Tripoli, théâtre d'affrontements armés violents entre milices

Des chars ont été déployés dans les quartiers résidentiels de la capitale libyenne.
Des chars ont été déployés dans les quartiers résidentiels de la capitale libyenne.

Des affrontements opposaient mardi des groupes armés dans l'ouest de la capitale libyenne Tripoli, où des chars ont été déployés au milieu de quartiers résidentiels, selon des journalistes de l'AFP et des témoins.

Les combats ont commencé lundi soir dans les quartiers résidentiels et commerciaux de Hay al-Andalous et Gargaresh. Des tirs et des explosions étaient toujours entendus mardi en début d'après-midi dans ces deux quartiers situés à deux kilomètres à l'ouest du centre de Tripoli, des témoins faisant état de "combats de rues" et de tirs de chars.

L'émissaire de l'ONU en Libye Martin Kobler a appelé à "un cessez-le-feu immédiat" à Tripoli où "les civils sont gravement menacés".

"Très tôt ce matin, plusieurs chars et véhicules équipés d'armes anti-aériennes sont passés sous notre balcon sur la route de Hay al-Andalous en plein milieu des maisons. (....) Ils se sont dirigés vers le pont qui relie Hay al-Andalous à Gargarech où ils ont pris position et, depuis, ils tirent vers le sud en direction de l'usine de tabac" qui fait office de QG de l'une des milices qui sévissent dans la capitale, a indiqué à l'AFP Abdel-Noor Bachir, habitant du quartier.

La direction de la police à Tripoli, dépendant du ministère de l'Intérieur du gouvernement d'union nationale (GNA), a indiqué qu'elle était "en train", avec "la force qu'elle soutient", de "purger" la région des "hors la loi". Aucun bilan d'éventuelles victimes n'a été communiqué.

Plusieurs axes routiers étaient bloqués et la plupart des habitants n'ont pas pu se rendre à leurs lieux de travail ou à leurs écoles en raison des violences.

"Nous sommes pris au piège. Nous n'avons nulle part où aller pour échapper aux combats. Tout ce que nous pouvons faire, c'est prier qu'aucun obus ne tombe sur la maison. Les gens sont restés cloitrés chez eux. Les écoles sont fermées", a déploré une habitante du quartier Hay al-Andalous sous couvert de l'anonymat.

Depuis la chute de l'ancien régime, les groupes armés se livrent à une lutte d'influence sans merci dans la capitale en l'absence d'une armée ou d'une police régulières.

Depuis son entrée en fonction en mars 2016, le GNA a échoué à asseoir son autorité sur l'ensemble du pays. A Tripoli, il a réussi à obtenir la ralliement de quelques milices mais plusieurs quartiers restent contrôlés par d'autres groupes qui lui sont hostiles.

AFP

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