Pour 50 000 euros, Fillon aurait fait l'entremetteur pour des dirigeants algériens, russes ...

François Fillon éclaboussé par un énième scandale. Crédit photo : François Navarro
François Fillon éclaboussé par un énième scandale. Crédit photo : François Navarro

François Fillon a reçu 50.000 dollars, par le biais de sa société de conseil, d'un industriel libanais pour lui présenter le président russe Vladimir Poutine et le PDG de Total, selon Le Canard enchaîné à paraître mercredi.

Après les emplois d'attachés parlementaires de ses proches et l'affaire "des costumes", le candidat de la droite et du centre à la présidentielle est l'objet de nouvelles révélations au sujet de sa société de conseil, 2F conseil, créée en 2012.

Il aurait joué ce rôle d'intermédiaire le 19 juin 2015 à l'occasion du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, précise l'hebdomadaire satirique.

Comme le révèle Mediapart, le candidat de droite à la présidentielle a signé une convention de lobbying avec le propriétaire libanais de "Future Pipe Industries" (FPI), Fouad Makhzoumi, pour un montant de 50 000 dollars. Selon cette convention de sept pages consultée par Le Canard et rédigée en anglais, il s’agit de "jouer les entremetteurs auprès d’'hommes d’influence et responsables dans des entreprises russes, algériennes, gabonaises, ivoiriennes et françaises".

Il aurait finalement organisé à Saint-Pétersbourg une rencontre avec Vladimir Poutine puis dans la foulée avec le PDG de Total Patrick Pouyanné.

Outre la somme de 50.000 dollars, le contrat prévoyait un intéressement pour chaque marché conclu. Mais François Fillon n'a perçu aucune prime de résultat, selon le chargé de communication de l'industriel sollicité par Le Canard enchaîné. L'hebdomadaire reconnaît que ces informations ne démentent pas les propos de François Fillon affirmant n'avoir jamais travaillé pour des sociétés russes, mais parle de "demi-mensonge" ou "demi-vérité". L'entourage du candidat n'était pas joignable dans l'immédiat.

Lors d'une conférence de presse le 6 février, au début de l'affaire des emplois d'assistants parlementaires présumés accordés à son épouse et à ses enfants, François Fillon avait donné quelques noms de clients de sa société de conseil.

"La liste de mes clients ne comprend aucune entreprise russe, ni le gouvernement russe, ni aucun organisme de ce pays et toutes les conférences que j’ai données en Russie l’ont été à titre gratuit", avait-il dit.

Dans l'enquête sur les emplois présumés fictifs de sa famille, François Fillon a été mis en examen le 14 mars pour "détournement de fonds public", "complicité et recel de détournement de fonds publics", "complicité et recel d’abus de bien sociaux", et "manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique". La semaine dernière, c'est l'affaire de ses costumes de luxe payés par le richissime Borgi qui sont venus chahuter sa campagne.

Fait qui aggrave les accusations. D’après Le Monde, les enquêteurs du parquet national financier ont saisi des documents "laissant penser que les époux Fillon ont pu produire des faux pour justifier les salaires de Penelope". Le quotidien du soir avance qu’en conséquence, l’enquête a été élargie à des faits "d’escroqueries aggravées, faux et usage de faux".

Même s'il essaye de resserrer les rangs, le candidat de la droite de plus en plus fragilisé par les nombreux soupçons de détournements qui pèse sur lui et sa famille se retrouve de plus en plus isolé dans sa campagne.

La rédaction/Reuters

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