Une soixantaine de morts dans une attaque à l'arme chimique en Syrie

Onze enfants sont déjà morts des suites de cette attaque chimique.
Onze enfants sont déjà morts des suites de cette attaque chimique.

L'opposition syrienne a accusé mardi le régime de Bachar al-Assad d'avoir mené une attaque "chimique" qui a fait au moins 58 morts et près de 170 blessés dans un fief rebelle et jihadiste du nord-ouest de la Syrie, selon une ONG.

L'opposition syrienne a appelé, mardi 4 avril, le Conseil de sécurité de l'ONU à "convoquer une réunion urgente (...) et à ouvrir une enquête immédiate" sur une possible attaque au "gaz toxique" dans le nord-ouest du pays. D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), au moins 58 personnes, dont neuf enfants, ont été tuées mardi dans une frappe aérienne à Khan Cheikhoun.

L'OSDH a indiqué que les victimes étaient mortes en raison des effets du gaz, notamment par suffocation, sans être en mesure de donner la nature de ce produit chimique. Citant des sources médicales dans la ville, l'OSDH a fait état d'évanouissements, de vomissements et de mousse dans la bouche des victimes.

"Les responsables doivent rendre compte de leurs actes"

Les rebelles accusent le régime de Bachar Al-Assad d'avoir mené ces raids aériens. Le Conseil de sécurité "doit prendre les mesures nécessaires pour que les responsables [de cette attaque] rendent compte de leurs actes", a affirmé la Coalition nationale, importante composante de l'opposition syrienne, dans un communiqué.

"Ce crime horrible rappelle par sa nature le crime perpétré dans la Ghouta orientale à l'été 2013 et que la communauté internationale a laissé impuni", a ajouté la Coalition. L'opposition syrienne avait affirmé, le 21 août 2013, que le régime avait tué 1 300 personnes dans une attaque chimique dans la Ghouta orientale et à Mouadamiyat al-Cham, près de Damas.

Réunion à Bruxelles

Début mars, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a indiqué enquêter sur huit attaques présumées au gaz toxique commises en Syrie depuis le début de 2017.

La coalition de l'opposition a affirmé que "le crime horrible" de mardi rappelait l'attaque de l'été 2013 près de Damas qu'elle avait imputée au régime et que la communauté internationale "a laissé impunie".

En août 2013, le régime avait été accusé d'avoir utilisé du gaz sarin dans cette attaque de deux secteurs rebelles qui avait fait 1.400 morts, selon Washington. En septembre, un accord russo-américain sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien avait écarté in extremis la menace de frappes américaines contre le régime.

L'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley a déclaré lundi que le président Bachar al-Assad était un "criminel de guerre".

Au moment où les espoirs de paix restent faibles, Bruxelles accueille jusqu'à mercredi une conférence internationale sur l'avenir du pays mais certains acteurs clés du conflit, comme la Turquie ou la Russie, ne devraient pas y être représentés au plus haut niveau.

Cette conférence servira notamment à faire le point sur les promesses de dons faites par la communauté internationale en février 2016, alors qu'il s'agit de la pire crise humanitaire depuis la deuxième guerre mondiale selon l'ONU.

Avec AFP

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