Discours intégral d'Abdelmalek Sellal à la tripartite d'Annaba

Discours intégral d'Abdelmalek Sellal à la tripartite d'Annaba

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a prononcé, lundi à Annaba, une allocution à l’ouverture de la réunion de la Tripartite. Nous vous livrons le texte intégral déjà publié par APS.

"Mesdames et Messieurs,

Depuis le début des années 2000, notre pays engrange les réalisations et érige pierre après pierre son édifice national. La tripartite est un acquis de la démocratie algérienne et un indicateur fort de l’évolution de notre société. Cet espace de dialogue et d’innovation fait, également, référence au plan international.

Son excellence Monsieur le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, salue amicalement chacun des participants à cette 20ème session de la tripartite. Il sait votre patriotisme et votre engagement et vous encourage à redoubler d’efforts en faveur de l’essor de l’Algérie et l’épanouissement des Algériens dans le cadre de la paix et de la justice sociale.

Après Biskra en 2015, la tripartite délocalise pour la seconde fois ses travaux en dehors de la capitale pour marquer, encore plus fort, notre volonté commune d’assurer un développement socioéconomique harmonieux et équilibré entre les différentes régions du pays.

Annaba, qui nous accueille aujourd’hui, symbolise la détermination de l’Etat à préserver l’outil national de production et à le développer. La remise en service des hauts fourneaux du complexe sidérurgique d’El Hadjar confirme cette volonté faite en faveur d’une base industrielle moderne et compétitive, qu’elle soit privée publique ou en partenariat.

La démarche de diversification de l’économie et de soutien à la production nationale, reste notre cap.

Les grands projets structurants de pétrochimie, de ciment, de sidérurgie et dans les phosphates confortent nos choix pour la valorisation de nos ressources naturelles minières et énergétiques dans une logique de plus value, de couverture de la demande nationale et de conquête du marché international.

Mesdames et Messieurs,

Nous nous réunissons aujourd’hui pour faire le point sur l’évolution des principaux indicateurs de l’économie nationale après la mise en œuvre du nouveau modèle pour la croissance adopté en juillet 2016, et pour explorer des voies nouvelles et innovantes pour soutenir et promouvoir la production nationale.

Les éléments de conjoncture commandent de rester vigilants sur le plan budgétaire, afin de soutenir la gestion de la vie socioéconomique du pays car il est important de rappeler que les efforts importants de l’Etat pour soutenir la croissance et honorer les engagements sociaux, sont déployés dans un contexte mondial de décélération de la croissance et où le Gouvernement travaillait en parallèle sur trois autres fronts, la maîtrise de la dépense publique, la réduction des importations et le soutien à l’investissement productif.

Le Gouvernement est parvenu à stabiliser le cadre macroéconomique sans pratiquer une politique d’austérité et a privilégié la recherche constante de la croissance et de la création de richesse à la gestion comptable froide et cynique.

En rationalisant l’exécution de la dépense publique et en ciblant les niches de gaspillage, nous avons pu obtenir une stabilisation du budget de fonctionnement ainsi qu’une réduction notable de celui d’équipement, Les réserves de changes se stabilisent à plus de 112 milliards de dollars US et le niveau de liquidité dans les banques a atteint en janvier 2017, 1.037 milliards de DA, contrairement aux présages alarmants de certains.

Le volume d’importations illustre également l’efficience de cette méthode de rationalisation souple qui a permis de passer de 66,6 milliards de dollars US en 2014, à 35 milliards en 2016, et nous visons pour l’année en cours une réduction supplémentaire de 5 autres milliards de dollars US.

Ces résultats ont été obtenus sans créer des situations de pénuries ou de non approvisionnement de l’appareil national de production dont la montée en cadence dans plusieurs domaines a permis la substitution aux marques étrangères et a facilité la mise en place d’un dispositif de licence d’importation simple, équitable et transparent.

En résumé, nous n’interdisons et nous n’interdirons aucun produit. Nous ne stopperons pas non plus les programmes de logements, de santé ou d’éducation. Nous faisons juste plus attention à nos moyens financiers qui se sont réduits et les mettons là où ils créent de la plus-value en termes d’emplois et de développement socioéconomique du pays.

Ainsi, le budget 2017 vise la réalisation d’un taux de croissance de 3,9%, avec une progression des segments hors hydrocarbures de 3,7%, la stabilisation de l’inflation au niveau de 4% (pour la fin janvier, elle était conjoncturellement à 6,4%) et la clôture de l’exercice avec des réserves de changes supérieures à 100 milliards de dollars US.

L’encouragement de l’investissement et de la création d’activité seront confortées par un train de mesures financières et fiscales allant dans le sens de la simplification et de la transparence tout en continuant à développer les crédits à l’économie qui passeront de 9.100 milliards de dinars en 2016, à 11.400 milliards pour 2017, soit une progression de près de 25% alors qu’ils étaient de 5,156 milliards DA en 2013.

Avec plus de 1.630 milliards de dinars, les transferts sociaux continueront de constituer un chapitre important dans le budget de l’Etat (23,7%), et sont essentiellement orientés vers le soutien aux familles, à travers la subvention des produits de base, l’éducation et l’accès à l’eau et l’énergie, la santé, le logement, les retraites et enfin l’accompagnement des faibles revenus, des démunis et des handicapés, A cela s’ajoutera un contrôle plus rigoureux des prix à la consommation.

La pérennisation de notre modèle social fondé sur la solidarité entre les générations et les catégories sociales et la poursuite des programmes publics dans les domaines du logement de la santé et de l’éducation, nécessite l’émergence d’une économie créatrice de richesse et d’emplois dont l’entreprise restera la clé de voûte et où l’Etat ne doit plus demeurer le seul bailleur de fonds.

Des instruments alternatifs et innovants de financements de l’économie sont et seront mis en place et encouragés à l’instar du marché financier et du partenariat qui constitue un levier important dans le domaine de l’investissement.

Notre vision est de privilégier les partenariats pour les projets structurants et de développement de la base industrielle et productive nationale, en s’entourant des garanties nécessaires et en instaurant un environnement réglementaire, économique et financier favorable pour faciliter aux opérateurs économiques algériens, la captation du savoir faire et des possibilités de financement disponibles sur le marché domestique ou international.

Nos opérateurs économiques commencent à ressentir les effets bénéfiques du dispositif de gestion du foncier agricole, des dispositions nouvelles du code des investissements ainsi que des mesures d’encouragements et de facilitation introduites par les lois de finances successives, à l’instar du comité restreint de veille et d’accompagnement de l’investissement, dont l’installation a été décidée pour lutter davantage contre les freins bureaucratiques à l’acte d’investir.

Toutefois, le dynamisme et l’enthousiasme de nos entrepreneurs ne doit pas les mener vers la duplication d’activités similaires et vers le phénomène de saturation que nous enregistrons dans certaines filières (minoteries ou cimenteries) alors que des segments entiers de production et de services demeurent quasi vierges et nous contraignent à la prestation extérieure.

L’agriculture et l’agroalimentaire, le renouvelable, le fret, l’ingénierie et les études, les TIC, le tourisme domestique et bien d’autres domaines constituent autant d’opportunités de réussites personnelles et de contribution à la démarche de diversifications de l’économie nationale.

Mesdames et Messieurs,

Tous les jours et dans tous les domaines de la vie du citoyen, l’Etat a pour mission constante de concrétiser l’impératif de justice sociale. Il a également le devoir de dire la vérité aux Algériens pour mettre en échec les colporteurs de calomnies et de mensonges qui n’arrivent pas à accepter que notre pays demeure stable, uni et surtout en paix.

Oui mes amis, l’Algérie brave la conjoncture économique et les tentatives de déstabilisation, elle commence à enregistrer les premiers résultats de sa démarche de renouveau économique et social.

Si nous obtenons aujourd’hui une progression significative du produit de la fiscalité ordinaire (+ 10% entre 2015 et 2016), cela n’est sûrement pas le fait des prélèvements sur les salariés dont le nombre n’a varié que légèrement à la hausse, mais bien du secteur économique où de nombreux projets sont entrés en phase d’exploitation.

Des règles justes et simples acceptées par tous et appliquées à tous dans l’équité et la transparence. Voilà la ligne directrice de notre action et qui est à la fois un gage de réussite et un rempart contre la corruption et les passe-droits.

La réforme de plusieurs textes législatifs (douanes, investissements, pratiques commerciales, procédures et code pénal) ainsi que le niveau de professionnalisme de nos services de sécurité permettent l’obtention d’excellents résultats dans la lutte contre la corruption qui a vu ces trois dernières années, le traitement de 5.498 affaires par les tribunaux couvrant la corruption (3.058), l’évasion fiscale (144), l’infraction douanière et les mouvements illicites de capitaux (2.299).

C’est un combat sans relâche que mènent au quotidien et avec détermination les institutions concernées car en plus d’être une pratique illégale et immorale, la corruption sape le moral des citoyens et érode la confiance au sein de la société.

Or, la confiance est un bien des plus précieux. Je suis persuadé que comme moi, l’immense majorité des Algériennes et des Algériens ont confiance dans leur pays et dans le Moudjahid qui le dirige. Ils veulent aussi que l’Algérie demeure souveraine et maître de sa décision politique et économique et maintienne sa vocation d’Etat démocratique et social.

Je renouvelle la disponibilité du Gouvernement à la concertation et au dialogue sans exclusive et sur toutes les questions d’intérêt national mais dans le cadre du strict respect des lois et règlements.

Je vous remercie"

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