Le péché d’écrire dans l'Algérie des autocrates

Le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi n'a pas dit un mot sur les différents cas d'interdiction de conférences en Kabylie.
Le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi n'a pas dit un mot sur les différents cas d'interdiction de conférences en Kabylie.

La colère est là. Elle est justifiée. L’écrit est devenu un péché et le mot fort de la vérité banni. Silence ! Ils sacrifient les lettres et ils pourchassent le forgeron du verbe. L’auteur, le nôtre, est interdit de conférences et défendu de débats avec le lecteur.

Ils ne veulent plus que nous écrivions. Á notre manière. Que nous vociférions nos malheurs et que nous crachions nos misères dans les feuillets des manuscrits. Pourtant, les livres incriminés ne sont que des pages noircies par les vocables des frustrations de déni et d’exclusion, infligés par ceux là mêmes autoproclamés gardiens de la morale. Y a-t-il de la morale quand on attente à l’écrit ?

Ils désirent esseuler la pensée. Voire l’isoler de la liberté. Peut-on être penseur sans être libre ? La soumission est la prison des idées et l’obéissant ne réfléchit pas. Y a ceux qui pensent à sa place. Qui décident de son destin sans son avis. Quel avis peut-il avoir un soumis, à part le oui approbateur ?

Ils nous défendent encore que nous lisions les livres écrits par les nôtres, relatant nos misères réelles et évidentes. Ce sont nos bouquins, ayant une âme, une essence et une vision. Limpides dans le vocable, cohérents dans les pensées et intransigeants dans le rétablissement des vérités. Mais eux, ils nous imposent les leurs. Remplis de mensonges, garnis de mystères, bourrés de contrevérités et de contradictions. Leurs livres qu’ils veulent toujours officiels, même périmés, ils les ressortent pour embrigader les esprits assez maladifs et anéantir des consciences déjà usées. Et pour ce faire, ils ne lésinent pas sur les moyens à mettre en place pour museler l’écrit récalcitrant, rebelle et indomptable.

Après «la pensée kabyle» de Younes Adli interdit de conférence à Aokas, c’est au tour de "La religion de ma mère" de Karim Akouche qui quitte précipitamment le pays en annulant tout un programme de conférences et de rencontres pour cause, dit-il, de menaces de mort. Décidément écrire pour les siens dans son propre pays est décrété un péché impardonnable.

Zoubir Zerarga

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Commentaires (2) | Réagir ?

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RAIS HAMIDO

EUX....... ils ont le droit de dire toute les conneries qui leur passe fel kabouilla qui leur sert de tete ;TOI si tu diS un motIHAZZOUK;IGHABROUK;INAHILOUAK ERRAHMA ENTAA BABAK..... QUEL BLED DU 1 ET 1/2 DE CHOUHADA;; METOU ALA BATEL??????. ?. ??????... /......

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Hend Uqaci Ivarwaqène

Normalma « péché d’écrire » c’est un pléonasme. j’vwa pas pourquoi écrire si ce n’est justement pour pécher. Pour ces gens-là l’écriture c’est une ode aux siens des hymnes nationaux ipicitou.

Tous les poètes, les écrivains, les fabulistes n’ont écrit que ce qui les ronge. Le roman aussi n’existe que pour cela. Si Mohand ne regardait pas la société kabichoue au fond de ses beaux yeux mais par le rectum.

La société algérienne d’aujourd’hui bourgeonne l3adjayev : la prostitution, la pédérastie, l’adultère, l’inceste, la pédophilie, wa chay-ène akhara que le modéro ne m’a pas autoriser à rajouter. Bardil kbir, disait 3emmi Hmed lmaroki, bessah si tu ne chantes pas warda baydha fle3lali et khoud elmeftah, t’es un mauvais citoyen. Ipourta le roman n’est né que pour dire merde aux règles d’écriture ou aux règles d’une manière générale.

Et avec ça il y en a qui trouvent que s’ils barbent le gotha germanopratin c’est parce que ce ne sont que des jaloux. A. takhna !