De Gaulle aux fillonistes : Je ne vous ai pas compris !!!

François Fillon rue dans les brancards.
François Fillon rue dans les brancards.

Dans la théorie du chaos, l’évolution d’un système dynamique non linéaire est intimement lié aux conditions initiales de sa trajectoire.

Une infime variation de celles-ci peut entraîner des désordres imprédictibles à des échelles beaucoup plus grandes. Par exemple, des bouleversements climatiques schématisés par la métaphore énoncée sous forme de question par Lorenz en 1972 : "Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?". C’est le célèbre effet papillon. Bien évidemment, la dynamique mise en jeu s’effectue sur une échelle de temps qui se chiffre en jours, en semaines, voire en mois !

C’est suivant tel schéma d’évolution que nous est offert le spectacle du cru 2017 de la campagne présidentielle française. Plus tard on collera certainement à cet emballement politico-médiatique autour de la "penelopegate", une allégorie selon laquelle une simple "boule puante" lancée par Le Canard Enchaîné le 25 janvier, provoque un assassinat politique le 1er mars avant de brusquement se transformer en tornade exterminatrice, au vu de l’enchaînement rapide de renoncements des proches du candidat LR, parmi lesquels de nombreux ténors ! On parlera alors d’effet papy-Fillon !

Dommage que les minutes du conseil tenu, en fin de matinée, ce 1er mars, au QG du parti Les Républicains ne nous soient pas accessibles. Cela aurait permis de décrypter les raisons profondes de cet acharnement pour une cause perdue d’avance. L’entêtement de François Fillon ne doit certainement pas être de son unique ressort, et il est facile d’imaginer tous ces proches qui se voyaient déjà occuper des postes ministériels, pousser le pauvre François vers un bûcher de plus en plus ardent au lieu de le ramener à la raison. C’est bien connu ; Dieu me garde de mes amis, mes ennemis je m’en charge !

Pourtant, avec un peu de lucidité, il n’est pas difficile d’imaginer une issue honorable et historique pour François Fillon. Se sachant convoqué pour une probable mise en examen, le bon sens aurait voulu que le candidat LR jette l’éponge en faisant précéder sa démarche d’un discours simple, sobre et concis à l’adresse de ses compatriotes, en insistant sur la nécessité de se conformer à la parole donnée en janvier, celle de se retirer dans l’éventualité d’une mise en examen.

Ce faisant, François Fillon serait sorti par la grande porte. Il aurait donné un exemple magistral de pédagogie à tous ceux qui aspirent à intégrer cette machine qui s’emballe souvent à folie, bousculée par l’insatiabilité des hommes, et que l’on appelle pouvoir.

Ce faisant, François Fillon aurait gardé des chances non négligeables de se présenter et d’être élu en 2022. D’autant qu’Alain Juppé avait déjà annoncé la couleur d’un mandat unique au vu de son âge relativement avancé.

Ce faisant, François Fillon aurait mis fin à ce spectacle désolant qui ne fait que renforcer toutes sortes de dérapages outranciers ! Notamment ceux d’une extrême droite, perpétuellement aux aguets !

Ce faisant, François Fillon serait rentré dans l’Histoire pour rejoindre le club des Grands, en Homme sage, mesuré et responsable, pour lequel le destin de la France prime sur toutes sortes de considérations personnelles !

Au lieu de cela, François Fillon s’évertue à se surpasser en envolées lyriques et s’adonne à une surenchère de qualificatifs qui sursoit toute maîtrise de soi et de sang-froid. Lui qui pourtant se disait immunisé par une colère froide.

Tout ce remue-ménage a dû réveiller de leur sommeil éternel de nombreux chefs d’Etats, dont le principal convive, le Général De Gaulle !

D’ailleurs peut-on vraiment se permettre d’inviter à des débats politiques des hommes de la stature du Général sans courir le risque de paraître bien petit devant leur aura et leur combat ?

Pour l’heure, François Fillon et ses proches coéquipiers ne semblent pas l’avoir appris.

À leur attention, le grand Charles, de sa tombe, doit s’égosiller : JE NE VOUS AI PAS COMPRIS !

Kacem Madani

Plus d'articles de : Chroniques

Commentaires (1) | Réagir ?

avatar
Caton L'ancien

Très belle critique, Mr Kacem, du microcosme politique français actuel, et quelle serait la version pour notre pays l'Algérie ?

Salutations.