Des forces spéciales russes déployées avec le général Haftar en Libye ?

Les forces spéciales américaines sont déployées pour des opérations ponctuelles en Libye.
Les forces spéciales américaines sont déployées pour des opérations ponctuelles en Libye.

La Russie a-t-elle déployé des forces spéciales en Egypte, à la frontière avec la Libye, et y a-t-il des mercenaires russes en Libye ? C'est ce qu'affirme l'agence Reuters, citant des sources américaines et égyptiennes.

Après les livraisons d'armes et de matériel, des forces spéciales russes seraient arrivées à la frontière égypto-libyenne, indique Ouest-France. Selon des sources américaines et égyptiennes, des forces spéciales russes sont arrivées sur la base aérienne de Sidi Barrani, petite ville du désert égyptien, à 100km de la frontière libyenne.

Déjà soutenu par les Emirats arabes unis et l'Egypte, le général Haftar a été reçu en novembre dernier à Moscou par Sergui Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères. Il s'est même rendu début janvier sur le porte-avions russe qui passait au large du pays en rentrant d’une mission au large de la Syrie.

Moscou qui a critiqué maintes fois l'opération menée par la France et la Grande Bretagne en 2011 en Libye a décidé d'apporter son appui a général Haftar, un militaire que certaines sources donnent comme étant une créature de la CIA.

Pourtant toutes les informations sur la présence russe en Libye sont démenties par Moscou, qui reconnaît tout de même suivre de près la situation en Libye.

Le vice-ministre des Affaires étrangères chargé de l'Afrique et du Moyen-Orient, Mikhail Bogdanov, a reçu mardi 14 mars, Abdel Basset al-Badri, l'émissaire du général Haftar. Et le chef des députés libyens Akim Saleh Issa a demandé à la Russie une aide en formation et en équipement militaire.

D'après le porte-parole du Kremlin, la Russie est "intéressée à ce que la Libye ait un pouvoir qui pourra prendre des mesures énergiques, afin que son territoire ne devienne pas un bouillon de culture pour le plancton terroriste". Dmitri Peskov ajoute que la Russie a des contacts avec les parties qu'elle juge nécessaires, mais qu'«une intervention excessive de la Russie dans les affaires libyenne est très peu probable, ni opportune».

Le ministère russe de la Défense soutient pour sa part qu'il n'y a aucune force spéciale russe à Sidi Barrani. Mais l'agence Reuters cite une autre base en Egypte, Marsa Matrouh, qui serait aussi utilisée par les Russes. Ces derniers avancent les mêmes arguments en Ukraine.

Quant à la participation de mercenaires russes en Libye, certaines sociétés privées ne cachent pas leur présence dans la zone contrôlée par le général Haftar. C'est le cas de RSB Group qui affirme faire de la sécurité, mais ne pas participer à des actions militaires. D'après son directeur Oleg Krinitsyn, ils ont récemment déminé une usine à Benghazi où ils seraient présents depuis 2016.

Mais il faut rappeler qu'il n'y aurait pas que les forces spéciales américaines en Libye, les Américains, les Anglais et les Français y étaient déjà depuis plusieurs mois. Si la France a nié la présence de ses militaires, les Etats-Unis ont, eux reconnu que des forces spéciales ont été déployées pour des opérations précises contre Daech dans ce pays. La présence de ces unités d'élites françaises avait d'ailleurs irrité le gouvernement provisoire.

Les derniers affrontements à Tripoli et autour des terminaux pétroliers ne sont pas anodins. Le général Haftar entend s'imposer sur le terrain pour ensuite se présenter comme un incontournable à la table des négociation notamment avec le chef de gouvernement provisoire Fayez Essaraj.

Sofiane Ayache avec agences

Plus d'articles de : Analyse

Commentaires (0) | Réagir ?