Désintox. Les preuves que l'ENTV a "vivifié" Bouteflika, lors de sa dernière apparition !

Que pouvait dire Abdelaziz Bouteflika à son ministre sans son micro?
Que pouvait dire Abdelaziz Bouteflika à son ministre sans son micro?

La télévision algérienne nous a présenté, le 19 mars 2017, un sujet d’à peine 59 secondes, dans lequel on nous montrait le président Bouteflika recevant le ministre Abdelkader Messahel. Une micro-vidéo dans laquelle apparaissait Bouteflika après plus d’un mois d’absence et des rumeurs folles.

Cette apparition faisait suite également aux déclarations rassurantes d’Abdelmalek Sellal à partir de la Tunisie, où il assurait que le "président allait très bien et qu’il passait le bonjour à tout le monde". Depuis Tamanrasset, Ahmed Ouyahia, lui aussi en a rajouté une couche. Pour lui les déplacements à l'étranger de Sellal et autres ministres hors du pays sont "la preuve" irréfutable de la santé "acceptable" (visez bien le mot acceptable !) du président algérien. Ouyahia fait la démonstration par le contraire. Absurde argumentation en effet. Ce qu'Ouyahia oublie de dire c'est que si Bouteflika était en bonne ou "acceptable" santé, Sellal et des ouailles ne le remplaceraient pas systématiquement à toutes les messes internationales. Faut-il rappeler à l'indébolonnable Ouyahia que le chef de l'Etat ne reçoit plus personne depuis presque deux mois.

Lors du journal de 19 heures de Canal Algérie (19 mars), le journaliste annonçait également que "le président Bouteflika a reçu ce dimanche à Alger le ministre Abdelkader Messahel …" comme pour assurer que Bouteflika se trouve bel et bien en Algérie, sans pour autant préciser le lieu de la rencontre. Lors du traitement du sujet, la télévision algérienne a abusé de zooms dynamiques, de plans (quatre) et surtout de répetitions de séquences et de coupurees pour dynamyser un personnage amorphe et très affaibli.

Il ne portait pas de micro et n’a bougé ses lèvres que deux fois !!!

L'analyse des images nous renvoie des éléments troublants. Le président Bouteflika n’a pas prononcé un mot en 59 secondes qu’a duré le sujet de Canal Algérie. À peine s’il a secoué sa lèvre inférieure par deux fois! À cela s’ajoute le fait qu’il ne portait pas le micro (voir image ci-dessous), lui qui l’a utilisé lors de toutes ses dernières rencontres, du moins pour l’année écoulée. Il l’a notamment porté lors de la réception de l’Émir du Qatar, il y a deux mois, d’El Ghanouchi, président d’Ennahda tunisien et du Premier ministre mauritanien Hadmine pour ne citer que ceux-là. "Il est à peine audible, même avec un micro déclarait en 2016, un diplomate français".

Le journaliste algérien de Canal Algérie soutenait pourtant que le président "avait donné des instructions et des orientations concernant les principes fondamentaux de la diplomatie algérienne (…) il a insisté sur les dossiers de l’heure concernant ses pays voisins (…) et appelé à trouver les solutions qui s’imposent (…)". Mais de cela nous n’avons rien vu…ni encore moins entendu ! Décidément même les journalistes parlent au nom du président !

Il ne peut ni prendre, ni donner un dossier.

Le président algérien va tellement mal qu’il a été aidé par les montages et les transitions entre plans larges et plans serrés de l’ENTV, pour prendre et redonner un simple dossier. Il est manifeste et regrettable de donner en spectable un homme incapable de prendre quelques feuilles. Sidérant !

En effet, à la 58e seconde de la vidéo youtube (*), Abdelkader Messahel tend un dossier qui semble glisser d’entre les mains du président. Il n’arrive pas à s’en saisir. Il tombe probablement car à la même seconde (58e), miracle du montage télévisuel, il se retrouve entre les deux mains du président qui jette un rapide regard, sans pour autant l’ouvrir.

L’octogénaire essai de le rendre à son ministre. Le dossier connaît le même sort, il s’affaisse et glisse d’entre les mains du président. Cette fois-ci, l’ENTV repasse à un plan large pour créer l’illusion de la continuité. Mais à regarder de plus près, on se rend compte qu’il y a eu une coupure entre les deux séquences. Observez la distance entre les mains du plan serré et du plan large ci-dessous. À la même seconde (1:03 de la vidéo) le dossier se retrouve entre les mains du ministre Messahel qui le tient d’une manière molle et un peu bizarre (juste par un bout). Ce qui prouve que la scène du dossier, a été coupée au montage et tournée au moins en deux séquences!

Il ne reçoit dans cette salle que lorsqu’il est extrêmement malade, comme en 2013

La salle dans laquelle a été reçu Abdelkader Messahel est elle aussi un mauvais signe, et une autre preuve de la dégradation de la santé du président. Bouteflika ne reçoit dans cette salle que lorsqu’il est extrêmement malade, sinon, il utilise pour recevoir ces hôtes une salle dans sa résidence à Zéralda devenu son QG depuis au moins 3 ans. Ci dessous l'image du lieu habituelle de reception des convives présidentielles. Ici c'est l'ancien Émir du Qatar qui était reçu le 08 janvier 2017.

En visionnant plusieurs vidéos des réceptions accordées par le président de la république à ses convives, on se rend compte que la dernière fois que ce lieu (où a été reçu Messahel) a été utilisé remonte à septembre 2013. À l’époque Bouteflika recevait Beji Kaid Sebsi, l’actuel président tunisien, après 88 jours d’absence pour des soins au Val-de-Grâce, (hôpital militaire France), après son AVC de fin avril 2013.

Le président apparaissait en polo rouge et pantalon noir. Il semblait pourtant en bien meilleure posture qu’il ne l’est actuellement. Il était parfaitement audible mais ne bougeait, par contre, que le côté droit. Sa main gauche était restée figée sur l’accoudoir de la chaise, le poing fermé, durant le minute qu’a duré le sujet de Canal Algérie. On avait appris par la suite, que son AVC lui avait paralysé tout le côté gauche. Pour finir rappelons que depuis cette très brève apparition, le président est replongé dans l'ombre.

Hebib Khalil

(*) Vidéo du 19 mars 2017

Vidéo de 2013. Même lieu de réception de Messahel

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Commentaires (5) | Réagir ?

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mourad fakou

Le Président est l'alibi du régime. Il doit aussi garder son immunité post-mortem pour éviter d'ouvrir la boite de pandore. Mais il ne gère rien. Le régime le fait à sa place en son nom. Le régime veut relever deux défis: le premier consiste à trouver un financement externe (sans endettement) pour combattre les effets de la crise financière jusqu'en 2019. La solution va être imposée en mai avec la désignation de Khelil a la place de Sellal. Le deuxième défi sera la succession qui peut intervenir à tout moment avant 2019. Khelil sera probablement le candidat du régime. Et après 2019? Ils s'en foutent. L'arche de Noe les évacuera et ils laisseront un pays qui va être détruit derriere eux. Pourquoi le font-ils? parceque ce sont des traitres qui viennent de la même région et qui n'ont rien d'algérien. Ils ont une revanche à prendre. Ils ont su acheter les décideurs qui se cachent derrière le rideau. Rendez vous au mois de mai. Vous avez accepté un traitre pour lla société qui nourrit le pays. Vous en aurez un autre pour le pays.

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samir mderci

si Dieu le ramènera à lui, ils seront tous morts, alors qu'il lui trouve un sosie, ifficile car ce genre de personnage est unique, beaucoup craignent la décès de Bouteflika plus que leur propre mort, et pourtant ils crèveront tous avec ou sans son décès dans des temps plus ou moins rapprochés.

Momifiez le comme Staline alors.

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