Législatives algériennes 2017 : une élection confisquée à l’avance

Législatives algériennes 2017 : une élection confisquée à l’avance

Ils reviennent en ce printemps 2017, flottant dans de gros habits, les prétendants au pouvoir législatif, sans mesurer s’ils sont à la hauteur de cette tâche institutionnelle. Toute honte bue, ils mèneront campagne sans aucune offre politique visant à réhabiliter ce troisième pouvoir trop soumis à l’exécutif. Transformées en boites à lettres, toutes les législature précédentes ne constituaient pas une représentation valable et populaire.

Déjà en cette période préélectorale, la collecte des parrainages des électeurs s’est transformée pour certains prétendant en opération typiquement commerciale. Un formulaire signé vaut de 200 à 1000 DA, selon la capacité financière du candidat à la candidature. Les intervenants dans cette opération de vente sont des saisonniers recrutés pour marchander la misère et la cupidité des électeurs. Sans morale ni éthique, les candidats ayant collecté ainsi leur parrainage confisquent déjà l’opération électorale dans un sale tissu de l’argent mal acquis.

D’autres rassurés par un quota promis pour services rendus en jouant l’opposition, mettent les bouchées doubles pour déposer les dossiers de candidatures. L’atterrissage au parlement ne sera alors qu’une formalité. Ils y seront pour maintenir la façade démocratique. Démagogues jusqu’à la moelle, ils défendront crânement qu’ils veulent changer le système de l’intérieur. Opération de blanchiment politique pour laquelle ils sont chèrement payés.

Comme pour ajouter du discrédit à une élection biaisée d’avance, il y a ces contestations et ces dissidences à l’approche de la date butoir de dépôt des dossiers de candidatures. Les listes dans la majorité des pseudo-partis sont confectionnées sans aucune légitimité démocratique. Magouilles, favoritisme et abus constituent les seuls critères pour imposer des profils serviles, missionnés pour maintenir le parlement dans son état inféodé au pouvoir exécutif.

Ainsi donc, les partants pour cette cinquième législature depuis l’avènement d’un multipartisme de façade, manquent cruellement de légitimité démocratique avant même le vote. Leur sélection, tous partis confondus, ne répond à aucune règle de choix libre pour qu’ils puissent prétendre à une quelconque assise populaire solide, encore moins dire qu’ils compte réhabiliter le pouvoir législatif dans sa véritable fonction. Obéissants au seules règles fixées par le régime, ils subiront un président au perchoir déjà choisi et excelleront dans leur sport préféré : lever davantage les main.

Zoubir Zerarga

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