de la CGT, du PCF et des réseaux de la Fédération de France du FLN qu’en Algérie dans les rangs du PCA puis de la Direction du MDS, en passant – au fil des évolutions de notre famille politique – par l’ORP, le PAGS et Ettahaddi. Tant dans les universités populaires et les luttes syndicales et citoyennes que dans la clandestinité, tant dans le travail de journaliste qu’il a longuement pratiqué (notamment à Alger Républicain puis, dans la clandestinité la plus profonde, à Saoût Ech-Chaâb – organe central du PAGS) qu’au sein des entreprises publiques où il a pu travailler.

Ô combien il manque dans les luttes d’aujourd’hui ! Nous sommes sûrs que l’initiative qu’il a prise, dès le lendemain de l’autodissolution du PAGS en 1992 et la création d’Ettahaddi, de jouer le rôle de “trait d'union” entre l'ensemble des courants qui ont émergé de cette dernière aurait porté quelques fruits aujourd’hui. Qu’elle aurait au moins aidé nombre d’amis à sortir de l’enfermement dogmatique dans lequel ils se confinent depuis et à renouer avec la société et ses luttes tout en s’adaptant à l’évolution objective du monde sans renier l’idéal d’une Algérie moderne, progressiste, prospère, juste et capable d’une contribution active à la dynamique humaniste et de progrès de l’humanité dans les conditions de ce nouveau siècle.

Qu’elle aurait été d’une contribution précieuse dans le processus de reconstruction et toujours en cours d’un nouvel instrument politique conforme aux exigences des évolutions des choses dans le monde et dans notre société ainsi qu’à notre idéal commun. Un processus engagé et poursuivi vaille que vaille, malgré les multiples tentatives de son sabordage, dont la dernière est orchestrée par le pouvoir qui, dans sa volonté de "gomme" totalement notre famille politique du paysage national, œuvre sournoisement depuis 2006 à étouffer de l’intérieur l’expression légale de ce qui en reste encore organisé : le MDS. Via notamment la subornation, malgré leur exclusion du parti, de renégats (tels ceux qui se déclarent indûment aujourd’hui dirigeants du MDS) à qui il a promis l’intégration dans nombre de fonctions électives contre la livraison de ce dernier (son sigle et sa ligne) comme "dot".

Toutefois et en dépit des évolutions indésirables dans notre mouvance politique et, en général, dans le mouvement démocratique dans notre pays, il n’en demeure pas moins que Kader aurait été d’un apport certain dans cette conjoncture nationale inédite. Où la question de la sauvegarde de l’intégrité nationale ne s’est jamais autant conjuguée avec celle de la refondation indispensable de la classe politique (dont celle de notre mouvance), en lien avec les luttes citoyennes qui vont en s'élargissant malgré le verrouillage de la vie politique qui ne cesse de décrédibiliser le pouvoir et son alliance avec l’islamisme et les milieux de "l’argent sale". Où il n’aurait pas manqué de nous rappeler, dans les moments difficiles et en citant Gramsci, la nécessité de toujours "… allier le pessimisme de la raison à l’optimisme de la volonté".

Le MDS-Oran

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