Le XXIe siècle sera-t-il français et africain ?

Le XXIe siècle sera-t-il français et africain ?

Selon l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), le nombre de francophones augmentera de 155 % de 2014 à 2050 et 85 % de ceux-ci vivront en Afrique. Les forces de la francophonie semblent se déchainer depuis le début du 21e siècle.

Il y a actuellement un déplacement du centre de gravité de la langue française. Née en Europe qu’elle a dominée au Siècle des lumières, la langue française devient un peu plus chaque année une langue africaine. C’est le phénoménal taux de natalité dans de nombreux pays de ce continent qui est le moteur de cette croissance. Pendant ce temps, les vieux pays voient le nombre des naissances passer bien en dessous du taux de renouvellement de la population. Les colonies qui étaient dominées par la France au 19e et 20e siècle prennent leur revanche au 21e et pèseront près de huit fois son poids démographique après 2050.

Si la géopolitique mondiale continue sur sa lancée actuelle, le XXIe siècle pourrait donc voir s’accroître de manière décisive les pouvoirs attractifs du français et de l’Afrique. Ceux-ci bénéficient de l’enlisement de leurs concurrents dans des guerres de pouvoir qui leur laissent le champ libre pour littéralement conquérir le monde. Selon l'Organisation internationale de la francophonie, de 274 millions qu’ils étaient en 2014, le nombre de francophones devrait augmenter de 155 % en 36 ans. Déjà la cinquième langue la plus parlée au monde, le français doublerait proportionnellement son poids mondial durant cette période. Le pourcentage des élèves apprenant en français a d’ailleurs déjà plus que triplé en Afrique au cours des dernières décennies. Les pays d'Afrique du nord, malgré une politique d'arabisation agressive, ont tout de même vu la proportion des enfants scolarisés en français dépasser les 40 %.

Il faut dire que le français est un matériau particulièrement propice pour permettre à un pays d’acquérir du prestige rapidement. Il est déjà la cinquième langue la plus parlée au monde, la deuxième au plan de l'importance politique et une des langues officielles de 57 États dans 29 pays. Si l’anglais est la langue des affaires, le français est la langue de la diplomatie. Alors que l’anglais et le chinois se battre pour la domination mondiale, ceux-ci laissent le champ libre pour sa croissance dans toutes les sphères qui nécessite des connaissances internationales, de la puissance de compréhension et de la subtilité. Ce sont les forces du Français. Beaucoup plus précise que l’anglais, cette langue permet à ses locuteurs de vraiment dire le fond de leur pensée et de mieux agencer leurs forces dans des structures complexes échappant à d’autres locuteurs. Ce n’est pas un hasard puisque cette langue des rois et des nobles a été spécialement dessinée en Europe pour le pouvoir et la diplomatie. Peu de langues ont comme elle créé des mots épelés de manière à permettre d’attraper les espions.

Le français est donc la langue par excellence de la collaboration internationale dans des sujets complexes ou un mot mal placé peut faire toute la différence. Cette langue qui s’est développée pour être un gestionnaire efficace des relations entre les pays en Europe peut faire encore mieux ce travail au niveau mondial. Si elle a laissé son titre de langue de la science à l’anglais au fil des ans, elle reprend tranquillement de l’espace dans ce champ qui a été pendant longtemps le sien et sa force. C’est l’Afrique qui est la raison de cette situation. Langue du pouvoir au Sénégal depuis le XVIIIe siècle, le français a conquis ce continent au XIXe siècle pour les mêmes raisons qu’elle a dominé l’Europe. Son utilisation peut faire de l’Afrique au 21e siècle ce qu’elle a fait de la France en Europe dans le passé.

En conclusion, on peut dire que le déclin du français comme langue seconde s’est terminé avec le XXe siècle. Plus compréhensible que le chinois, plus précis que l'anglais, plus international que l'arabe et plus exportable que l'allemand, le français a une niche exceptionnelle qui se développe de façon exponentielle en ce 21e siècle. Le fait qu’il soit une des langues minoritaires sur tous les continents continus à propulser ses qualités diplomatiques vers les sommets. Cela se fait non seulement dans 22 États en Afrique, mais aussi en Amérique, en Océanie, en Asie et aux Antilles. C’est d’ailleurs une des langues d'enseignement les plus importantes dans le monde, un des fondamentaux de la francophonie. S’il n’est pas enseigné aux élèves dès le primaire, il l’est en tant que langue seconde au secondaire.

Michel Gourd

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Commentaires (1) | Réagir ?

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Faro Laz

Est-ce que l’Egypte est francophone? Est-ce que le Maroc et la Tunisie le sont aussi ? J’en doute. Une certaine tranche des populations, généralement les classes de la Nomenklatura tunisienne et proches de la monarchie marocaine le sont au travers de leur éducation en France. Les populations par contre ne le sont pas totalement car elles ne se sont pas frottées aux populations françaises établies chez elles comme en Algérie. Les français avaient forcés un protectorat sur le Maroc que durant quelques 40 ans et en Tunisie que pendant 65 ans ; la moitié et le tiers de l’Algérie. Mais ces gens en ont bien profité.

Quant à l’Egypte, il ne faut pas exagérer ; ils sont peut-être aussi affiliés au monde hispanique et / ou portugais.

Sérieusement, ces statistiques qui prennent 100% de la population d’un pays comme en Afrique subsaharienne ou le Canada. Les Francophones ne représentent qu’un certain pourcentage comme par exemple 6 millions de canadiens, généralement et / ou seulement au Quebec parlent Français, tout comme la plupart de la population de l’Algérie et de 15 pour cent des Israéliens.

Par contre, Kinshasa est reconnue être la deuxième plus grande ville francophone du monde, après Paris et devant Montréal et Bruxelles et le nombre de la population qui utilise le Français a triplé depuis 1945, en grande partie parce que la plupart sont d’anciennes colonies Belges et / ou Françaises qui avaient décidés de faire du Français leur langue du gouvernement, de l’éducation et des sciences après l’Independence. Même la Belgique et la Suisse ne sont pas francophone a 100%. Ce qui n’étant pas le cas de l’Algérie qui avait opté autrement. Les algériens utilisent le français littéralement à presque 100%, même pour les arabophones endurcis parce que l’Algérie n’arrive pas à sortir de son sous-développement et de sa médiocrité socio-politique. La pratique gouvernementale algérienne de tous les jours roule en français et on doit l’accepter. Donc on peut dire que le français est un palliatif ou bien au contraire un soutien du sous-développement. Je vois sur cette carte illustrant cet article que l’Algérie n’est pas membre de cette francophonie. C’est le dilemme de cette organisation internationale qui semble ne pas savoir comment arranger ses propres statistiques ni faire adhérer ses meilleurs francophones potentiels. Les organisateurs de la francophonie ne sont intéressés que par totaliser 100% des populations de chaque pays se déclarant ou usant le français or la réalité est autre. Par ailleurs, l’EU s’exprime, écrit et travaille en anglais et j’imagine fera de même dans le futur, même sans la présence la nation génitrice de cette langue. Peut-être que le français arriverait à profiter de cette absence et à se hausser jusqu’à remplacer cette langue. Là, on dirait alors que l’EU est francophone. Pourquoi pas ?