Gabegie, inflation : pour un report des élections législatives !

Gabegie, inflation : pour un report des élections législatives !

Chute des revenus, limitation drastique des importations, recours effréné à la planche à billets, inflation galopante, hausse des prix, risque de pénurie à grande échelle, baisse des salaires...le régime opte pour la stratégie du pire.

Renflouer les caisses de l'Etat en organisant une paupérisation à grande échelle est la marque d'un régime qui ne soucie aucunement de sa population et qui n'hésite pas à lui faire porter le fardeau de l’inconséquence et de l’irresponsabilité. A certains égards, cette attitude relève de la perversion politique narcissique.

Faire payer le prix exorbitant de la gabegie et de l’incurie aux Algériens est une attitude politique dangereuse. Les Algériens ne sont pas prêts d’accepter des sacrifices quand ils ont conscience que l'impunité est devenue la norme et que la grande corruption à saigné le pays à travers de gigantesques transferts illicites vers l'étranger.

Les Algériens seront d'autant moins enclins à subir une baisse de leur pouvoir d'achat qu'aucune perspective d’avenir ne leur est proposée.

Persister à faire le "dos rond" en espérant à terme une nouvelle embellie des courts de pétrole est un pari insensé. Le discours sur un "nouveau modèle de croissance" et sur la nécessité d'une "diversification de l'économie" apparaît comme une vaste fumisterie destinée à leurrer les partenaires étrangers.

Gagner du temps est en définitive l’unique leitmotiv de ceux qui veulent conduire le pays à la ruine. L'appel à la "résistance" du chef de l'Etat est pathétique. Au faste des années 2000 et des grands projets dits structurants, comme celui scandaleux de l'autoroute est-ouest, qui ont englouti des sommes faramineuses sans pour autant relancer l'économie succède un état de désarroi que reflète une pitoyable cacophonie gouvernementale.

Cette situation d'impuissance et l'entêtement à nier l'évidence et à tourner le dos aux réalités traduisent une inquiétante "bunkerisation" du régime. Ni le recours systématique à la brutalité, à la répression, au harcèlement judiciaire, aux menaces ne parviendront à endiguer les grandes révoltes sociales à venir.

Pourtant le pays dispose encore de réserves financières encore suffisantes pour engager de véritables réformes économiques en mobilisant les ressources humaines et financières du pays.

Ces réserves doivent être mises au service d’un grand plan stratégique de développement du pays et non pas servir de filet protecteur à un système de pouvoir largement gangréné.

La paralysie actuelle, les luttes féroces au sein du régime, l'incapacité avérée du chef d'Etat à exercer ses fonctions laissent pointer l’irréparable. Le seuil de rupture risque d’être franchi plutôt que prévu et commandent d'engager dans l'urgence des réformes politiques radicales.

Les législatives prévues en mai dans un contexte tragi-ubuesque seront un facteur supplémentaire d'aggravation de la défiance populaire. Elles doivent être momentanément suspendues.

Un dialogue sérieux doit s'engager alors avec l'ensemble des forces politiques et sociales du pays, y compris l’Armée, pour définir un grand consensus national autour des réformes politiques et économiques à entreprendre rapidement pour stopper cet engrenage mortel pour le pays.

Plus vite sera concrétisé ce consensus historique, mieux notre indépendance sera défendue.

Rater cette chance historique reviendrait à remettre tôt ou tard le destin de notre nation entre les mains de l'étranger et, alors, seront définitivement enterrées les grandes promesses des pionniers du mouvement de libération national.

Aujourd'hui, plus qu’hier, la responsabilité historique des dirigeants actuels est totalement engagée.

Samir Bouakouir

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Commentaires (2) | Réagir ?

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haroun hamel

ce régime atteint d'une sénilité politique a réussi l'exploit de briser toute forme d'organisation sociale ou politique capable de servir de courroie de transmission avec sa population. Dès lors toute revendication ne pourrait s'exprimer que sous forme de jacquerie que le pouvoir réduira de façon brutale. Dirigé par une sorte de maquignons de la politique, le régime a privé la population de sa propre identité, pour brouiller ses repères et son histoire. Il a fait des Algériens un troupeau de moutons, sans histoire ni culture, mû uniquement par un réflexe de survie attaché au ventre et au bas ventre. Croire que ce régime autiste peut engager des réformes, après 18 ans d'errements, c'est vraiment faire preuve d'une naïveté politique.

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Atala Atlale

Votre analyse est celle d'une bonne partie d'Algériens qui gardent encore le sens de la réalité, et les yeux bien ouverts sur cette grande gabegie qui précipitera le pays entier vers le chaos. Le citoyen n'a plus le sentiment de vivre dans un pays ayant un état, conscient de ses responsabilités, les affaires de corruptions actuelles et passées, les scandales, les détournements sont effarants, et, la justice ne se croit pas obligée de s'auto-saisir, à croire qu'elle craint l'implication de gens haut placés. Nous avons l'impression que des individus s'efforcent comme des hyènes d'arracher les derniers lambeaux de leur proie, le pays se meurt au sens politique économique et social. Allons nous vers un destin tragique ? Fort possible si une force saine reste encore dans l'expectative, la démission de l'état est palpable. Cette échéance des législatives, dans ces moments d'incertitude sur la santé du Président, me semble tout à fait hasardeuse. Il y a nécessité absolue d'une prise de conscience sur cette situation dangereuse que vit le pays entier.

Je me refuse à croire que tout est perdu pour sauver le bateau Algérie