Achab Ramdane répond à Liberté et apporte des précisions sur sa conférence de Bgayet

Achab Ramdane, militant, chercheur et éditeur en tamazight
Achab Ramdane, militant, chercheur et éditeur en tamazight

Achab Ramdane nous a transmis cette mise au point. L’auteur l’avait adressée, mardi, en réponse au quotidien Liberté par fax et courriel suite à un article de couverture d’une conférence publique (voir plus bas). Mais le quotidien n’a pas pour l’heure donné suite au chercheur. Nous avons décidé de la publier pour donner la voix à ce chercheur et éditeur très respecté, en espérant que le premier concernant en fasse de même.

Mise au point

Madame, Monsieur,

Je vous prie de bien vouloir insérer la mise au point suivante dans les colonnes de votre quotidien. Dans votre édition du lundi 13 mars 2017, vous avez fait un compte-rendu de la conférence que nous avons animée le samedi 11 mars, Lahoucine Bouyaakoubi et moi-même, sur la situation de la langue amazighe au Maroc et en Algérie, dans le cadre du Café littéraire de Bgayet. Sur plusieurs points, votre compte-rendu ne reflète ni ma pensée ni les propos que j’ai tenus pendant cette conférence, il leur apporte même d’importantes distorsions qu’il m’appartient de vous signaler, et qu’il vous appartient de porter à la connaissance de vos lecteurs.

Le compte-rendu est annoncé à la première page de votre édition, sous le titre "Tamazight avance plus rapidement au Maroc qu’en Algérie". A aucun moment de la conférence je n’ai tenu ces propos. Le seul élément de comparaison que j’ai avancé pour comparer les situations des deux pays concerne l’aménagement institutionnel de la langue, lorsque j’ai dit qu’il y a au Maroc une plus grande lisibilité institutionnelle, dans la mesure où il y a une institution et une seule, l’IRCAM, qui est en charge de cet aménagement, alors qu’en Algérie règne en la matière une confusion voulue et entretenue. Le titre annoncé en page 1 est par ailleurs repris en page 11 à la fin du compte-rendu : votre collaborateur me fait reconnaître, sous le couvert d’énigmatiques guillemets, des propos que je n’ai prononcés à aucun moment.

Plusieurs autres passages du compte-rendu sont caractérisés par un manque de précision qui peut jeter le doute sur les propos que j’ai réellement tenus, quand ils ne les déforment pas carrément. J’ai effectivement rappelé que la force d’une langue quelle qu’elle soit réside dans la puissance politique, économique, militaire, etc. des pays où elle est en usage, et j’ai donné l’anglais et le français comme exemples de langues qui sont adossées à des puissances politiques, économiques, etc. La façon dont le compte-rendu a reformulé cette généralité peut laisser croire que j’ai revendiqué pour Tamazight une "puissance financière et militaire".

Dans un autre passage, vous me faites dire que la destruction sociétale du monde berbérophone a commencé durant le colonialisme français. Je n’ai tenu ces propos à aucun moment de mon intervention. J’ai répété à plusieurs reprises que l’arabisation par exemple est un processus historique qui a commencé au 11ème siècle, invitant d’ailleurs l’assistance à lire l’étude que Gabriel Camps a consacrée à ce sujet. Je ne me souviens avoir parlé du colonialisme français que pour dire qu’un coup fatal a été porté à la Kabylie vers la fin du 19ème siècle, et au monde touareg au début du 20ème siècle.

Je regrette par ailleurs que votre compte-rendu n’ait pas touché un seul mot des principes de personnalité et de territorialité sur lesquels j’ai invité à la réflexion.

Enfin, s’agissant de mon collègue et ami Lahoucine Bouyaakoubi, permettez-moi de vous signaler qu’il n’est pas doctorant mais titulaire d’un doctorat, et qu’il n’est pas enseignant à l’Inalco mais à l’Université Ibn Zohr d’Agadir. Le devoir d’informer, c’est bien, mais le devoir d’informer correctement, c’est mieux.

Le 14 mars 2017

Ramdane Achab

editionsachab@yahoo.fr

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Commentaires (1) | Réagir ?

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moh arwal

Oui nous devons etre trés vigilants, ce pouvoir utilise tous les moyens pour casser l'amazighité. IL faut tenir a l' oeil ces mass medias sous ordresd el mouradia rt surtout nos KDS genre Ouyhia ce sont ces gens qui les assistent dans la destruction de la kabylie.